RELIGION

Fronde contre le célibat obligatoire après la démission d’un curé

L’été dernier, le petit village grison de Brigels était sous le choc: son prêtre bien-aimé démissionnait pour pouvoir se marier. (Voir notre article). Une religieuse lance une pétition pour réclamer une réforme dans l’Eglise. En vain, estime un ancien curé

Florentina Camartin, 75 ans, n’est pas seulement animée par sa foi en Dieu. Cette sœur de la commune de Brigels, dans les Grisons, croit aussi en la capacité de l’Eglise catholique à se réformer. Aussi, elle s’est mis en tête de réclamer au pape François l’abolition du célibat obligatoire des prêtres. Sa pétition en ligne a reçu quelque 2850 paraphes à ce jour, de Suisse, d’Allemagne ou encore d’Autriche.

«J’attends du pape qu’il nous regarde et prenne connaissance de notre demande. A lui de décider ce qu’il en fera», explique la religieuse. Elle-même a fait vœu de chasteté, ce qu’elle n’a jamais regretté. Mais, ajoute-t-elle: «Le célibat doit être une vocation, pas une obligation. L’imposer est contraire aux droits humains.»

Le curé qui voulait se marier

A l’origine de sa démarche, le sort du curé du village. En juillet dernier, Marcel Köhle a provoqué la stupéfaction au sein de la petite communauté catholique de 1200 âmes, en annonçant sa démission à la fin d’une messe. Le jeune homme de 35 ans disait ne pas vouloir vivre dans le secret: il a rencontré une femme qu’il souhaite épouser. «Les plus âgés pleuraient à la sortie de l’église, à l’idée de perdre leur prêtre», raconte Florentina Camartin. Marcel Köhle était très apprécié de tous et parlait le dialecte local. L’église a mis deux mois à se trouver un nouveau curé, qui arrivera d’Allemagne en janvier. L’évêché de Coire, auquel est rattachée la commune, ne commente pas cette affaire.

Brigels est loin d’être un cas isolé. Au cours des derniers mois, plusieurs affaires similaires ont fait les gros titres en Suisse alémanique. Comme celle du prêtre de l’abbaye de Notre-Dame-de-la-Pierre, dans le canton de Soleure. Confronté à l’impossibilité de vivre une histoire d’amour au grand jour tout en restant curé, il s’est finalement tourné vers l’Eglise réformée.