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LE DENI, Enquête sur l’Eglise et l’égalité des sexes

Le Deni

Le Deni

Voici un lien pour aller sur le site de présentation de cet ouvrage :
http://ledeni.net/le-deni-enquete-sur-leglise-et-legalite-des-sexes/

Ce livre est une enquête minutieuse et implacable sur l’organisation du pouvoir à l’œuvre dans l’Église catholique, à travers l’étude fouillée des textes du Vatican, l’histoire du christianisme et de la société, les représentations symboliques des sexes et du pouvoir.

 

Cette enquête démonte le modèle patriarcal défendu par l’Église et encore socialement actif. Non seulement ce système reproduit l’iniquité de la domination du sexe masculin sur le féminin, mais il repose aussi sur un déni général de la sexualité et de ses conséquences tragiques sur les personnes.

 

Ce travail invite à une prise de conscience des stéréotypes et des préjugés ancrés dans les esprits, qui permettent le maintien des discriminations. Ce livre appelle à ne pas craindre l’égalité ni l’abandon d’un système hiérarchique archaïque, toujours fondé sur la séparation et l’exclusion.

problématique

Pendant des siècles, le rapport entre les sexes a été asymétrique : le féminin étant défini comme le complément et l’aide du masculin. L’institution de l’Église catholique a été fondée dans une société patriarcale et en a théorisé la structure.

L’idéal de la Vierge Marie et son contre modèle Eve, première femme pécheresse, ont assigné aux femmes les rôles de mère et servante ; ce qui a conduit au déni de leurs autres capacités.

En les mettant à leur service les hommes se sont appropriés la force de travail des femmes, se réservant les rôles du pouvoir et du savoir. C’est le modèle masculin que l’Église renvoie au monde. Elément essentiel de cette construction pouvoir masculin/service féminin : le mariage.


ils sont au pouvoir,
elles sont au service

une anthropologie cohérente

L’Église et le féminin

Le paradoxe Eve Marie : pourquoi l’Église donne un modèle aux femmes
Le sexe du service : pourquoi les femmes secondent toujours les hommes
Le déni des femmes : pourquoi l’Église a peur de l’égalité

L’Église et le masculin

Le sexe du pouvoir : quel modèle masculin l’institution renvoie au monde
Le déni du sexe masculin : pourquoi les prêtres sont célibataires

L’Église et le patriarcat

Pouvoir et service, le dilemme : pourquoi les femmes ne peuvent être prêtres
Le mariage, la structure fondamentale : pourquoi l’Église refuse le divorce


De quoi parle le livre ?

“Depuis l’origine, donc, dans la création de la femme est inscrit le principe de l’aide” Jean-Paul II

Des clés pour comprendre les représentations symboliques des sexes

 Le modèle féminin

Les femmes secondent toujours les hommes dans la société comme dans l’Église. Il y a bien un sexe du service. Cette idée est profondément intériorisée par les hommes comme par les femmes ; ce qui permet le maintien de la domination masculine.
Cette infériorisation des femmes trouve sa source dans le modèle marial. Il est attendu d’une femme qu’elle soit humble et soumise, discrète et modeste. Au modèle de Marie servante, s’ajoute celui de la Vierge Mère.
L’assignation aux rôles du service et de la maternité empêche les femmes de pouvoir déployer leurs autres capacités. L’attention se focalise sur leur corps qui séduit et porte les enfants. De ce fait, elles ne sont pas considérées comme des sujet de raison à part égale avec les hommes.
Le déni de l’intelligence des femmes se traduit concrètement par des inégalités persistantes : éducation, choix d’études et de métiers, prise en charge du travail parental et domestique, évolution de carrière, écart de rémunérations. L’insistance sur la différence sexuée des femmes est une clé de compréhension de l’inégalité entre les sexes.


“L’ordre naturel et les faits nous enseignent que c’est l’homme qui est l’être politique par excellence…”

Le modèle masculin

L’imaginaire masculin est lié à l’exercice du pouvoir. Gouverner, décider, parler, enseigner, occuper l’espace public sont les attributs de la virilité. Le pape qui exerce un pouvoir absolu est le prototype du chef en Occident. Les hommes ont intériorisé ce modèle de la supériorité, incarnée dans la hiérarchie de l’Église.
Les fonctions de leadership sont encore largement perçues dans la société comme une prérogative masculine. L’homme est assimilé à la tête là où la femme est réduite à son corps.


“La religion catholique glorifie la virginité à travers la figure de la Vierge Marie et la revendique pour ses prêtres…”

Un déni général de la sexualité

Marie est supposée avoir enfanté tout en étant restée vierge. C’est un modèle impossible à suivre pour les femmes : une femme vierge n’est pas encore mère, une femme mère n’est plus vierge. En glorifiant la virginité et la maternité, l’Église voit d’abord les femmes sous l’angle de leur sexuation tout en refusant la sexualité.
A quoi correspond la désexualisation des prêtres de qui la chasteté est exigée. Le sacrifice de leur sexualité et l’idéal du don total qui leur est demandé entraînent de nombreuses souffrances. Ce mécanisme de déni de la sexualité permet de comprendre le refus de la contraception pour les couples et de nombreux tabous et scandales récemment révélés.


“D’une certaine façon, la description biblique du péché originel dans la Genèse “répartit les rôles” qu’y ont tenu la femme et l’homme”. Jean-Paul II

Le modèle du patriarcat

Cette dialectique pouvoir masculin-service féminin se retrouve dans la conception catholique du mariage. La relation du Christ à l’Église est présentée comme celle d’un époux à son épouse, depuis saint Paul. La femme-Église est vue comme une jeune fille vierge, alors que le mari-Christ est présenté comme le chef de son Église-corps. Cette vision se fonde sur un rapport d’autorité et de soumission entre les sexes ; elle est l’illustration même du mariage patriarcal. Ce système de représentations implicite est un point aveugle qui empêche de penser l’égalité. L’Église refuse toujours de considérer la construction sociale des sexes.

Qui sont les auteurs ?

Qui sommes-nous ?

L’institution Église a élaboré un imaginaire où le modèle de l’autorité est une figure masculine, et celui de la soumission, une figure féminine

Nos motivations

Nous avons cherché à comprendre par quels mécanismes la discrimination des femmes est maintenue dans la société comme dans la religion. Nous nous sommes alors demandé comment l’Eglise catholique était encore matrice des stéréotypes patriarcaux.
C’est pourquoi nous avons systématiquement interrogé les questions taboues dans l’Eglise : la sexualité, la non reconnaissance des femmes, le pouvoir absolu du pape, le statut sacralisé du prêtre…
Notre méthode a consisté à étudier les textes officiels de l’institution catholique qui déterminent la pensée sur les hommes et les femmes et les représentations symboliques des sexes et du pouvoir.

Maud Amandier est journaliste. Elle a longtemps travaillé dans la presse chrétienne et sociale.
Alice Chablis est plasticienne et enseignante. Bibliste, elle a été aumônier de grandes écoles et d’université.