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PJ46 Editorial

Tous les yeux sont tournés actuellement vers le
prochain Synode sur l’Amazonie. Il se tiendra au
Vatican (dommage qu’il n’ait pas eu lieu en
Amazonie !) du 6 au 27 octobre prochain. Son titre
complet est étrange et novateur « Des nouveaux
chemins pour l’Église et pour une écologie
intégrale ».
Pourquoi ? Non, il n’y a pas de relation a priori
entre ce Synode et les feux de forêts en Amazonie
qui ont été discutés lors de la dernière rencontre à
Biarritz des responsables des sept pays les plus
industrialisés du monde. L’Amazonie ne concerne
pas que le Brésil, mais huit autres pays : la
Colombie, le Pérou, la Bolivie, le Venezuela,
l’Équateur, la Guyane, le Surinam et la Guyane
française. Une superficie de 6 568 107 km2.
Immense ! Les trois cinquièmes de sa superficie se
situent au Brésil. Un document de travail a été
élaboré.
– Dans sa première partie « La voix de
l’Amazonie », il analyse la situation actuelle : une
région aux richesses naturelles considérables mais
menacée par la déforestation, l’exploitation
inconsidérée de ces ressources et par les
assassinats de défenseurs de la biodiversité.
Documentation rare dans un document du Vatican !
– Dans une seconde partie, intitulée « Le cri de la
terre et des pauvres » le document s‘inspire de la
lettre du Pape François « Laudato Si’ » autour de
l’idée d’écologie intégrale, vaste concept ! Elle met
en valeur le rôle des peuples indigènes (110 à 130
communautés) ; ils prennent soin de la terre, de
l’eau et de la forêt afin que l’humanité bénéficie de
la joie des dons gratuits de la Création. Les
Communautés locales doivent être considérées
comme des interlocuteurs indispensables.
– Dans la troisième partie, « Eglise prophétique en
Amazonie : défis et espérances », le document
invite à inventer « une Église participative, présente
dans la vie sociale, politique, économique, culturelle
et écologique de ses habitants ; une Église
accueillante envers la diversité culturelle, sociale et
écologique afin de pouvoir servir les individus ou les
groupes sans discrimination ; une Église créative qui
puisse accompagner avec son peuple la construction
de nouvelles réponses aux besoins urgents ; enfin,
une Église harmonieuse, porteuse des valeurs de
paix, de miséricorde et de communion ». Il invite les
évêques à faire preuve d’imagination, propose
« l’ordination sacerdotale d’hommes mariés, dans
les zones les plus reculées, de préférence des
indigènes, bons pères de famille » et indique
« comment faire des femmes des « leaders » en
théologie, catéchèse et liturgie mais aussi en
éducation et en politique ».
Et voilà que certains se prennent à rêver d’une
orientation décisive qui permettrait, partout où des
besoins s’en font sentir, d’ordonner aussi des
hommes mariés, bons pères de famille ! Une
révolution ? Or, nous n’en sommes pas là. A voir les
oppositions qui se manifestent virulentes et
sournoises ici ou là, cette proposition aura même
peut-être quelques difficultés à cheminer.
Mais en quoi notre Association de compagnes
devrait-elle se réjouir ?
Nous ne sommes pas une institution d’Eglise et
nous ne dépendons en rien de sa hiérarchie, ce qui
nous permet des accompagnements dans la plus
grande discrétion.
Mais nous sommes bien obligés de suivre les
évolutions de celle-ci puisque c’est par le fait d’une
discipline élaborée par sa hiérarchie que se posent
tous ces problèmes aux couples. Nous ne pouvons
que déplorer d’ailleurs l’imprécision des rôles
donnés aux femmes, bien subalternes et imprécis.
Des chrétiens m’ont d’ailleurs fait remarquer
combien on reste encore dans les schémas
classiques : un curé-chef et des paroissiens-sujets !
Qui choisira ces indigènes pères de famille ?
L’évêque du lieu, évidemment. Aucun rôle de
désignation ou d’élection ne sera certainement
alloué à ces communautés dispersées !
Ne nous faisons donc pas d’illusions en nous
berçant de rêves impossibles. Allons même plus
loin : si un jour il était décidé de laisser la liberté aux
candidats au sacerdoce d’opter pour un statut
mariage ou célibat, Plein Jour s’en réjouirait car ce
serait un élément positif d’aboutissement de notre
lutte. Mais cela ne changerait rien pour les prêtres
exerçant déjà un ministère et donc pour leurs
compagnes tant que ne serait pas reconnu le « droit
inaliénable au mariage » dont parlait Paul VI dans
son encyclique Populorum progressio : inaliénable,
c’est à dire fondamental et qui ne peut être cédé à
un tiers.
Mais alors où se situe notre engagement ?
Notre engagement passe aujourd’hui
très concrètement par l’aide aux compagnes, leur
soutien, leur accompagnement, notre
encouragement pour qu’elles se fassent respecter
en tant que femmes, qu’elles n’acceptent pas d’être
la variable d’ajustement, la cerise sur le gâteau,
celle que l’on peut prendre ou laisser à volonté
selon l’humeur ou la disponibilité !
Notre engagement est loin d’être terminé. Notre
chemin sera long et tortueux.

Jean Combe, Animateur du Conseil de Plein Jour

Extrait de PJ46 ci-dessous

Contacter l’Association par courriel : plein-jour@plein-jour.eu
Contacter l’auteur de l’article : jean.combe34@gmail.com
Par courrier : Léon Laclau, 5 chemin de Boué, 64800 Asson
|Plein Jour SITE :  https://plein-jour.eu

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