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Bulletin PJ47 Editorial

Chers adhérents et sympathisants,

Nous voici arrivés au numéro 47 du Bulletin. Bientôt 50 !

Voilà 12 ans que l’aventure s’est relancée après une première coupure de 5 ans.
12 ans de rencontres. 12 ans d’accompagnement. Et nous avons tenu grâce à votre soutien.
Actualité ? Sur Arte, nous venons de voir encore une fois une émission remarquable cette fois sur les Thérapies de conversion. Elle nous a révélé un univers bien trouble. Comment peut-il se faire qu’aujourd’hui encore des gens s’attribuent le
pouvoir de changer l’orientation sexuelle naturelle d’une personne gay ou lesbienne ? Ces personnes ne sont pas des professionnels ; quelquefois elles s’appuient sur une supposée conversion personnelle, conversion de mœurs ou
conversion de foi. Et le sommet est atteint lorsque ces personnes prétendent s’appuyer sur l’Évangile pour opérer ces métamorphoses !
Encore heureux lorsque la hiérarchie ne les soutient pas ! Ce qui n’est pas toujours le cas. A la fin de l’émission, un beau tableau. Divine surprise à la fin d l’émission ! « Je demande pardon. Je me suis trompé. Je vous ai trompés… » Que de fois n’avons-nous pas entendu ce refrain !

Actualité ? Ce Bulletin va vous introduire dans un changement qui nous apparaît comme un petit pas. Lorsque jusqu’à présent un prêtre allait annoncer à son évêque son intention de prendre compagne, le réflexe était simple et brutal : « Partez le plus loin possible et le plus tôt possible ». Ce comportement amical et généralisé serait de l’ordre du passé. Notre article sur le
« Rescrit » vous en dira plus.
Actualité ? Le Synode sur l’Amazonie s’est achevé. Pas tout à fait cependant ; attendons les décisions que le Pape François a prévu d’annoncer en fin d’année ; elles devraient s’appuyer sur les ‘demandes’ émanant des participants au synode (sur 265 participants, 33 seulement sont des femmes). Mais nous sommes déjà en partie déçus : « la disparité flagrante dans
le traitement des vocations et du ministère masculins et féminins est un renforcement de préjugés séculaires et un coup dur pour la majorité des catholiques qui ont osé espérer que cette fois-ci les choses pourraient être différentes. » (Association Women’s Ordination WorldwideWOW ). Nous attendrons pour en parler de connaître les décisions.
Celles-ci ne devraient pas concerner uniquement cette région, à terme du moins. Les évêques allemands se sont à leur tour lancés sur un Synode. Excellente orientation que de voir dorénavant ceux-ci décider ensemble. Et nous pouvons faire confiance au Cardinal Marx.
Pourtant, si le courage existait, si on allait un peu plus loin en prenant l’avis de la base, pas de la manière tronquée, camouflée à laquelle on nous a habitués (« Cette question ne doit pas figurer dans vos propositions ! » comme Paul VI, le premier, nous y avait habitués dès le lendemain du Concile ! Il a été copieusement suivi dans les diocèses !).
La base ? Il y a quelques années un sondage avait donné 78% de catholiques favorables à un clergé marié. Mais la base ne reçoit le Saint-Esprit que par l’intermédiaire de sa hiérarchie ! C’est bien connu ! Le « 3615 Dieu » est réservé ! Pas de communication directe, surtout depuis que les protestants ont rétabli la ligne. Et pourtant, la base a bien évolué ! Elle s’est fragmentée. Des
sociologues préfèrent parler d’une opposition incontournable entre conservateurs et progressistes, d’autres parlent d’opposition entre réformistes et rigoristes. Une adhérente suisse nous écrivait récemment : Chaque fois qu’à la télévision passe une émission sur des problèmes de l’Église (on pense aux témoignages de victimes abusés, des viols de religieuses,…), il y a des lettres fidèles qui partent. Conséquence concrète chez eux : « il y a moins d’impôts pour les mêmes charges ! » Elle ajoutait « un avant-gout de la situation que vous connaissez en France ! »
Certains diraient que la base des pratiquants actuels s’est droitisée, les plus progressistes s’étant découragés ; ils ont plié bagage mais certains cependant sont en train de réinventer une Eglise Autre, plus fidèle à l’Évangile.

Actualité ? Dans un rapport présenté par les évêques à Lourdes très récemment, nous avons repéré un chiffre alarmant : 831 séminaristes en France ; cela, pour plus de 95 diocèses. Une formation en séminaire s’étale sur 6 ans (2 de philo et 4 de théologie), cela fait moins de 1,5 étudiant par année et par diocèse ! Sans compter que le nombre de séminaristes entrés en première année sera peut-être divisé par 2 à la sortie ! Sans tenir compte aussi du fait que nombre d’entre eux sont en formation dans des communautés dites « nouvelles », par exemple dans la Communauté Saint-Martin (plus de 100. Voir leur
Site) et non dans les diocèses.
Une dernière statistique : on chiffre à 800 environ le nombre de prêtres qui meurent chaque année en France, soit 8,42 par diocèse. 800, cela représente en un an 96% du contingent des 6 ans de séminaire. Donc aucun renouvellement, bien au contraire ! Le tableau est sombre ! Les bras vont manquer et de plus en plus ! Et ils manqueront tant qu’on considérera que c’est le prêtre qui fait la communauté, alors que l’expérience est sous nos yeux en Amazonie ; des communautés ont vécu et se sont développées sans la présence d’un prêtre.

Actualité ? Il y aura du monde pourtant dans les églises à Noël 2019 ! Juste avant le réveillon traditionnel en famille. Et c’est tant mieux ! « J’y vais 2 fois par an, à Noël et à Pâques. C’est pour les enfants ! » L’an dernier le prédicateur nous avait raconté ces histoires d’étoiles qui s’arrêtent dans leur course et ces rois ou ces mages à chameaux porteurs de trésors fabuleux !
Incroyable pour le citoyen du 21ème ! La Palestine était alors très pauvre et occupée. Les palestiniens le sont encore !
Bon Noël pour vous et vos familles !
Gardons l’espoir au cœur !
Et commençons par en fabriquer pour le diffuser !

Jean Combe,
Animateur du CA de Plein Jour