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Assemblée générale 2010 de Plein Jour

Rencontre inter-régionale de printemps 19 juin 2010 Paris

L’A. G. de Plein Jour s’est tenue au siège de la Fédération Parvis, le samedi 19 juin.
A l’unanimité Dominique a été réélue présidente, ainsi que Jean, Vice-président.
L’association, qui avait dû cesser ses activités pendant cinq ans, est en pleine renaissance depuis 2008 : 160 adhérents, presqu’une trentaine de présents et 60 pouvoirs. L’innovation, c’est la présence des prêtres mariés auprès des compagnes clandestines et leur collaboration fraternelle. En dehors de PIEM invité sympathisant plein d’humour, l’Association suisse des femmes touchées par le célibat des prêtres, ZOEFRA, apportait son vécu et son soutien.

L’A . G. de Plein Jour n’a aucun équivalent dans les associations de la Fédé[1].  Il s’agissait d’abord d’une journée de témoignages dans une « communauté » qui a toujours privilégié le dialogue, l’écoute; quelquefois même au domicile des adhérentes. Dominique accueille souvent des sœurs en détresse, en interrogation sur le sens de leur vie et aussi quelquefois des couples clandestins. Les appels se font par téléphone ou par l’intermédiaire du site http://plein.jour.free.fr ,voire du forum : http://pouvoiraimer.space-forums.com/aimer-un-pretre-t3html.
Des mises en relations entre des adhérentes proches géographiquement ont été proposées.

Interdire d’aimer fait beaucoup souffrir. Ainsi, les couples mariés, par delà le bonheur d’avoir franchi le rubicond, ne cachaient pas les obstacles et les difficultés qu’ils doivent encore surmonter (obligation de changer de région, refus d’un mariage religieux voire du baptême des enfants, questionnement psychologique…) Qui a dit que l’Eglise catholique vivait son Moyen-âge ?

Pour les autres, les difficultés sont démultipliées, quel que soit le cas de figure : fuite éventuelle du prêtre devant

Les conséquences d’un choix qui remet en cause ses engagements, harcèlement des autorités religieuses qui envoient des croyants au domicile de la femme pour la culpabiliser et l’inciter à rompre, voire à quitter la région bien  entendu dans l’intérêt du prêtre), vie amoureuse clandestine et donc sans perspective d’enfants. Même celles qui semblent avoir bien vécu ce parcours semé d’embûches ont pris des claques. Certaines témoignent au bord des larmes. Les plus jeunes pourtant paraissent moins enclines à tout sacrifier pour sauver une relation que l’Eglise continue de vouloir au mieux ignorer, au pire vouer aux gémonies, en exigeant sacrifice de soi et renoncement à l’amour partagé.

Il m’a semblé que leur combat s’inscrivait aussi, sans qu’elles l’évoquent, dans la perspective des luttes féministes d’abord contre cette société de clercs où les femmes ne sont pas admises, mais aussi contre l’égoïsme des hommes. Les prêtres, même amoureux, ne font pas exception.

Bien entendu, je me suis fait « tout petit » intervenant seulement pour dire la joie de partager ce moment avec eux au nom de la fédé et les remercier de leur accueil. J’ai souligné combien nous les soutenions dans leur combat contre le célibat obligatoire des prêtres et dans leur volonté de relever la tête face à la hiérarchie catholique, dont la misogynie remonte loin, mais devient intolérable aujourd’hui. J’ai souhaité qu’elles se fassent

entendre davantage  dans la revue, demandant à Dominique un court article ou des témoignages.  Je leur ai rappelé notre rassemblement de Lyon où un stand leur est réservé,.

En conclusion, des moments particulièrement forts, au cœur de la vraie vie. J’en suis ressorti un peu « secoué » par l’évidence d’une institution religieuse qui torture moralement, et brise des destins, au nom d’une loi inhumaine.

En tout cas, nos sœurs de « Plein Jour » ont non seulement à prendre toute leur place dans le Parvis, mais ce qu’elles nous disent nous interpelle dans nos engagements militants et nous donne des clefs pour comprendre notre société. Elles nous incitent à faire un peu moins dans le théorique et un peu plus dans l’écoute du vécu de nos contemporains.
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Michel, représentant la Fédération des Réseaux des Parvis, y participait

En qualité d’administrateur de la Fédération des Réseaux du Parvis dont Plein Jour fait partie, notre ami Michel nous a livré son ressenti.

Non seulement il a eu l’amabilité de nous accompagner pendant toute cette journée, mais il a manifesté un réel intérêt pour notre problématique Nous l’en remercions.

Merci également à Gabriella et Richard qui se sont déplacés de Suisse. Leur itinéraire peu banal, et leur façon de faire fonctionner Zofra, l’association des compagnes de prêtres, ont captivé notre attention.

Un des sommets de la Rencontre me semble être la présentation de ce couple clandestin par lui-même.

« Je suis un prêtre heureux », nous a dit Gilles avec un sourire convaincant. « Mon activité dans l’Eglise me passionne – et j’aime une femme. J’essaie de la rendre heureuse malgré les contraintes. Mais je ne vois aucune contradiction entre mes deux engagements :vis à vis de l’institution et envers ma femme. Sans elle, je ne serais pas ce que je suis. »

Merci à ce jeune couple d’avoir eu la volonté de nous rejoindre, et le courage de se dévoiler. Leur authenticité a suscité un élan spontané des compagnes en demande de prolonger le contact avec eux. Puisse leur détermination devenir contagieuse  et créer un courant contestataire contre cette loi du célibat ecclésiastique imposé.

Grâce au climat de confiance bien réelle entre les personnes présentes, ce fut une belle journée.

Merci à tous d’y avoir participé !

Dominique

[1] Fédération des Parvis

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3ème Rencontre d’automne, le 16 Octobre 2010, de 9 h à 17 h.

Vous êtes cordialement invités à nous rejoindre à Lourmarin pour une parole libre et des échanges qui se veulent constructifs. A bientôt !