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Plein Jour n°10 de Septembre 2010

SOMMAIRE

logo_pleinjour

Editorial : Jacques Gaillot
Adieu, Nicole 
La petite flamme Espérance
Notre couple   
Lettre d’Angélyne Vallée du Québec (AG de Mai)  
Lettre à nos amies italiennes   compagnes de prêtres
Contre le Port du voile intégral en France
J’ai fait le rêve d’un monde meilleur !!!
Sauver Sakiney de la lapidation  
Quand je me permets  de dire « JE » 
Assemblée Générale de plein Jour juin 2010 Paris
Une aide psychologique est-elle souhaitable quelquefois ?
Courrier des lecteurs   
Femme de prêtre ?   Au Festival Off d’Avignon Juillet
Histoire de Brahim Magic Box 
Dessin de PIEM : Dieu est amour…

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       Editorial / Plein Jour N°10

 Le goût de vivre par Jacques Gaillot

      Ce titre m’est venu en lisant le dernier bulletin « Plein Jour » du mois de juin. Bulletin excellent. Les témoignages de vie m’ont beaucoup touché, rappelant avec évidence, que l’on ne peut vivre sans aimer et être aimé. Quoi de plus terrible en effet qu’une solitude où il n’y a plus d’amour ! Ces témoignages rejoignent ce que disent les philosophes : ce n’est pas parce que la vie est bonne qu’il faut l’aimer, il faut l’aimer pour qu’elle le soit. Ou encore, la vie n’a pas de sens en elle-même, mais elle a du sens à chaque fois qu’elle mise au service d’autre chose. C’est l’amour qui fait sens.

Vous vous réunissez à Paris d’où je suis absent, avec le désir d’une parole libre et d’un échange qui ouvre des chemins d’avenir. Ce que vous vivez fait signe à beaucoup. L’opinion est avec vous.

Quand j’ai quitté Evreux, un Palestinien m’a offert une jolie calligraphie en lettres arabes. C’est un proverbe égyptien très ancien : « Avance et tu seras libre. »J’ai souvent médité cette parole. Aller toujours de l’avant, à la rencontre des autres. Ne jamais s’installer comme si nous étions enfin arrivés. Nous sommes toujours en chemin, prêts à passer sur une autre rive.

Une femme, qui participe de temps en temps à la messe en semaine, est venue trouver le célébrant à la sacristie et lui posa cette question : « Vous dites toujours à la fin de la messe : « Allez », mais vous ne dites jamais : où aller ? » Après un moment de surprise, le prêtre fit cette réponse qui donne à réfléchir : « Où aller ? Mais allez jusqu’au bout ».

Aller jusqu’au bout de son chemin, jusqu’au bout de ses choix. Quand on aime, on peut aller très loin. « Jésus ayant aimé les siens…les aima jusqu’au bout »Jean 13.1     

 

                                                                   

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 Adieu, Nicole

 C’est avec émotion qu’Elisabeth évoque pour nous la personnalité de Nicole, Son amie,

avec qui elle a lancé « Plein Jour ».

13 ans déjà…

Nicole vient de nous quitter. Dès notre rencontre en 1997, lors d’une première  réunion de « compagnes de prêtres » organisée par Claire-Voie, était née une amitié forte, indéfectible et pour moi surprenante eu égard à la diversité de nos caractères et de nos vies. Mais derrière la façade de « grande dame »  élégante  et distinguée, j’ai vite découvert  la fleur bleue qui s’y cachait. Nicole c’était le calme et la maîtrise de soi alliés à la fougue méridionale, une grande culture et une intelligence subtile (elle avait enseigné à l’université la linguistique et était une pianiste de haut niveau) et en même temps la fantaisie, l’humour et parfois la spontanéité presque naïve d’une petite fille.  Elle était avant tout courageuse et luttait contre son cancer avec une énergie vitale exemplaire. Je me souviens des séjours dans sa maison dans la baie d’Arcachon et dans une maison louée en commun en Toscane, riches d’échanges et souvent si joyeux malgré les !!! et ??? …. Y participait mon compagnon Jean-Marie, mais sans l’ami prêtre de Nicole. Ce dénominateur commun – la relation amoureuse avec un prêtre si  problématique  – qui nous avait réunies a forgé notre amitié et a fait naître en nous le désir d’agir qui a abouti à PLEIN JOUR.  Quoi de mieux pour évoquer cette époque que ces extraits de l’édito du premier bulletin de l’association, paru en janvier 1999 :

« Voilà bientôt un an qu’Odette Desfonds annonçait aux amis de CLAIRE-VOIE le lancement de PLEIN JOUR par des compagnes de prêtres. 

Certes, notre spécificité étant d’être des compagnes de prêtres encore en exercice, le nom que nous avons donné à notre association, « PLEIN JOUR »  peut sembler paradoxal par rapport à la réalité de notre vie de compagnes « clandestines ». A cela, nous objectons que nous n’avons pas choisi de cacher notre relation avec un prêtre. Nous subissons cette clandestinité qui nous a été imposée d’emblée.

Bien sûr, cela pose problème quant à la relation que nous avons avec ces hommes, car elle se nourrit d’un espoir de normalisation toujours déçu. Il n’est cependant pas aussi facile d’y renoncer, comme certains nous le suggèrent, car toute relation amoureuse comporte aussi des moments de bonheur qui aident à vivre et, pour beaucoup d’entre nous, le temps tisse aussi des liens solides. […] Peu à peu et surtout grâce à la rencontre d’autres femmes vivant des situations analogues, nous avons  pris conscience de  l’injustice dont nous sommes victimes. C’est ainsi qu’a grandi en  nous le désir de sortir de l’ombre, de faire connaître notre existence.

Tous les témoignages que nous continuons de recevoir, depuis la création de PLEIN JOUR,  nous encouragent à continuer d’œuvrer pour une prise de conscience de l’opinion publique. En effet, quel décalage entre le discours officiel de l’Eglise catholique romaine quant à la règle du célibat des prêtres et les très nombreux cas de transgression, dans la réalité ! La hiérarchie – qui est souvent au courant –  essaye de les cacher ou de les réduire à des cas particuliers.

Les lettres reçues, les nombreux appels (et e-mails, depuis que nous sommes sur Internet) montrent cependant que la plupart des femmes concernées souhaitent rester dans l’ombre. Dans la vie des femmes de prêtres, la peur de leurs compagnons d’être mis par leur hiérarchie dans l’obligation de faire un choix dont ils ne se sentent pas capables est une douloureuse épreuve.

D’autres parmi nos correspondantes souhaitent garder l’anonymat à la suite d’une rupture douloureuse ou d’une liaison avec un prêtre qui a abusé de leur fragilité ou tout simplement de leur besoin d’être aimées.

Tout en sachant que nous sommes très peu nombreuses à pouvoir et vouloir parler, nous avons vraiment besoin de votre soutien et aussi de vos témoignages. Continuez à nous écrire, à nous téléphoner, adhérez à PLEIN JOUR (même sans cotisation, pour celles qui n’en ont pas les moyens).

Merci aussi à tous ceux, chrétiens ou non, dont le soutien nous réconforte et nous encourage.

Marie-Brigitte, Nicole & Elisabeth »

 En 2002, après le départ de Marie-Brigitte, notre « trio gagnant »  s’est enrichi de la participation ô combien efficace de Laurence,  et il s’est maintenu jusqu’à fin 2003. Puis la vie nous a dispersées. Quelle a été notre joie et aussi notre soulagement  lorsque après quelques années de sommeil, Dominique a repris le flambeau avec beaucoup d’énergie, de compétence et d’efficacité.  J’espère de tout cœur que, tant que la règle du célibat des prêtres ne sera pas abolie, le relais de Plein Jour sera assuré…

Au-delà de la critique – souvent la révolte – par  rapport à l’institution ecclésiale,  j’ai la conviction que Nicole gardait la foi chrétienne en la victoire de la vie sur la mort. Partageant cette espérance,  je l’imagine maintenant dans l’éternel « plein jour » de l’amour divin.

Elisabeth Szén

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La petite flamme Espérance

 

(Libres propos après l’Assemblée générale de Juin à Paris)

                                   Et voilà ! La Rencontre s’est faite naturellement. Et j’ai été tout de suite immergée dans un flot de souffrances. Rude baptême ! Mais peut-être y avait-il la petite flamme Espérance ?

Souffrances que certains réussissent à exprimer…  souffrances difficiles à exprimer pour d’autres… et qui nous laissent sans voix…
Je repense aux témoignages de l’après midi, à PIEM, à celle qui veut aimer, même si l’autre la fuit. J’ai oublié son prénom mais je garde dans mon cœur son visage. Les mots ne me viennent pas pour lui dire : aimer, c’est aussi laisser l’autre vivre sa vie. Mais je ne peux pas dire ma façon de voir… Il me faut aussi respecter son propre cheminement.

Souffrance de Minh qui ne comprenait pas le point de vue de l’autre : « Je ne peux pas t’aimer pour être disponible aux autres. » Choc ! En clair, cet homme n’a-t-il pas été bien formaté dans l’Eglise catholique pour devenir prêtre ? Comment, nous, femmes, pouvons-nous entendre une telle chose, une telle horreur ?

« Le prêtre a tant de choses à faire qui remplissent ses journées et lui vident le cœur » dites-vous. Comment vivre l’Evangile en commençant par fermer son cœur ?

Remettre en cause la formation des séminaristes, n’est-ce pas tout simplement remettre en cause cette phrase : « Je ne peux pas t’aimer pour être disponible aux autres »

J’ai été frappée samedi par tous ces témoignages de religieux… jésuites, eudistes… qui logiquement, vivent en communauté. Pour moi, cela traduit un problème beaucoup plus profond que l’obligation d’une promesse de célibat par le prêtre. Vivre dans une communauté d’hommes, et découvrir qu’on se prive de la moitié de sa propre humanité. Se castrer, immoler une partie de sa chair, et réaliser qu’on est fait pour aimer un autre ou une autre pour être pleinement soi-même, et aimer les autres.

Il y a trente cinq ans, j’étais imprégnée ( et il m’en reste encore des traces) de cette culture du don total de sa vie dans la vocation sacerdotale ou religieuse, et du renoncement à soi. De même, on m’a inculqué qu’en amour, il n’y a qu’une solution : la fuite.

Lorsque j’ai rencontré A. au Tchad, il était jésuite novice, et moi je croyais à ma vocation religieuse. Je pensais avoir trouvé ma voie. Au bout de huit jours chez les soeurs franciscaines missionnaires de Marie, à la Ferté Jouarre, la maîtresse des novices m’a conseillé d’arrêter : « Vous tombez trop facilement amoureuse ! » Curieuse raison ! C’est alors qu’il m’a été donné de retrouver A. et mon coup de foudre !

Comme je suis heureuse à 65 ans de n’avoir pas fermé mon cœur. Heureuse de garder ma capacité d’ouvrir mon cœur à l’autre, celui que je rencontre aujourd’hui.

Le jour de notre mariage, nous avons choisi un texte de Roger Garaudy dans Parole d’homme. « L’amour commence lorsqu’on préfère l’autre à soi-même…. Accepter l’idée que nous ne pouvons pas combler l’autre complètement. Il faut lui laisser une grande ouverture aux autres. » Nous avons relu plusieurs fois ce texte durant nos trente ans de vie commune .

 Avec Pierre, mon « petit homme », nous avons vécu notre foi, avec pour guide, l’Evangile et son message d’amour. Très engagé comme ouvrier et avec des responsabilités multiples dans la paroisse, un jour on

lui a dit : « Allez faire baptiser vos enfants ailleurs. Pourquoi ce rejet ? Il s’était présenté aux élections cantonales, mais pas sur la liste de droite !

 Pour terminer cette journée de Rencontre, une lettre d’un proche m’attendait. Il me disait sa souffrance à 75 ans; de n’avoir pas fondé de famille et de rentrer le soir, dans la grande solitude du presbytère, n’ayant personne à qui parler. Il a eu le courage de soulever un coin du voile sur ce sujet tabou.

                 Alice                                                                         

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Vu de Roumanie (article paru dans la Croix du 26 mai 2010)

 Le P. Sylviu Mosneag, prêtre grec-catholique marié, estime que sa vie de couple est un avantage pour son ministère. Le samedi, la messe des grecs-catholiques du quartier bucarestois de Drumul Taberei se termine à 10 heures. Le P. Sylviu, responsable de cette paroisse de la capitale roumaine, est pourtant loin d’avoir fini sa journée. Un fidèle l’interpelle à la sortie de l’Eglise pour lui parler de ses petits problèmes quotidiens. Il l’écoute, lui donne quelques conseils. Puis se dirige vers son appartement, à une dizaine de minutes de là, pour retrouver sa femme et ses trois petites filles. A12h30, il doit être de retour à l’Eglise pour célébrer un mariage. « Dans la vie d’un prêtre marié, il y a deux aspects bien distincts : l’Eglise et la famille. L’important est de bien savoir organiser son temps », explique ce jeune curé de 37 ans, avant d’ajouter :

« C’est un faux problème de penser que la vie de famille n’est pas compatible avec celle du prêtre. »  Lui s’est marié à 25 ans, juste avant son ordination. Il n’aurait d’ailleurs pas imaginé entrer dans les ordres autrement. « Si le célibat avait été obligatoire, j’aurais choisi une autre voie. Tout homme ressent le besoin de vivre avec une femme. Je ne parle pas seulement des questions intimes, mais aussi d’équilibre psychique. »

A la différence de la majorité des prêtres grecs catholiques de Roumanie, qui occupent un emploi stable en parallèle à leur mission ou touchent une retraite de l’Etat, le P. Syiviu a décidé de se consacrer entièrement à son service liturgique. « Ma femme travaille comme informaticienne. Moi, je m’occupe des enfants et je reste toujours disponible pour les fidèles. »

Cette expérience de la vie familiale constitue selon lui un avantage indéniable  « Je comprends les problèmes qu’on m’expose et mes conseils n’en sont que meilleurs. » L’Etat lui verse un salaire mensuel de 700 lei, soit environ 180 euros.

Il s’agit de sa seule source de revenu. Sans le salaire de sa femme, il ne pourrait pas entretenir sa famille. Mais comme il aime à le rappeler : « On ne devient pas prêtre pour s’enrichir. »

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Notre couple

(Dialogue à 2 voix)

 Ce article fait suite à celui publié dans le précédent bulletin, sous le titre : « Un homme d’Eglise se marie. »

Marie-Thérèse :

 Dans l’ombre et la résignation et le total respect de ce qu’il était, je vivais, le coeur en écharpe, un amour que je savais impossible et que je ne pouvais arracher de moi-même. Grande fut ma surprise quand il me proposa de nous marier, si j’y consentais…. Mes hésitations venaient du risque qu’il soit infidèle à sa vocation d’origine. Il me fallait aussi évacuer un certain sentiment de culpabilité hérité d’une éducation religieuse sommaire, et du « qu’en dira-t-on ». Mon désir était comblé de nous voir affronter l’avenir ensemble, et enfin faire route commune dans un amour vécu au grand jour.

J’avais donné ma démission du service d’aide aux Nord-Africains en métropole où je travaillais depuis quinze ans. Arrivant dans une nouvelle ville, j’allais devoir tout reconstruire : logement, travail, relations…

Une certaine accoutumance nous était nécessaire. On ne passe pas innocemment à plus de quarante ans, d’une vie de célibataire endurci à celle de couple. Mais nous avions trop attendu ce moment pour ne pas le savourer.

En septembre 1975, nous avons pris possession d’un logement au quatrième étage d’un ensemble HLM tout neuf. Ainsi commença notre vie de couple. J’avais 41 ans et Jean 45. Il travaillait comme correcteur chez un façonnier linotypiste, payé au SMIC. Il avait pris des engagements syndicaux  en particulier au Conseil de prud’hommes et à l’ASSEDIC.

Nous avons vite noué des liens dans l’immeuble et dans le quartier. En particulier avec des voisins qui appartenaient à une cellule du parti communiste. Ma vie professionnelle allait évoluer très vite. J’allais, être embauchée dans un service social des étrangers qui venait d’ouvrir un bureau d’accueil. Voilà donc assurée notre vie matérielle.

Plus tard, nous avons reçu en location-attribution un petit pavillon de type 4, dont le loyer nous convenait. Mais le logement n’est pas le tout de la vie d’un couple. Si un foyer a besoin d’un nid, il a besoin surtout, de le faire vivre. La question s’est posée à nous, dès l’automne 1975, de savoir si nous aurions un enfant.

Ensemble :

Nous posions comme principe qu’on ne fait pas un enfant pour soi, mais pour lui. Si donc un enfant nous était donné, j’aurais 46 ans et sa maman 42, à sa naissance. Devenu adolescent, il aurait un papa de 61 ans et une maman de 57 ans… sans autre grand frère ou soeur pour amortir la différence. Nous avions , de par notre expérience, trop d’exemples d’enfants malheureux, de parents désorientés, de familles en échec, à cause d’une trop grande différence d’âge entre parents et enfants, pour envisager de prendre ce risque. Cela nous paraissait trop égoïste de le faire courir à celui ou celle que nous mettrions au mode.. A cela s’ajoutait le danger non négligeable d’une première grossesse tardive pour Marie-Thérèse. Enfin, notre vie avait creusé d’autres sillons où pouvaient s’épanouir, sans bien évidemment les compenser, les sentiments de paternité et de responsabilité parentale.

Me concernant, moi, Jean, la décision était relativement facile à prendre. Pour Marie-Thérèse, le renoncement était d’un autre ordre et d’un autre poids. Nous avons, depuis, mieux pris la mesure de ce que représente pour une femme, l’épanouissement dans la maternité, et le manque qui s’inscrirait comme une cicatrice en elle. Ce choix, nous l’avons fait ensemble. Aujourd’hui, après plus de trente ans de vie commune, nous ne le regrettons pas. Le manque persiste cependant. Même si nous ne sommes pas seuls. Notre vie est bien pleine, et nos vieux jours ne souffriront pas plus d’abandon et de frustration affective que beaucoup de parents autour de nous, délaissés par des enfants trop éloignés ou indifférents.

Nous avons médité les sages paroles du PROPHETE Khalil GIBRAN.

Vos enfants ne sont pas vos enfants
Ils sont les fils et les filles de l’appel de la vie elle-même.
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.
Vous pouvez leur donner votre amour, mais non point vos pensées.
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps, mais non pas leurs âmes,
Car leurs âmes habitent la maison de demain
Que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves
.
Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s’attarde avec hier !

 Arrivés aujourd’hui presque au terme de notre vie, nous vivons heureux, épanouis dans une vie de couple harmonieuse, avec des engagements multiples au service des autres. Nous constatons que le mariage d’un prêtre n’a posé problème qu’aux instances de l’Eglise. Nos amis et compagnons de travail étaient heureux pour nous, et profitaient largement de ce que nous étions pour eux. Devenu responsable syndical, Jean est connu comme prêtre (ce qui lui a valu d’être licencié par un patron chrétien). Il n’est pas rare que certains s’adressent à lui pour des conseils d’ordre moral social ou spirituel… La parole est libérée et la relation se fait en vérité.

Nous sommes connus dans le voisinage, et souvent sollicités, sans que quiconque s’en offusque. Nous militons dans nombre d’associations locales qui facilitent les contacts et aident à la connaissance mutuelle. Nous avons créé un syndicat de copropriété qui a soudé les gens du quartier et maintient des relations de voisinage favorables.

Souvent, l’occasion nous a été donnée d’aider des amis prêtres et des femmes en situation difficile, encombrés par des problèmes de conscience ou des blocages psychologiques mal dépassés. Nous avons toujours scrupuleusement respecté leurs choix, sans juger quiconque. Nous regrettons seulement que tant de situations clandestines, outre la souffrance accumulée, ne se révèlent pas au grand jour. Il en va de la liberté des êtres et du respect de la femme. Cela finirait par créer enfin ce « rapport de forces » qui pourrait faire éclater les tabous. Tant il est vrai que « celui qui fait la vérité vient à la lumière. » (Jn 3/21)

Marie-Thérèse et Jean
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Lettre d’Angélyne Vallée du Québec

                               (reçue avant notre Assemblée générale)

 

Pour toi, chère Dominique, et pour chacun à cette rencontre de PLEIN JOUR

 D’abord, je veux te dire un très sincère MERCI, Dominique, pour le travail énorme que tu accomplis au sein de l’Association PLEIN JOUR. Quand je reçois le petit journal, je le lis tout de suite d’une traite… Les témoignages sont toujours touchants et racontent un pan de l’histoire qu’il faudra bien un jour remettre à sa place, c’est-à-dire sortir de l’ombre pour laisser vivre ces couples amoureux en PLEIN JOUR ! Et rappeler à bien des prêtres qu’ils profitent autant des femmes que de leur propre système puisqu’ils ne respectent pas leur propre règle.

 Ce petit mot, c’est aussi pour dire à tout le groupe que je serai en pensée avec vous tous et toutes. J’aurais tellement aimé m’y joindre pour connaître chacun et chacune de vous personnellement. Cette grande distance qui nous sépare ne m’empêche pas de me sentir tout près de vous, unie à vous par des liens bien plus forts que la religion qui sépare encore des hommes et des femmes. Par ces liens de coeurs  des êtres, pleins d’humanité, ont expérimenté ou  expérimentent présentement un combat qui travaille à la victoire de l’Amour et qui s’oppose à l’abus des pouvoirs religieux. Ce sont ces liens d’amour, au-dessus de toutes barrières qui font de nous des alliés.

J’ose vous dire… Je ne pratique plus, excepté en de rares occasions (funérailles, mariages..). En même temps, je me sens davantage chrétienne puisque je ne suis plus complice d’une institution cléricale qui s’est éloignée du Maître de la Vie en créant un mur entre l’homme et la femme, en dominant toutes les femmes. Le célibat obligatoire est une discipline perverse. Si tous les prêtres expérimentant l’Amour pour une femme osaient braver ce pouvoir abusif qui maintient culpabilité et hypocrisie au sein d’une Église qui se dit universelle, le clergé, tel que nous le connaissons aujourd’hui, n’existerait plus dans une décennie… ou deux… Dans le fond de moi-même, j’ai la certitude que le Christ n’a jamais voulu instituer une telle hiérarchie religieuse rejetant ainsi les femmes ! Et en interdisant à combien de couples de vivre l’amour conjugal ! 

 Le Vatican, avec un Benoît XVI qui affirme que le célibat est l’antidote contre le péché, m’a fait rire aux éclats… Si son père et sa mère avaient pensé comme lui, il ne serait même pas là… pour dire ces idioties. Ici, dans ma région de la Beauce québécoise, il y a de moins en moins de pratiquant-e-s… Et de plus en plus d’hommes et de femmes gagnés à notre cause.

 Puis… le cardinal de Québec, Marc Ouellet, a mis lui aussi son grain de sel ; un journaliste l’a traité d’imam fondamentaliste. Pourquoi ce journaliste a-t-il fait ce parallèle ? Il y a quelques semaines, ce bras droit du Vatican a osé dire qu’une femme ou une jeune fille qui se fait avorter après avoir été violée commet un crime. Et il n’a rien dit au sujet du violeur ! Ce qui a soulevé la colère des femmes et aussi celle des hommes. Il s’est fait apostropher par les femmes ministres des gouvernements fédéral et provincial. Si cet homme d’Église avait été un père de famille d’une jeune fille violée, il aurait peut-être tenu un autre genre de discours ! Comme quoi, rien que des vieux garçons de ce genre à la tête d’une institution qui enseigne des valeurs de croissance spirituelle au monde, ça propage dans celle-çi de graves handicaps dans nos relations humaines.

 Je termine en vous souhaitant un enrichissant partage, une rencontre nourrissante et surtout libératrice !

Chaleureuse amitié à tous et toutes ! 

 Angélyne Vallée

637, 155ième Rue,

Ville de Saint Georges, Beauce, Québec  /  G5Y 7N2

 PS (Ndlr) : Il n’est pas défendu de  répondre à cet lettre chaleureuse!!!

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 On peut se mettre à genoux

par amour, 

Mais l’amour ne devrait pas

se vivre à genoux. 

Jamais, nulle part,

et en aucune sorte. 

Ni pour servir des dogmes,

ni par peur, ni par servilité. 

L’amour vrai devrait pouvoir se vivre debout, 

En pleine lumière

toujours,

partout.

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A nos amies italiennes, compagnes de prêtres

 Vous avez eu le courage non seulement d’écrire une lettre ouverte au pape, mais surtout de la diffuser dans la Presse.

De tout coeur nous vous félicitons pour le sérieux des arguments avancés contre la loi inique du célibat « qui ignore les droits fondamentaux des gens. »

« Cette discipline n’a rien à voir  avec les écritures, ni avec Jésus qui n’en a jamais parlé. »

Ce n’est pas un choix ni un charisme puisqu’elle est imposée de façon autoritaire. Elle a surtout  été dictée par des intérêts économiques (héritages des biens des curés) . « De plus, la hiérarchie développait alors une certaine dose de misogynie et d’hostilité envers le corps et la psyché….C’est donc une loi humaine qu’il faudrait rediscuter, modifier, ou éliminer complètement. »

Drewermann, que vous citez avec à propos, dénonce le « décisionisme » du pouvoir de la hiérarchie qui réduit le rapport humain « à la correspondance entre l’ordre et la soumission, le rituel du patron et du serviteur, et le formalisme du respect des  directives déterminées ». Refuser au prêtre une vie affective normale en déstabilise un bon nombre.

« L’identification obligatoire avec le rôle professionnel ne lui permet pas de vivre même comme une personne, et donc, il n’a pas d’autre possibilité que de feindre la chaleur humaine, la proximité émotive, la compréhension pastorale, et de faire des simagrées au lieu de vivre de manière authentique. »

La réponse enthousiaste d’un jeune à l’appel qu’il croit avoir reçu doit-elle le figer toute une vie dans le célibat ? Son adhésion profonde au message de Jésus ne peut-elle pas s’exprimer différemment dans un presbytérat marié ? C’est ce que refuse l’institution.

Si un prêtre tombe amoureux, soit il sacrifie ses sentiments et ceux de la femme, « pour un plus grand bien » (lequel ?); soit il vit un amour clandestin avec la complicité de ses supérieurs, pourvu que ça ne se sache pas ! (Bonjour l’hypocrisie !) Et la femme passe sa vie à se cacher et à attendre que cet homme lui accorde quelques instants volés, tout en renonçant au rêve d’un couple normal; soit il a le courage de quitter le ministère, non sans déchirement, et la femme porte la réprobation de celle qui a séduit le prêtre.

Et pourtant, une des phrases récurrentes des prêtres à leurs compagnes : « J’ai besoin de toi pour être ce que je suis », ne traduit-elle pas la conviction que pour réussir à être témoins efficaces de l’amour, ils ont besoin de l’incarner, de le vivre pleinement. Ce droit naturel et fondamental à aimer, affirmé dans les encycliques, est réservé aux laïcs et nié aux clercs.

Vous essayez d’alerter le pape sur la souffrance du prêtre « douloureusement seul » Il a un tas de choses à faire qui remplissent ses journées et lui vident le coeur. L’institution le persuade  que cette discipline représente la volonté de Dieu pour lui, alors qu’elle a peut-être déjà préparé une promotion pour lui, en échange de la nécessaire séparation.

Vos observations sont d’une telle acuité que nous sommes tout à fait d’accord avec vous.

Bravo pour la conclusion empruntée à Drewermann !

« Le Dieu dont Jésus parlait veut vraiment ce que l’Eglise catholique craint aujourd’hui plus que toute autre chose : une vie humaine libre, heureuse et mature, qui ne naît pas de l’angoisse, mais de la confiance obéissante, libérée des contraintes de la tyrannie traditionnelle d’une théologie qui préfère chercher la vérité de Dieu dans les écritures sacrées, plutôt que dans la sainteté de la vie humaine. »

Merci d’avoir produit un texte de cette qualité.

Je souhaite que votre esprit de détermination soit contagieux à travers toute l’Europe et que toutes ensemble, nous formions une chaîne de résistance.

 Dominique Venturini

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Voici en italien la longue lettre au pape de nos amies italiennes :

Celibato obbligatorio
Lettera aperta a Benedetto XVI

(e a tutti coloro che amano definire il celibato obbligatorio un “valore sacro”)

Questa lettera è firmata da Antonella Carisio, Maria Grazia Filippucci, Stefania Salomone … insieme alle altre … anche a nome di tutti coloro che stanno soffrendo a causa di questa legge ingiusta

«Il Dialogo – Periodico di Monteforte Irpino»
Prima Pagina/Home Page: www.ildialogo.org
Direttore Responsabile: Giovanni Sarubbi
Registrazione Tribunale di Avellino n.337 del 5.3.1996

Lo spunto è la notizia di alcuni giorni fa, una delle tante affermazioni a valle di una vera e propria esplosione degli scandali di pedofilia nelle fila del clero:

 PAPA dice : “Il Celibato è un valore sacro”

“L’orizzonte dell’appartenenza ontologica a Dio costituisce la giusta cornice per comprendere e riaffermare, anche ai nostri giorni, il valore del sacro celibato, che nella Chiesa latina è un carisma richiesto per l’Ordine sacro ed è tenuto in grandissima considerazione nelle Chiese Orientali”, ha spiegato il Pontefice durante il convegno “Fedeltà di Cristo, fedeltà del sacerdote”.

“Esso è autentica profezia del Regno, segno della consacrazione con cuore indiviso al Signore e alle ‘cose del Signore’, espressione del dono di sè a Dio e agli altri. Quella del sacerdote è, pertanto, un’altissima vocazione che rimane un grande mistero anche per quanti l’abbiamo ricevuta in dono. I nostri limiti e le nostre debolezze devono indurci a vivere e a custodire con profonda fede tale dono prezioso, con il quale Cristo ci ha configurati a sé, rendendoci partecipi della sua missione salvifica”.

Chi scrive è un gruppo di donne, di ogni parte d’Italia, che ha vissuto o vive tutt’ora l’esperienza di una relazione con un prete o religioso. Siamo abituate a vivere nell’anonimato quei pochi momenti che il prete riesce a concedere e viviamo giornalmente i dubbi, le paure e le insicurezze dei nostri uomini, supplendo alle loro carenze affettive e subendo le conseguenze dell’obbligo al celibato.

E’ una voce, la nostra, che non può essere ignorata, dal momento che vi ascoltiamo riaffermare la sacralità di ciò che sacro non è, una legge, ignorando al contempo i diritti fondamentali delle persone. Ci ferisce

il disprezzo con cui nei secoli e nelle recenti dichiarazioni si cerca di mettere a tacere il grido di uomini e donne che patiscono nell’ormai lacerato sudario del celibato obbligatorio.

Intendiamo ribadire – nonostante ormai molta parte dei cristiani lo sappia – che questa disciplina non ha niente a che vedere né con le scritture in genere, Vangeli in particolare, né con Gesù, che non ne ha mai parlato.

Anzi, per quanto ne sappiamo, egli amava circondarsi di discepoli, quasi tutti sposati, e di donne. Ci direte che anche Gesù ha vissuto da celibe e il prete semplicemente si conforma alla sua scelta. Ecco, appunto, una scelta. Ma una norma non può essere una scelta, se non forzandone il senso. Se poi lo si definisce carisma, non può dunque essere imposto né richiesto, tanto meno al Signore, il quale ci ha voluto liberi, perché amore è libertà, da sempre.

E’ quindi verosimile pensare che intendesse negarne determinate espressioni ad alcuni dei suoi discepoli, al di là di ogni supposta opportunità?

Sono risapute le ragioni che, a suo tempo, hanno spinto la gerarchia ecclesiastica a inserire questa disciplina nel proprio ordinamento giuridico: interesse e convenienza economica. Poi il tutto nei secoli è stato condito con una certa dose di misoginia e ostilità verso il corpo, la psiche e le loro esigenze primarie.

E’, dunque, una legge “umana”, nel senso lato del termine. E’ da qui che bisogna partire, affinché ci si interroghi  se, come tutte le leggi umane, ad un certo punto, in un certo momento storico, non sia il caso di ridiscuterla e modificarla o addirittura, come auspichiamo, eliminarla.

Per  far questo, occorre molta umiltà, molto coraggio, quello di discostarsi dalle logiche di potere per scendere con lealtà nel mondo degli uomini al quale, piaccia o no, anche il prete appartiene.

Citando Eugen Drewermann (“Funzionari di Dio – psicodramma di un ideale, Raetia, 1995), “Secondo l’ideologia teologica la persona del singolo chierico assomiglia a un secchio d’acqua: bisogna svuotarlo completamente del suo contenuto per riempirlo fino all’orlo con tutto ciò che ai superiori ecclesiastici sembra desiderabile. In questo modo si neutralizza tutta la sfera dei sentimenti umani a favore del decisionismo del potere. Di tutta la gamma dei possibili rapporti umani sopravvive solamente un tipo di rapporto: la corrispondenza fra l’ordine e la sottomissione, il rituale di padrone e servo, l’astrazione e la riduzione della vita al formalismo del rispetto di determinate direttive”.

Non è una questione di avere più tempo da dedicare agli altri, come recita la più gettonata tra le innumerevoli frasi fatte utilizzate da coloro che ritengono che il chierico non debba e non possa avere un compagna, ma piuttosto un rifiuto dell’idea che gli sia consentito di godere di una presenza sentimentale più intima e personale, a volte addirittura delle stesse amicizie.

Infatti, prosegue Drewermann, “L’identificazione obbligatoria con il ruolo professionale non gli permette di vivere se stesso come persona, e quindi non ha altra possibilità che fingere il calore umano, la vicinanza emotiva, la comprensione pastorale, l’empatia, facendo smancerie, invece di vivere in modo autentico”.

Secondo questa visione istituzionalizzata, il prete si realizza nel suo ministero, attraverso l’ordine sacro, solo da celibe e per tutta la vita. Ma la decisione presumibilmente libera di un giovane ragazzo, entusiasta di una grande proposta che pensa di aver ricevuto, non presuppone che la sua profonda adesione al messaggio di Gesù non possa crescere, maturare, cambiare e magari meglio esprimersi, ad un certo punto, attraverso un presbiterato uxorato. E’ semplicemente questo che accade, quello che non si è in grado di vedere o di valutare a pieno.

Una scelta di questo tipo non può essere immutabile, e non si tratta né di un tradimento né tanto meno di una caduta o di una trasgressione perché l’amore non trasgredisce l’amore.  E il prete, come ogni essere umano, ha bisogno di vivere con i suoi simili, di provare dei sentimenti, di amare e di essere amato e anche di confrontarsi profondamente con l’altro, cosa che, difficilmente è disposto a fare per paura di esporsi ad un pericolo.

Dietro alla cortina del detto e non-detto, questo è ciò che viviamo. E’ come se questo sistema ecclesiastico, con le sue norme, riuscisse ad imprigionare la parte più sana di tutti noi.

Cosa accade, di fatto, se il prete si innamora? Può scegliere:

1.      Di immolare le proprie esigenze e i propri sentimenti, nonché quelli della donna, a vantaggio di un “bene più grande”  (quale?)

2.      Di viversi la storia di nascosto, con l’aiuto e la complicità dei superiori, basta che non si venga a sapere e che non si lascino tracce (leggi figli)

3.      Di “gettare la tonaca alle ortiche”, espressione consueta che definisce la scelta di qualcuno che non ce l’ha fatta, cioè di un traditore.

Ciascuna di queste opzioni provoca un dolore grande alle persone coinvolte che, comunque vada, hanno molto da perdere.

E quali sono le scelte per la donna?

1.      Immolare le proprie esigenze ed i propri sentimenti a vantaggio di “un bene più grande” (in questo caso il bene del prete)

2.      Di accettare di vivere la storia di nascosto, passando il resto della sua vita nell’attesa che il prete possa dedicarle alcuni ritagli del suo tempo, attimi rubati, sacrificando il sogno di una storia accanto ad un uomo “normale”

3.      Portare il peso di colei che ha costretto il prete “a gettare la tonaca alle ortiche”, oltre a condividere il peso del suo presunto “fallimento”.

Un prete che lascia è comunque considerato “colui che non è riuscito a portare avanti la grande necessaria rinuncia”, e quindi in qualche modo viene isolato. E questa è una cosa difficile da sopportare, per chi è convinto di essere “un prescelto, uno che ha ricevuto una chiamata speciale”, l’Alter Christus, che con un solo gesto delle mani consacra, trasforma la natura delle cose … che perdona, che salva!

E’ possibile rinunciare a tutto questo? E per che cosa?

Per una normale vita di coppia, che suona perfino banale al confronto delle potenzialità che il “funzionario di Dio” può esercitare attraverso l’ordine sacro.

Eppure, una delle frasi ricorrenti detta dai preti alle loro “compagne” , si riassume in poche parole “ho bisogno di te per essere quello che sono”, cioè , un prete.

Non stupitevi! Per riuscire ad essere testimoni efficaci dell’amore hanno bisogno di incarnarlo e viverlo pienamente, così come la loro natura esige. E’ una natura malata? Trasgressiva?

A ben leggere, questa espressione tradisce invece l’urgenza di essere anche parte di un mondo a due, di poter esercitare quel diritto naturale e fondamentale di cui spesso la chiesa istituzionale parla nelle ufficialissime e latine encicliche, riservato evidentemente ai soli laici, e negato ai chierici, che diventano così esseri soprannaturali, talmente separati da tutti gli altri, da non riuscire più a distinguerne i contorni.

Ma è possibile che non riusciate a vedere che il prete è dolorosamente solo? Ha un sacco di cose da fare, che gli riempiono la giornata ma gli svuotano il cuore. Spesso neanche se ne accorge, preso com’è dalle liturgie e dalle incombenze del suo ufficio.

E può capitare che tra le conoscenti ve ne sia una speciale che sembri, già a un primo sguardo, fatta apposta per scaldargli il cuore, completando ed arricchendo anche il ministero. E’ questo che accade, molto semplicemente.

Ma la disciplina ecclesiastica dice “No, tu sei stato scelto per qualcosa di più grande”. E si sente mancare, perché non riesce ad immaginare qualcosa di più grande di ciò che sta provando. Ma si fida dell’obbedienza che ha promesso, pensando che rappresenti la volontà di Dio, il suo piano per lui e per quelli come lui. Il celibe eroe torna quindi alla ribalta di un’istituzione che lo pretende così e magari ha già pronta una promozione in cambio della necessaria separazione.

E tutto questo scempio in nome di quale amore?

Quello che fa nascondere, che fa rinunciare, quello che fa male. Non è l’amore del Padre. Citando una conclusione di Drewermann, “Il Dio di cui parlava Gesù vuole proprio ciò che la chiesa cattolica oggi teme più di ogni altra cosa: una vita umana libera, felice e matura, che non nasce dall’angoscia, ma dalla fiducia obbediente e che è liberata dalle costrizioni della tradizionale tirannia di una teologia che preferisce cercare la verità di Dio in sacre scritture anziché nella santità della vita umana”.

Antonella Carisio, Maria Grazia Filippucci, Stefania Salomone, … insieme alle altre … anche a nome di tutti coloro che stanno soffrendo a causa di questa legge ingiusta. /  Domenica 28 Marzo, 2010 Ore: 15:55

A cura della Redazione del sito www.ildialogo.org
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Traduction selon Google (uniquement pour vous donner une idée, mais rien d’authentique !!!)
Le point de départ c’est, il ya quelques jours, l’une des nombreuses déclarations dans le cadre d’une véritable explosion de scandales de pédophilie dans les rangs du clergé:

 Le PAPE dit : “Le célibat est une valeur sacrée”

«L’horizon ontologique de l’appartenance à Dieu est le cadre adéquat pour comprendre et réaffirmer, encore aujourd’hui, la valeur du célibat sacré dans l’Église latine est un charisme requis pour les Saints Ordres et est tenu en haute estime dans Églises orientales », a expliqué le Souverain Pontife lors de la conférence« Fidélité du Christ, fidélité du prêtre “.

«Il est vraie prophétie du Royaume, un signe de consécration au Seigneur avec une« choses du Seigneur “coeur et indivisible, une expression du don de soi à Dieu et aux autres. Que le prêtre est, par conséquent, reste une grande vocation à laquelle de grandes mystère pour ceux que nous avons reçu comme un don. nos limites et nos faiblesses doivent nous conduire à vivre avec une foi profonde et de préserver ce don précieux dont le Christ a configuré pour lui-même, en nous faisant part de sa mission salvifique ».

 

les auteurs de cette lettre ? un groupe de femmes de toute l’Italie, qui ont vécu ou vivent encore l’expérience d’une relation avec un prêtre ou religieux. Nous sommes habitués à vivre dans l’anonymat ces quelques instants que le prêtre est en mesure de fournir et de vivre chaque jour les doutes, les peurs et les insécurités de nos hommes, ce qui compense leur manque d’affection, et de subir les conséquences de l’obligation de célibat.

C’est une voix, la nôtre, qui ne peut être ignoré, car nous entendons réaffirmer un caractère sacré à ce qui n’est pas sacré, mais une loi qui ignore les droits fondamentaux des individus. Et cela Nous blesse ainsi que  le mépris avec lequel au fil des siècles et dans des déclarations récentes on essaie de faire taire le cri des hommes et des femmes qui souffrent dans le présent déchirée linceul de célibat obligatoire.

Nous avons l’intention de réaffirmer – malgré qu’un grand nombre de chrétiens le sachent déjà – que cette discipline n’a rien à voir ni avec les Écritures, en général, surtout les Évangiles, ni Jésus, qui n’en a jamais parlé.

En effet, autant que je sache, il aimait être entouré de disciples, presque tous mariés, et les femmes. Nous disons que Jésus a vécu comme un prêtre célibataire et suivez simplement son choix. Ici, en effet, un choix. Mais une norme ne peut pas être un choix, s’il n’est pas forçant le chemin. Mais si vous définissez le charisme, ne peut donc pas être imposée ou appliquée, et encore moins à l’Éternel, qui voulait nous libérer, car l’amour est la liberté, toujours.

Et « donc enclins à penser qu’il voulait dire à nier certaines expressions de certains de ses disciples, au-delà toute possibilité présumée ?

Les raisons sont bien connues en son temps, a dirigé la hiérarchie de l’Eglise d’intégrer cette discipline dans son système juridique: l’intérêt et l’abordabilité. Alors tous à travers les siècles a été assaisonné avec une certaine quantité de la misogynie et l’hostilité envers le corps, la psyché et à leurs besoins fondamentaux.

Il s’agit par conséquent d’une loi «humain» dans le sens du terme. Et « que l’on doit commencer à partir d’ici, donc nous nous demandons si, comme toutes les lois humaines, jusqu’à un certain point dans un certain moment historique, il n’est pas approprié de réexaminer et de modifier ou même, comme nous l’espérons, de l’éliminer.

Pour ce faire, il faut beaucoup d’humilité, de courage, de s’écarter de la logique du pouvoir à descendre avec la loyauté envers le monde des hommes qui, qu’on le veuille ou non, le prêtre appartient.

 

Citant Eugen Drewermann («Fonctionnaires de Dieu – le psychodrame d’un idéal, Rhétie, 1995),  «Selon l’idéologie théologique de la personne de l’imam individuelles ressemble à un seau d’eau doit être évacuée complètement de son contenu pour remplir à ras bord avec tout ce qui paraît souhaitable d’supérieurs ecclésiastiques. Ce sera de neutraliser toute la sphère des sentiments humains en faveur du pouvoir décisionnel. L’ensemble des possibles relations humaines de survivre un seul type de relation: la correspondance entre l’ordre et la soumission, le rituel du maître et le serviteur, l’abstraction et la réduction de la vie au formalisme de la conformité avec certaines directives “ .

Ce n’est pas une question d’avoir plus de temps à consacrer à d’autres, comme indiqué dans le plus populaire parmi les nombreuses expressions utilisées par ceux qui croient que le clerc ne doit pas et ne peut pas avoir un compagnon, mais plutôt un rejet de l’idée que les deux a permis de profiter d’une présence plus intime et personnelle sentimentale, parfois même les mêmes amis.

En fait, Drewermann continue, «L’identification avec le rôle obligatoire de prévoyance professionnelle ne lui permet pas de se expérience en tant que personne, et n’a donc pas d’autre choix que de feindre la chaleur, la proximité affective, la compréhension, la pastorale, l’empathie, ce qui rend tracas , au lieu de vivre de façon authentique. “

Selon ce point de vue institutionnel, le prêtre dans son ministère est accompli par l’ordre sacré, et seul un célibataire pour la vie. Mais la décision sans doute libre d’un jeune garçon, enthousiasmé par une grande proposition qui pensent que vous avez reçu, ne supposez pas que son engagement envers le message de Jésus ne peut pas grandir, grandir, changer et peut-être mieux exprimer eux-mêmes, dans une certaine mesure, à travers un sacerdoce marié. C’est simplement ce qui se passe, ce qui n’a pas été en mesure de voir ou d’évaluer pleinement.

Un choix comme celui-ci ne peut pas être immuable, et il n’est ni une trahison, ni d’une chute ou une transgression parce que l’amour ne transgresse pas l’amour. Le prêtre, comme tout être humain a besoin de vivre avec ses semblables, à ressentir les sentiments, d’aimer et d’être aimé profondément et aussi de comparer les uns avec les autres, quelque chose qui est rarement disposé à faire de crainte de s’exposer au danger.

Derrière le rideau de l’a dit et non dit, c’est ce que nous vivons. Et “comme si ce système ecclésiastique, avec ses règles, pourraient emprisonner les plus sains de nous tous.

Ce qui arrive, en fait, si le prêtre tombe amoureux? Vous pouvez choisir:

1.      Le sacrifice de leurs propres besoins et sentiments, ainsi que ceux des femmes, en faveur d’un «plus grand bien» (qui?)

2.      Dans l’histoire de la vivre dans le secret, avec l’aide et la complicité de ses supérieurs, mais tu ne viendrais pas à connaître et à ne pas laisser des traces (lire aux enfants)

3.      “jeter sa soutane aux vents», une expression qui définit le choix habituel de quelqu’un qui l’a fait, c’est un traître.

Chacune de ces options entraîne une grande douleur pour les personnes concernées que, quoi qu’il arrive, ils ont beaucoup à perdre.

Et quels sont les choix pour la femme?

1.      sacrifier leurs propres besoins et sentiments en faveur de «plus grand bien” (dans ce cas la bonne du curé)

2.      Pour accepter le récit de la vie dans le secret, en passant le reste de sa vie à attendre le prêtre à consacrer quelques bribes de son temps, des moments volés, sacrifier le rêve d’une histoire d’un homme à côté de “normal”

3.      Amener le poids de celui qui a forcé le prêtre “de jeter sa soutane aux vents», ainsi que le partage du fardeau de sa prétendue «défaillance».

Un prêtre qui quitte est toujours considéré comme «celui qui n’a pas réussi à mener à bien la renonciation nécessaire de la grande”, puis est isolé en quelque sorte. Et c’est quelque chose difficile à supporter pour ceux qui se croient être «un élu qui a reçu un appel spécial,” alter Christus, que d’un seul geste de la main consacrée, a transformé la nature des choses … qui pardonne , qui sauve!

Et ‘possible de renoncer à tout cela? Et pour quoi?

Pour une vie conjugale normale, il semble trivial, même par rapport au potentiel que le «serviteur de Dieu» ne peut exercer par l’ordre sacré.

Pourtant, l’une des phrases récurrentes déclaré par les prêtres à leurs «compagnons», se résument en quelques mots : “j’ai besoin de toi pour être qui je suis» , c’est à dire un prêtre.

Ne soyez pas surpris! Pour être en mesure d’être des témoins efficaces de l’amour dont ils ont besoin d’incarner et de la vivre pleinement, ainsi que leur nature exige. C’est une nature malade? Transgressive?

A bien lire, mais cette expression trahit l’urgence d’être également partie d’un monde de deux enfants, d’exercer le droit naturel et fondamental que nous parlons souvent de l’Église institutionnelle dans les encycliques les plus officielles et d’Amérique, bien sûr réservée aux laïcs, et a nié clercs, qui deviennent des êtres surnaturels, donc distincts de tout le monde, n’est plus capable de discerner sa forme.

Mais vous ne pouvez pas voir que le prêtre est douloureusement seul ? Il a beaucoup de choses à faire, que de remplir la journée, mais le cœur vide. Souvent ne remarquent même pas, comme pris de la liturgie et les devoirs de sa charge.

Il peut arriver que les connaissances qu’il semble y avoir une spéciale, même à première vue, faite juste pour réchauffer le cœur, complétant et en enrichissant le ministère. Et «ce qui se passe, tout simplement.

Mais la discipline ecclésiastique, dit: «Non, vous avez été choisi pour quelque chose de grand.” Il se sent faible, car il ne peut pas imaginer quelque chose de plus grand que ce qu’il ressent. Mais il espère que l’obéissance promise, pensant qu’il représente la volonté de Dieu, son plan pour lui et ceux qui, comme lui. Le héros le célibat revient ensuite à l’avant-garde d’une institution qui prétend comme cela et a peut-être déjà préparé une promotion en échange de la séparation nécessaire.

Et tout cela des ravages dans le nom de cet amour?

Qu’est-ce qu’il ne cache, qui est l’abandon, qui fait mal. C’est l’amour du Père. Citant une conclusion de Drewermann, ” Le Dieu dont Jésus veut parler juste ce que l’Église catholique aujourd’hui la peur plus qu’autre chose: une vie humaine libre, heureux et mature, qui ne provient pas de l’anxiété, mais par la confiance et obéissants est libéré des contraintes de la tyrannie d’une théologie traditionnelle qui préfère chercher la vérité de Dieu dans les Écritures, plutôt que le caractère sacré de la vie humaine. ”
Le Dimanche 28 Marzo, 2010

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Commenti

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Autore Città Giorno Ora
Enrico Sciarini Segrate 05/4/2010 17.10
Titolo:lettera aperta
Ora aspettiamo che i sacerdoti che hanno una compagna prendano coraggio e scrivano anche loro una lettera aperta al pontefice
Autore Città Giorno Ora
chino piraccini Cesena(FC) 12/4/2010 18.47
Titolo:eprimo gratitudine per vostra lettera aperta a papa benedetto
Avete centrato tutte le questioni del celibato obbligatorio, soprattutto la questione del cuore che dev’essere indiviso per servire degnamente il Signore. Il prete non può perdersi in sentimenti frantumati per la sua donna e i suoi figli eventuali. Questo argomento appare a molti, vescovi, preti e buoni laici e buone donne come l’argomento ecclesiale che taglia la testa al toro, e fa gridare alla libertà dei figli del regno, là dove “neque nubent,neque nubentur”. Purtroppo questi signori dimenticano che l’essere umano solo è un rischio permanente, non tanto per la pedofilia, ma per gl’infiniti surrogati dell’amore di cui è a rischio il cuore dell’uomo-prete. Grazie a Voi. Chino
Autore Città Giorno Ora
filippo angileri trapani 14/4/2010 11.30
Titolo:Lettera aperta a Benedetto XVI
Complimenti per la lettera. Nella Fede Baha’i di cui mi onoro farne parte, non esiste la gerarchia, non ci sono preti nè suore,la comunità va avanti con il contributo di tutti/e non ci sono caste, la religiosità e gli aspetti pratici vengono gestiti da tutti/e attraverso la legge della consultazione.E’ un mondo nuovo e meraviglioso, venite a vedere.. inoltre chi vuole può sposarsi, non esiste il celibato imposto.
Tutti dovete ancora scoprire questa cosa così entusiasmante che realizza le migliori aspirazioni di tutti/e noi.
Fraternamente
filippowww.bahai.it
Autore Città Giorno Ora
Silvio Brozzi Roma 26/4/2010 15.01
Titolo:Cosa dice Gesù Cristo
Vangelo secondo Matteo (MT 19,10):Gli dissero i discepoli: “Se questa è la condizione dell’uomo rispetto alla donna, non conviene sposarsi”. Egli rispose loro: “Non tutti possono capirlo, ma solo coloro ai quali è stato concesso.
Vi sono infatti eunuchi che sono nati così dal ventre della madre; ve ne sono alcuni che sono stati resi eunuchi dagli uomini, e vi sono altri che si sono fatti eunuchi per il regno dei cieli. Chi può capire, capisca”.

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Port du voile intégral en France

 

 Vous vous souvenez peut-être de la lettre vigoureuse que Djemila Benhabib avait lue à la mission parlementaire sur le voile intégral, réunie au Palais du Luxembourg, le 13 novembre 2009. (voir Bulletin N°8 Femmes debout, p.3/4) Il nous a paru avisé de rappeler la position de cette militante féministe et laïque, au  moment où le projet de loi interdisant le port du voile intégral dans les lieux publics, a été adoptée à une large majorité par l’Assemblée nationale, ce mardi 13 juillet. Ce texte doit être examiné en septembre au Sénat.

« En mars 2009 je publiais au Québec, un livre intitulé  « Ma vie à contre-Coran » : une femme témoigne sur les islamistes. Dès les premières phrases, je donnais le ton de ce qu’est devenue ma vie en termes d’engagements politiques. « J‘ai vécu les prémisses d’une dictature islamiste. C’était au début des années 1990. Je n’avais pas encore 18 ans. J’étais coupable d’être femme, féministe et laïque. » Je dois vous avouer que je ne suis pas féministe et laïque par vocation ; je le suis par nécessité, par la force des choses, par ces souffrances qui imprègnent mon corps car je ne peux pas me résoudre à voir l’islamisme politique gagner du terrain ici même et partout dans le monde. Je suis devenue féministe et laïque à force de voir autour de moi des femmes souffrir en silence derrière des portes closes pour cacher leur sexe et leur douleur, pour étouffer leurs désirs et taire leurs rêves.

Il fut un temps où on s’interrogeait en France sur le port du voile islamique à l’école. Aujourd’hui, il est question de voile intégral. Au lieu d’élargir la portée de la loi de 2004aux établissements universitaires, nous débattons sur la possibilité de laisser déambuler dans nos rues des cercueils. Est ce normal ? Demain, peut-être c’est la polygamie qui sera à l’ordre du jour. Ne riez pas. Cela s’est produit au Canada et il a fallu que les cours de justice s’en mêlent. Après tout la culture a bon dos lorsqu’il s’agit d’opprimer les femmes. Ironie du sort, j’ai constaté dans plusieurs quartiers que les jupes se rallongent et disparaissent peu à peu. La palette des couleurs se réduit. Il est devenu banal de camoufler son corps derrière un voile et porter une jupe est un acte de résistance.

C’est tout de même une banlieue française qui est le théâtre du film »La journée de la jupe ». Alors que dans les rues de Téhéran et de Khartoum, les femmes se découvrent de plus en plus, au péril de leur vie, dans les territoires perdu de la République française, le voile est devenu la norme. Que se passe-t-il ? La France est-elle devenue malade ?

Le voile islamique est souvent présenté comme faisant partie de « l’identité collective musulmane ». Or, il n’en est rien.

Il est l’emblème de l’intégrisme musulman partout dans le monde. S’il a une connotation particulière, elle est plutôt politique surtout avec l’avènement de la révolution islamique en Iran, en 1979.

Que l’on ne s’y trompe pas, le voile islamique cache la peur des femmes, de leur corps, de leur liberté, de leur sexualité.

Pire encore, la perversion est poussée à son paroxysme en voilant les enfants de moins de cinq ans. Il y a quelque temps, j’essayais de me rappeler à quel moment précisément en Algérie, j’ai vu apparaître ce voile dans les salles de classe. Pendant mon enfance et jusqu’à mon entrée au lycée, c’est à dire en 1987, le port du voile islamique était marginal autour de moi. A l’école primaire, personne ne portait le hidjab, ni parmi les enseignants, ni surtout parmi les élèves.

Voilà douze ans que j’habite au Québec dont la devise « Je me souviens » est inscrite sur les plaques d’immatriculation des voitures. A propos de mémoire, de quoi la France devrait-elle se souvenir ? Qu’elle est porteuse des Lumières. Que des millions de femmes se nourrissent des écrits de Simone de Beauvoir dont le nom est indissociable de celui de Djamila Boupacha. C’est peu dire. Il ne fait aucun doute pour moi que la France est un grand pays et ceci vous confère  des responsabilités et des devoirs envers nous tous, les petits. C’est d’ailleurs pour cela qu’aujourd’hui, tous les regards sont tournés vers votre commission et que nous attendons de vous que vous fassiez preuve de courage et de responsabilité en interdisant le port de la burqa. »

Djemila Benhabib

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“J’ai fait le rêve “

(Ndlr : Et si l’on se prenait à rêver un peu !!!)

D’un Iran ou d’un Irak où des Loubavitchs pourraient se promener en papillotes.
D’un Pakistan où seraient organisées les prochaines JMJ.
D’un Islam sans charria, sans burqa, où mes sœurs musulmanes ne seraient ni lapidées parce qu’elles sourient sans leur voile, ni traitées en pestiférées sociales.

D‘un monde sans Al Quaïda, où les traders salueraient encore les femmes de ménage mexicaines avant de prendre l’ascenseur, où l’on pourrait  encore prendre une bouteille d’eau dans un avion.
Je mélange tout ?  Oui sans doute, en ces temps où l’identité nationale a des relents de gruyère et de lingots,  en ces jours où Zurich vaut bien un appel du Muezzin…

Quelque part, sans me compromettre ni vouloir risquer une  Lapidation, je comprends qu’il convient parfois d’oser le  courage, et de cesser les  œcuménismes à sens unique…

Je comprends la “Heidi touch”, même si, populiste et rétrograde, elle nous renvoie à nos croisades et à notre peur du Sarrazin. Car je suis fatiguée.

  Fatiguée de baisser les yeux  quand je marche, légèrement terrorisée, dans un “quartier arabe”, oh, pas à Jérusalem, non, juste chez moi, dans ma ville rose. Car j’en ai soupé de manger Hallal à la cantine de mon collège. Car j’en ai assez de croiser des étudiantes en burqa au département  d’arabe jouxtant mon département d’allemand dans une université soit disant  soumise à la loi sur la laïcité…

 Car je  suis une fille de Charlemagne et de Roland, de Saint-Louis et du chêne, car je suis La Pucelle et pas Fatima, car mes ancêtres, oui, sont gaulois, celtes,  vikings.
Ma vie n’est certes plus rythmée par l’angélus de l’aube et  l’angélus du soir, mais en moi coule le sang des bâtisseurs de cathédrales. Et la colline de Vézelay, oui, m’est plus familière que la Pierre Noire de La Mecque. Alors quand les petits Suisses disent tout haut ce que plein de monde pense tout bas, et au risque de froisser mes nombreux amis musulmans, mes amis poètes, artistes, enseignants, mon épicier, mes  anciens voisins, j’ose l’écrire : restaurons nos lieux historiques et nos églises. Admirons nos vitraux, chantons quelques beaux cantiques, expliquons à nos écoliers ce qu’est Noël, au lieu de nous demander s’il est de bon ton de construire une mosquée dans chaque village ! J’écoute du Raï, je suis la reine du couscous, je ne vote pas LePen. Mais ..

Le jour où mes amies musulmanes ne seront plus lapidées au moindre pantalon Rappelons-nousdépassant d’une burqa, le jour où je pourrai bronzer en monokini sur les plages d’Agadir, le jour où une église se construira à Kaboul, alors là oui j’oserai critiquer cette décision suisse de ne plus construire de minarets.

 Sabine  Aussenac. Professeur d’ allemand

(Publié avec l’autorisation de Riposte laïque)

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Sauver Sakineh de la lapidation !

AFP, 31 juillet : Des militants des droits de l’Homme ont rendu public vendredi à Londres un message attribué à une Iranienne de 43 ans condamnée à la peine de mort par lapidation pour adultère.”Je suis Sakineh Mohammadi-Ashtiani.

 De la prison de Tabriz, je remercie tous ceux qui pensent à moi”, dit-elle dans une courte déclaration  diffusée par le Comité international contre la lapidation et les exécutions.”Souvent la nuit, avant de m’endormir, je me dis +comment peut-on se préparer à me jeter des pierres, viser mon visage et mes mains? Pourquoi? (…). Dites à tout le monde que j’ai peur de mourir. Aidez-moi à rester en vie et à pouvoir serrer mes enfants dans mes bras”, implore-t-elle.Ce message a été transmis par Mme Mohammadi-Ashtiani lors d’un “échange téléphonique”, a indiqué à l’AFP une porte-parole du comité. .Sakineh Mohammadi-Ashtiani a été condamnée le 15 mai 2006 pour avoir eu “une relation illégale” avec deux hommes après la mort de son mari. Elle a reçu 90 coups de fouet, conformément à sa sentence.”Le jour où j’ai été fouettée sous les yeux de mon fils Sajjad, j’ai été dévastée, j’ai perdu toute dignité et mon cœur s’est brisé”, dit-elle.

 Sa famille soutient qu’elle est innocente et qu’elle n’aurait pas bénéficié d’un procès équitable puisqu’elle ne comprenait pas la langue azerie dans laquelle elle a été interrogée. Une vaste campagne internationale a fait reculer Téhéran qui a annoncé la suspension temporaire de sa peine. Mais la condamnée est loin d’être tirée d’affaire. Si la lapidation a été écartée, elle risque encore la pendaison. Le sursis partiel accordé à Sakineh, suite à un appel à la pression internationale lancé par ses enfants, a montré que si nous sommes suffisamment nombreux à nous mobiliser et à dénoncer l’horreur de cette pratique ; nous pouvons lui sauver la vie et obtenir l’arrêt de la peine de mort par lapidation. Signez la pétition  et faites-la suivre : Stopstonningnow.com/sakineMA

 Après des menaces d’emprisonnement émanant des autorités iraniennes, Mohammad Mosstafaei, avocat de Sakineh et spécialiste des droits de l’homme, vient de demander l’asile en Norvège. (Rue 89, le 09/08/2010
Rappelons-nous : La protestation d’une personne isolée est vaine. Il faut le poids du groupe pour qu’elle soit efficace.

Dominique

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Quand je me permets de dire « JE »

 J’ai vraiment beaucoup de chance d’être né dans une famille solide, avec des parents affectueux et exigeants. Ils n’ont pas déçu ma confiance, et ils m’ont accompagné sur la route de mon autonomie. Avec eux, tout était clair, propre. J’ai accepté leurs valeurs, leurs vérités, leur foi. Je savais d’où je venais et vers où j’allais, dans l’effort et l’espérance, avec l’aide d’adultes expérimentés, honnêtes, ouverts et généreux.

Quand je suis né, en 1934, mon père avait quarante ans, ma mère trente sept.  Je suis le troisième et dernier enfant, précédé par deux sœurs. Je garde un souvenir merveilleux de ma grand’mère maternelle, tellement discrète et dévouée, toujours active. Ce précieux capital m’a aidé à affronter les difficultés de mon parcours. Je ne me suis jamais senti dépassé. Une petite voix intérieure me disait « Il est bon pour toi et pour les autres que tu sois là ! »

Vers l’âge de cinq ans, j’ai quitté le cocon familial pour être pris en charge par l’école ‘libre catholique, non mixte. Les enseignants étaient des frères des écoles chrétiennes. En ce temps-là l’église pesait très lourd sur les consciences et les comportements. Son enseignement, dogmatique et indiscutable, se limitait au catéchisme, un petit livre avec les questions – réponses à apprendre par cœur , et les commandements de Dieu et de l’église, seules sources de salut. Dans quel but ?  : « Je n’ai qu’une âme, qu’il faut sauver. » La hantise du péché, la peur de la damnation éternelle, la présence nombreuse du clergé ensoutané   …on n’est pas un bon chrétien si on n’est pas soumis à l’autorité ecclésiastique et si on ne vit pas dans la pureté. Obéissance et non sexualité, voilà, pour un gamin, le chemin du paradis. La pénibilité de l’existence est réelle (en milieu minier il y a souvent des accidents, et la silicose).  « Notre vie ici bas n’est qu’un passage », nous disait-on, et, dans l’au-delà, la récompense nous attend. En 1891 Léon XIII affirme : « Après cette vie, qui n’est pas la vraie vie, enfin nous commençons à vivre. » Comme appel à transformer le monde pour le rendre meilleur, il y a mieux !

Une famille catholique sous guidance cléricale, le petit séminaire, six ans de grand séminaire, dans une chambre monacale, sans journaux, sans radio, sans ouverture sur l’actualité sociale et politique. Courrier contrôlé. Une lecture de l’Histoire où la civilisation occidentale et le christianisme sont sans conteste les meilleurs ferments de progrès civilisateur. Quoi de mieux pour avoir la conscience tranquille ! Pas un mot sur  les guerres du Vietnam et d’Algérie, alors que les séminaristes y participent. Dans un milieu de célibataires masculins, obéissance, pauvreté et chasteté sont imposées d’en haut, sans aucune information. Seul argument, l’autorité :.

Résultat : je suis à 25 ans pieux, formaté, totalement dépourvu d’esprit critique. J’ai reçu une réponse à toutes les questions, même celles que je ne me posais pas.  Il était plutôt mal vu d’être un questionneur. L’idéal, être un suiveur bien cadré, habité par la certitude de posséder la vérité révélée  par le pouvoir sacralisé du clergé.

Avant sa mort, Marcel Légaut, grand spirituel laïc, a déclaré : « Devenu adulte, j’ai  passé le restant de ma vie à me libérer des oripeaux qui restaient accrochés à moi à la suite de mon éducation catholique. » Qui inventera le super karcher nécessaire pour décaper la mauvaise influence d’un catéchisme désincarné,  culpabilisant, branché sur un au-delà à gagner ?

Après mon ordination, je suis nommé surveillant au petit séminaire pour deux grandes salles d’études et deux  dortoirs. Une sortie en groupe l’après-midi du jeudi et du dimanche. J’étais seul, nuit et jour, à longueur de trimestres. . Je n’ai pas compté mes heures.

Ensuite, nommé vicaire d’un ancien village rural, que l’industrie atomique a très vite transformé en petite ville de dix mille habitants. Je suis seul auprès d’un curé âgé en mauvaise santé,  maurassien, ayant pour modèle le saint curé d’Ars. Je n’ai pas une minute à moi. Chaque dimanche, plus de dix baptêmes ! Il est difficile de trouver un peu de temps libre pour lire, réfléchir, se recueillir, préparer une homélie. La lecture du bréviaire, en latin, se fait en courant pour respecter le règlement. C’est l’usine, la bousculade. Tout simplement inhumain ! Chaque jour je suis debout à 6H30 et   couché à minuit. Là, j’ai touché du doigt que je n’étais que la pièce d’un moteur qu’il ne fallait pas arrêter. Fonctionnaire du sacré, continuateur d’un système médiocre qui utilise les autres sans état d’âme pour perdurer. J’ai été ordonné pour  annoncer une société solidaire amorcée par Jésus. J’ai rencontré l’univers ecclésiastique, sacralisé, suffisant, à coté de la vie réelle.

Heureusement mes activités avec les jeunes m’ont offert un ballon d’oxygène. J’avais un diplôme de moniteur de colonie de vacances, puis de responsable de camp, puis de directeur. Je suis arrivé à Nîmes avec les statuts d’une association pour créer un centre de vacances près du Mont Aigoual, à 11OO d’altitude. Un jeune couple s’est lancé avec moi dans l’aventure. Nous avons pu acheter quatre hectares de terrain plat et arboré, à coté d’un village qui nous a reçus avec joie. Pendant sept ans, tous les mois d’été, les vacances de Noël et de Pâques, des camps-chantiers mixtes ont permis de construire un bâtiment fonctionnel  pour accueillir deux groupes de 25 personnes et aménager des espaces pour des campeurs. Là, j’ai vécu épanoui, en travailleur manuel et en éducateur efficace.

Je n’étais pas à l’aise en paroisse. L’évêque de Nîmes a accepté de me laisser partir deux ans pour m’aider à me situer correctement par rapport à mon devenir. Je lui dois un grand merci. Je me retrouve près de Lyon, avec trois prêtres du Prado, dans un milieu ouvrier déchristianisé, sous influence communiste. Je vais suivre des cours à l’université catholique de Lyon : marxisme, dimension politique de la foi chrétienne, signification des sacrements … Je participe aux travaux des camps-chantiers tout l’été.

En octobre je suis à l’université catholique de Lille, à l’EMACAS (Ecole des missionnaires d’action catholique et d’action sociale), avec une centaine de prêtres de 3O à 45 ans. L’année scolaire est centrée sur les textes de Vatican II. L’interrogation fondamentale : comment passer d’un christianisme  de chrétienté à une foi adulte, éduquée, à vivre dans la modernité, dans le monde occidental où Dieu est méconnu ?

Mon esprit critique, enfin, s’épanouit et s’exprime.

Deux ans après, je prends la décision irrévocable d’avoir un travail rémunéré pour enfin devenir un homme libre. Je suis né ce jour là, à 35 ans. J’ai ouvert la porte à un avenir incertain et difficile. Je n’ai pas demandé à mon évêque la permission d’orienter ma vie autrement, hors des statuts cléricaux. Le fait d’être prêtre au travail et susceptible de m’engager syndicalement m’a fermé plusieurs portes, surtout chez les bien pensants pour qui la théologie de la libération correspondait à une contamination marxiste. Pour avoir les mains propres, le mieux est de n’avoir pas de mains, mais une bonne dose de piété sucrée rassurante ou d’indifférence un peu désabusée.

Le groupe « Echanges et Dialogue » a été pour moi et pour 700 à 800 prêtres en France un levain puissant dans une pâte fatiguée.

Nous nous sommes engagés à vivre sur quatre bases :

– l’autorité n’est acceptable que si elle est vraiment libératrice

– chacun doit pouvoir gagner sa vie grâce à un travail salarié

– s’engager librement dans une action collective

– le célibat obligatoire doit disparaître.

Quelques années après, un événement important : la rencontre avec celle qui deviendra mon épouse. Quoi de plus normal pour des gens normaux ?  L’institution a beaucoup plus de tolérance pour les clercs coupables de pédophilie et même pour ceux qui ont une ‘double vie’ que pour ceux qui ont la loyauté et le courage de vivre un amour respectable au grand jour.

Merci à ceux qui, aujourd’hui, me disent : « Il est bon pour toi et pour nous que tu sois là. Nous t’acceptons avec les choix qui, en conscience, sont les tiens. » Vivre en paix et en joie, une conquête de tous les instants. Devenir frère, un labeur incessant. Transgresser. Choisir de vivre intensément chaque instant de la vie qui nous est donnée gratuitement.
Max

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 Extrait de “Adieu l’Eglise, Chemin d’un prêtre-ouvrier” de Jacques MEURICE.

“Dans l’église, à celui qui conteste, on objectera facilement que,  finalement, il y a l’obéissance, la soumission ” au nom de la foi” qui doit lui servir de règle et de mesure.

Ce qu’on voit beaucoup moins, c’est que c’est justement au nom de la foi que la contestation se fait, quand elle est basée sur le Christ et l’Evangile.

C’est la foi du chrétien qui le pousse à dire à son évêque les contradictions qu’il a relevées entre la  vie structurelle de la communauté et le message du Christ.

C’est la foi qui le pousse à s’engager dans le monde au service de ses frères.

Si ce n’était  pas la foi, il enfilerait ses pantoufles et ne se poserait plus de problèmes !”

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ASSEMBLEE GENERALE DE PLEIN JOUR

19 juin 2010 Paris

L’A. G. de Plein Jour s’est tenue au siège de la Fédération, le samedi 19 juin. A l’unanimité Dominique a été réélue présidente, ainsi que Jean, Vice-président. L’association qui a dû cesser ses activités pendant cinq ans, est en pleine renaissance: 160 adhérents, presqu’une trentaine de présents et 60 pouvoirs. L’innovation, c’est la présence des prêtres mariés auprès des compagnes clandestines et leur collaboration fraternelle. En dehors de PIEM invité sympathisant plein d’humour, l’association suisse des femmes touchées par le célibat des prêtres, ZOEFRA, apportait son vécu et son soutien.

L’A . G. de Plein Jour n’a aucun équivalent dans les associations de la Fédé[1].  Il s’agissait d’abord d’une journée de témoignages dans une « communauté » qui a toujours privilégié le dialogue, l’écoute; quelquefois même au domicile des adhérentes. Dominique accueille souvent des sœurs en détresse, en interrogation sur le sens de leur vie et aussi quelquefois des couples clandestins. Les appels se font par téléphone ou par l’intermédiaire du site http://plein.jour.free.fr ,voire du forum : http://pouvoiraimer.space-forums.com/aimer-un-pretre-t3html.
Des mises en relations entre des adhérentes proches géographiquement ont été proposées.

Interdire d’aimer fait beaucoup souffrir. Ainsi, les couples mariés, par delà le bonheur d’avoir franchi le rubicond, ne cachaient pas les obstacles et les difficultés qu’ils doivent encore surmonter (obligation de changer de région, refus d’un mariage religieux voire du baptême des enfants, questionnement psychologique…) Qui a dit que l’Eglise catholique vivait son Moyen-âge ?

Pour les autres, les difficultés sont démultipliées, quel que soit le cas de figure : fuite éventuelle du prêtre devant

Les conséquences d’un choix qui remet en cause ses engagements, harcèlement des autorités religieuses qui envoient des croyants au domicile de la femme pour la culpabiliser et l’inciter à rompre, voire à quitter la région bien  entendu dans l’intérêt du prêtre), vie amoureuse clandestine et donc sans perspective d’enfants. Même celles qui semblent avoir bien vécu ce parcours semé d’embûches ont pris des claques. Certaines témoignent au bord des larmes. Les plus jeunes pourtant paraissent moins enclines à tout sacrifier pour sauver une relation que l’Eglise continue de vouloir au mieux ignorer, au pire vouer aux gémonies, en exigeant sacrifice de soi et renoncement à l’amour partagé.

Il m’a semblé que leur combat s’inscrivait aussi, sans qu’elles l’évoquent, dans la perspective des luttes féministes d’abord contre cette société de clercs où les femmes ne sont pas admises, mais aussi contre l’égoïsme des hommes. Les prêtres, même amoureux, ne font pas exception.

Bien entendu, je me suis fait « tout petit » intervenant seulement pour dire la joie de partager ce moment avec eux au nom de la fédé et les remercier de leur accueil. J’ai souligné combien nous les soutenions dans leur combat contre le célibat obligatoire des prêtres et dans leur volonté de relever la tête face à la hiérarchie catholique, dont la misogynie remonte loin, mais devient intolérable aujourd’hui. J’ai souhaité qu’elles se fassent

entendre davantage  dans la revue, demandant à Dominique un court article ou des témoignages.  Je leur ai rappelé notre rassemblement de Lyon où un stand leur est réservé,.

En conclusion, des moments particulièrement forts, au cœur de la vraie vie. J’en suis ressorti un peu « secoué » par l’évidence d’une institution religieuse qui torture moralement, et brise des destins, au nom d’une loi inhumaine.

En tout cas, nos sœurs de « Plein Jour » ont non seulement à prendre toute leur place dans le Parvis, mais ce qu’elles nous disent nous interpelle dans nos engagements militants et nous donne des clefs pour comprendre notre société. Elles nous incitent à faire un peu moins dans le théorique et un peu plus dans l’écoute du vécu de nos contemporains.

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Michel, représentant la Fédération des Réseaux des Parvis, y participait

En qualité d’administrateur de la Fédération des Réseaux du Parvis dont Plein Jour fait partie, notre ami Michel nous a livré son ressenti.

Non seulement il a eu l’amabilité de nous accompagner pendant toute cette journée, mais il a manifesté un réel intérêt pour notre problématique Nous l’en remercions.

Merci également à Gabriella et Richard qui se sont déplacés de Suisse. Leur itinéraire peu banal, et leur façon de faire fonctionner Zofra, l’association des compagnes de prêtres, ont captivé notre attention.

Un des sommets de la Rencontre me semble être la présentation de ce couple clandestin par lui-même.

« Je suis un prêtre heureux », nous a dit Gilles avec un sourire convaincant. « Mon activité dans l’Eglise me passionne – et j’aime une femme. J’essaie de la rendre heureuse malgré les contraintes. Mais je ne vois aucune contradiction entre mes deux engagements :vis à vis de l’institution et envers ma femme. Sans elle, je ne serais pas ce que je suis. »

Merci à ce jeune couple d’avoir eu la volonté de nous rejoindre, et le courage de se dévoiler. Leur authenticité a suscité un élan spontané des compagnes en demande de prolonger le contact avec eux. Puisse leur détermination devenir contagieuse  et créer un courant contestataire contre cette loi du célibat ecclésiastique imposé.

Grâce au climat de confiance bien réelle entre les personnes présentes, ce fut une belle journée.

Merci à tous d’y avoir participé !

Dominique

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Une aide psychologique est-elle souhaitable parfois ?

 

La question a été posée lors de notre rencontre du 19 juin à Paris. Un psychologue tenant cabinet en région parisienne nous a sollicités pour apporter son aide à des compagnes en situation difficile. Malgré sons insistance, nous avons refusé sa présence lors de cette rencontre de manière à lui conserver son caractère de confidentialité. Compte tenu de l’ expérience de cet homme, nous pourrions en cas de demande, indiquer ses coordonnées ; libre à chacun de le rencontrer de son plein gré. Pour nous il n’a jamais été question d’attacher un psychologue à Plein Jour.

Mais la question a été élargie : avons-nous besoin d’une aide psychologique ?
L’amour n’est pas une maladie, que je sache, malgré ce qu’en affirme la chanson qui ajoute d’ailleurs :”Le médecin ne peut pas la guérir !”

Certaines situations au moins les plus complexes appellent un regard, une parole d’une tierce personne. Nul n’est jamais bon juge de ses propres pensées. Le seul fait de parler à quelqu’un, de faire l’effort de se dire, d’analyser ses sentiments et ses intentions représente un effort considérable pour sortir de son propre enfermement et tout le monde n’en a pas les moyens, surtout en période de forte tension. Toutefois soyons clairs. Il n’est pas question de faire confiance à n’importe quelle personne qui pourrait s’improviser “thérapeute”, y compris avec une plaque sur sa porte !Mieux vaut se renseigner auprès de relations. Le métier demande des années d’études et d’expérience clinique

L’aide psychologique peut venir d’un professionnel mais aussi d’un ami dont la compétence et la sensibilité à ces problèmes offriront l’occasion de s’exprimer comme face à un miroir, et aussi le regard et l’interrogation d’un tiers distant de la situation vécue.
Le professionnel ou l’ami, surtout s’il n’a pas un lien contraignant avec l’Institution église passera plus facilement outre aux interdits religieux. Dans sa démarche il n’aura pas l’esprit obscurci par le respect ou la transgression d’un tabou. Il  pourra permettre de dépasser tous les blocages consécutifs aux sentiments religieux personnels. Sa préoccupation sera d’aider à faire le point, à mettre à jour les situations, à les clarifier, ou à faire apparaître la perspective d’un projet partagé. En effet sans projet partagé, le risque d’illusion est grand.

Il n’est pas rare qu’une personne aille consulter un médecin psychiatre pour éclairer une situation complexe et comprendre le comportement de son conjoint. Un de mes amis, prêtre marié, m’a fait part d’une expérience semblable. Une tension inopinée avait surgi dans son couple et le mettait en danger. Pour élucider la cause d’un rejet aussi subit, et en vue d’ adapter son propre comportement face à ce mal être, il avait eu recours à un spécialiste. Ainsi fut évité le drame de la séparation. C’est bien dans ce sens que nous pensions à une possibilité de consultation..

Si vous jugez votre expérience utile sur cette question, pourquoi ne pas en faire part à Plein jour ?

Ne négligeons pas les possibilités de partage.
PJ est fait pour cela.
Jean

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Extrait du Courrier des lecteurs
Après l’AG de Paris du 19 juin 2010

 Comme l’an dernier, je suis revenu enthousiasmé de notre rencontre du 19 Juin, toute simple et vécue dans une ambiance amicale bien vivante.

Je passe sur les témoignages toujours très émouvants, les interventions de tel ou tel … pour, après réflexion, donner mon point de vue sur le débat de l’après-midi portant sur l’utilité ou non d’un psychothérapeute au sein de l’Association. Ce fut très intéressant, très riche et très ouvert. Mon propos n’est donc pas d’en faire un résumé. Mais je voudrais lier ce débat à  l’intervention d’une participante dont j’ai oublié le prénom et qui s’exprima à la reprise du tour de table. Je voudrais lui dire de façon amicale que j’ai été un peu surpris et gêné qu’elle se présente d’emblée comme « thérapeute ». Et peut-être que je me trompe et que je fabule mais j’ai ressenti sa déclaration comme une offre de service à une clientèle potentielle représentée par des Membres de l’Association souvent en souffrance. Dans la situation amoureuse parfois compliquée dans laquelle ils se trouvent, ils ont besoin d’abord et avant tout :d’une écoute amicale et sans jugement,de dialogue, du soutien et de l’expérience de tous ceux qui vivent et ont vécu cette situation et qui ont fait le passage : c’est le premier but de l’association. Le second étant de dénoncer cette règle du célibat ecclésiastique sans fondement scripturaire, imposée de façon autoritaire, dans le non-respect des personnes. Certes, il est vrai que parfois pour démêler des problèmes plus complexes antérieurs à la rencontre amoureuse qu’ils parasitent, il y ait besoin de l’aide de professionnels. tant pour la femme que pour le prêtre Et il est peut-être bon alors de se tourner vers quelqu’un possédant une compétence reconnue et certifiée dans le domaine de la psychologie. Mais à mon avis un tel psychothérapeute doit exercer à l’extérieur de l’Association et ne pas en être membre. Cela serait néfaste, tant pour l’Association dont la démarche n’est pas d’abord psycho thérapeutique que pour tel ou tel Membre de l’Association dont la démarche n’est pas non plus de cet ordre.
Le débat est ouvert. A chacun de s’exprimer.

Guy.-

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Courrier des lecteurs

 Merci Dominique pour ton envoi de Plein Jour Les témoignages sont bouleversants de vérité.

Chaque témoignage de vie (Anna, Alice, Angèle, Jean1 et Jean2, Vincent… et les autres) est un appel déchirant, une bouteille à la mer, un cri anti-institutionnel, une dénonciation de l’hypocrisie de l’obligation d’une loi anti-humaine, une étoile dans le ciel, un rêve, une souffrance, une croix, un Golgotha, une résurrection, une victoire, une révolte, une déchirure, un combat, une rupture, une délivrance, une souffrance, un bout de tunnel enfin aperçu, une libération, un épanouissement, une liberté enfin retrouvée, une surprise, un choc, une brisure, une découverte, une sortie de l’enfermement de la conscience, la délivrance de chaînes castratrices, l’amour enfin aimé et délivré du péché inhibiteur, la fin de l’idéologie du sacrifice, fini le harcèlement de la faute et du mensonge, terminée la peur de l’infidélité à une promesse arrachée, c’est enfin le bonheur d’aimer et d’être aimé, avec hélas, selon la situation, le regret de n’avoir pu donner la vie, parce que trop tard, mais pour d’autres, la joie de pouvoir la donner, c’est aussi et encore la disparition du sentiment culpabilisant d’avoir aimé un prêtre, c’est l’immense joie d’être surpris par l’amour, même au plus tard d’une vie, ce sera toujours la certitude évangélique que l’amour du prêtre est compatible avec l’amour d’une femme, et que cela n’empêchera jamais l’annonce de la Bonne Nouvelle comme cela s’est pratiqué jusqu’au 2ème concile de Latran (1139).

Comme dit Anna : « vous m’avez sauvée par vos témoignages. Je n’ai plus honte d’avoir aimé un prêtre ». Anna est à présent une femme libre parce que la vérité a libéré sa PEUR !

En ce qui me concerne, il m’a fallu attendre  l’âge de 36 ans pour enfin sortir de l’enfer-mement ! Ma conscience jusqu’alors sou-mise à la torture psychologique d’un système contraire à l’un des droits les plus fondamentaux de l’homme, allait connaître :  Genèse, 2 Verset 18 : « Yahvé Dieu dit : « il n’est pas bon que l’homme soit seul ; je veux lui faire une compagne semblable à lui. »

Après ces 31 ans d’emprisonnement affectif, j’ai vécu, après la mort de ma mère, 15 ans de bonheur merveilleux avec Janine, décédée il y a quatre mois ! La blessure n’est pas encore cicatrisée !

Ce fut un amour au « grand jour » protégé des flèches empoisonnées de la hiérarchie qui n’a pu trouver la faille, par une communauté qui savait ! Je pense que c’est très rare mais ça existe. Je l’ai vécu, je peux en témoigner !

Nous nous sommes tant aimés que le lien qui m’unit à elle est plus que jamais toujours vivant, de la vie même de l’amour de Dieu, d’une manière unique et différente, certes, mais dont la source est celle-là même qui nous unit les uns aux autres.

 A la retraite, dégagé des affaires administratives cléricales, prêtre auxiliaire, je vis toujours aussi fortement ce lien transformé à l’image du Christ ressuscité !

Peut-être toi aussi, Dominique, fais-tu cette extraordinaire expérience de la foi et de l’espérance vécues au travers des rencontres humaines, dans l’amour de la présence absente enracinée dans ton coeur « d’épouse » selon le sens profond de la Bible, de celui avec qui tu as partagé « ta vie » !

Paul

 « J’ai écouté dimanche à 9 heures sur France Inter la retransmission de l’ émission Interception. Que de souffrances révélées ! Bravo pour votre courage à tous !

L’Eglise explose, et c’est bien ainsi. Il est grand temps de dépoussiérer le Vatican et de se rendre à l’évidence que les discours d’endormissement destinés au grand public n’impressionnent plus personne. Le moment n’est-il pas venu pour les hauts dignitaires de l’Eglise de prendre conscience que le bateau coule, et qu’il ne sert à rien de se retrancher derrière un intégrisme désuet, par peur du changement. Les Catholiques ne représentent plus que 17% des habitants de la planète. Ce n’est pas une « jacasserie » pour reprendre l’expression du Pape. C’est une réalité à laquelle il va être obligé de se soumettre. Le prêtre est un homme comme les autres. Il a besoin d’aimer et d’être aimé. Il combat l’hypocrisie pour une juste moralité humaine.

En avant pour une Eglise plus représentative de l’Evangile ! »

.Jacqueline

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Hospitalité bretonne
Une proposition bien sympathique !

 Une idée a germé dans ma tête. Avec mon petit homme, nous pouvons mettre chez nous pour quelques jours,, une chambre à la disposition d’un prêtre, d’une femme de prêtre ou d’un couple clandestin.( sauf la semaine entre Noël et le nouvel an, où mon petit frère André, prêtre, vient se ressourcer depuis des années.)

Les voisins savent que je fais partie d’une famille nombreuse et sont habitués à voir des personnes défiler… Donc, pas de problème d’indiscrétion. Même si nous sommes présents, nous comprendrons très bien si nos futurs amis veulent s(isoler ou échanger.

Nous pouvons aussi mettre à disposition une villa au bord de la mer sur la côte picarde, entre avril et octobre, sauf à priori juillet ; et une partie du mois d’août. Ce serait non loin du Touquet, à quend Plage les Pins (80)

Si cela peut intéresser, j’en serais très heureuse. J’aime bien quand cela peut servir.

Alice

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Au Théâtre, Nous avons vu : « Femme de prêtre ? »
au Festival Off d’Avignon. 

Trois personnages :

Madeleine, la cinquantaine, vêtements ternes, cheveux sans apprêt, pas de maquillage, un peu « bonne soeur » Chloé, trente ans, haute en couleurs, éclate de jeunesse et de vitalité. C’est elle, le pivot de la pièce.

Mathieu, le prêtre de la paroisse, d’allure jeune, esprit ouvert, contestataire face à l’injustice.

Trois histoires qui se chevauchent, plombées par le secret et la culpabilité. Vies clandestines contraintes au mensonge.

L’ami de Chloé lui a caché sa véritable identité. Elle ne l’a découverte qu’en le traquant jusque chez lui.

Madeleine et Mathieu camouflent leur amour.

Chloé s’accuse en confession d’aimer un homme. Réaction saine de Mathieu « Tu as rencontré un homme, tu l’aimes, il t’aime, vous êtes ensemble depuis une année… Tu te sens coupable de quoi ?

– Il est prêtre. » silence consterné !

Le compagnon de Cloé a proposé de cesser la relation. Elle a refusé. Les petits bonheurs arrachés en cachette, les culpabilisent à outrance. Cependant, elle ne lui a jamais demandé de quitter sa fonction. « Je crois que son ministère c’est aussi important que moi. Ça n’aurait aucun sens de lui demander de choisir. »

Le secret éventé aboutit à une dénonciation. L’Eglise réagit d’une manière brutale par la lettre de l’évêque à Chloé.

« Nous avons donc résolu de retirer ce prêtre de son lieu d’église et de le protéger de tout contact avec vous. Inutile de lui écrire, de lui téléphoner, ou de lui envoyer des courriers. Il ne répondra pas. »

Révolte de Mathieu « Non mais je rêve ! Ce n’est pas l’église ça, c’est le KGB, la maffia !…Voilà vingt siècles que les monastères servent à planquer des gens. L’église a une pratique séculaire du secret. »

L’ami de Chloé a-t-il consenti à cette séparation ? Loin d’être dupe, elle accuse le conditionnement des jeunessprêtres.

« Une formation béton au séminaire catho, ça tient plus longtemps qu’une marque au fer rouge. »

C’est encore Chloé qui met le doigt là où ça fait mal. Après avoir avoué à Madeleine qu’elle est enceinte, elle la bombarde de questions. « Tu as eu des enfants, toi ? » -«  Non. » Réticente,  Madeleine reconnait qu’elle a renoncé à être mère.

Scène percutante par la brièveté des répliques de Madeleine. Ecrasée par le poids du refoulement, elle ne laisse échapper que des monosyllabes lourdes de souffrance retenue.

Véhémente, Chloé crie sa révolte devant cette vie de femme volontairement immolée. « Tu trouves normal que tout le monde te prenne comme la « bonne du curé » ?…Dans tous les groupes paroissiaux, personne ne te demande ton avis, parce que c’est bien connu, une « bonne » ne pense pas… Tu te rends compte que ça fait vingt ans que tu te sacrifies ? La réponse de Madeleine est celle d’une personne pour qui l’amour est un absolu : le bonheur de l’autre avant tout ! Mais Chloé, implacable, assène un nouveau coup « N’empêche que le silence que Mathieu t’impose, c’est la forme la plus perverse du harcèlement. Et s’il t’aimait véritablement, il assumerait ses choix. »

Ebranlée par ces paroles décapantes, Madeleine s’absente du presbytère pour un mois de réflexion.. Mathieu réalise alors quelle place elle tient dans sa vie et le renoncement qu’il lui a imposé durant toutes ces années.

Affronté à la solitude, il déprime. « Revenir d’une visite et n’avoir que tes murs et concrucifix à qui parler… je ne sais pas comment tu fais… Moi je trouve ça inhumain. ». La tentation de l’alcool s’impose à lui.

Madeleine revient pour annoncer son départ définitif. Secoué par la nouvelle, Mathieu lui déclare son amour., « Je ne te retiens pas parce que je t’aime, Madeleine. Je t’aime tellement que je préfère te voir heureuse avec un autre que malheureuse avec moi. Même si je dois en crever de tristesse et de jalousie. » Ils se réconcilient. Mais le pire est à venir. Tandis qu’ils s’embrassent, le téléphone sonne. Sur le répondeur, on entend un mot de Cloé « Je n’ai pas trouvé de solution véritable pour mon bébé et son absence de père. Alors, j’ai avorté la semane dernière. C’était une fille. » Cet avis mortuaire termine la pièce de façon abrupte. Un choc en plein coeur ! La tension dramatique est extrême. D’une part, le bonheur d’un couple qui s’aime.

De l’autre, une jeune femme acculée à donner la mort à son enfant. On ne pouvait mieus démontrer le désastre causé par un interdit cruel.

Je suis sortie totalement bouleversée de cette représentation. J’ai attendu Jean Collet, l’auteur de la pièce pour le féliciter.

« Comment avez-vous pu restituer notre vécu de compagnes clandestines de façon aussi juste et précise ? » Il m’a répondu :

Je me suis inspiré des témoignages trouvés sur le site de Plein Jour. »

Nous remercions la troupe Paradoxe, auteur et acteurs, d’avoir mis tout leur art pour présenter ce problème douloureux.

Nous vous souhaitons plein succès en Suisse et peut-être aussi en France.

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Biblio. ’Héloïse Bis

« Ce livre est d’abord et avant tout, une longue lettre  d’amour à l’homme que j’aime » dit l’auteur en préface. Elle y interroge le professeur de théologie qui l’a abandonné », elle et leurs trois enfants pour « choisir Dieu ».
« Dieu saura entendre la pureté de ta recherche, quand bien même elle ne serait éventuellement pas conforme à sa demande. Car enfin, est-ce que s’arc-bouter sur ses vœux, sur son ordination, après dix-sept ans d’amour et de fidélité à une femme, ne constitue pas une sorte de déni de la vérité, du passé ? »

Le ton de cette correspondance reste celui d’une immense tendresse, mais les questions posées sont directes et incisives. Ce sont aussi celles qui tourmentent les compagnes de prêtres condamnées à vivre dans l’ombre, ou pire, dans le rejet.

Ces lettres se dévorent… Amour brûlant resté fidèle malgré la trahison et le refus total de communiquer.

Dominique.

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le Conte de Denis / HISTOIRE DE BRAHIM : M A G I C  –   B O X

    L’histoire de Brahim n’est pas commune ; si elle l’était, je ne vous la raconterais pas !
Brahim vivait dans un petit village de Kabylie, perché dans la montagne. On y accédait par un chemin caillouteux qui se tordait au gré de sa fantaisie. Caché par une forêt de cèdres, on ne le découvrait qu’au détour du dernier virage. Blancs et ocres les cubes des maisons faisaient comme des petits dés qu’on aurait semés au hasard sur une plage de sable jaune. Les figuiers de barbarie piquaient le paysage de touffes vertes et par ci, par là, quelques arbres donnaient, avec parcimonie, des fruits rafraîchissants. Des chèvres en liberté, cherchaient entre les rochers l’herbe sèche si parfumée et les épineux aux  fruits acides qui donnaient si bon goût à leur chair.
Devant la maison de Brahim, un bosquet d’amandiers ajoutait une touche lumineuse sur le fond ocre rouge des murs. Le monde s’arrêtait aux cimes voisines et sa rumeur, colportée par des chameliers en route vers le Sud arrivait jusqu’ici, enjolivée par le talent de conteur de ces grands voyageurs de l’espace.
Brahim les écoutait en silence, imaginant des mondes féeriques qui ne s’arrêtaient qu’à la porte du ciel. Les grands déserts, où l’oasis surgit comme une récompense, l’avaient fait rêver, mais les récits qu’un petit bonhomme lui avait rapportés d’un pays fabuleux avaient transformé sa vie. Le soir après sa journée de travail dans les champs où la terre était plus rare que les cailloux, il regardait vers le nord, là derrière les cèdres, juste après la ligne bleue des sommets, quand les étoiles s’allumaient, il croyait que des hommes vivaient dans d’immenses cités, peut être cinq ou même dix fois plus grandes que son village, cette dimension lui semblait déjà phénoménale. Les avions qui traînaient derrière eux des écharpes blanches jusqu’à l’horizon apportaient, dans le ciel la preuve que les histoires du petit bonhomme étaient vraies.
– A quoi penses-tu, lui demanda son père ?
– Je songe, mon père, à ces pays fantastiques où les hommes se déplacent si rapidement qu’ils vont plus vite que le vent, où les maisons sont si hautes qu’elles grattent le ciel, où des bateaux blancs sont si grands qu’ils se jouent des vagues, où les gens voyagent à toute vitesse, dans des caravanes de fer sous la terre. On y trouve aussi toutes les nourritures et tous les fruits du monde qui s’étalent en quantité inépuisable dans de gigantesques maisons de verre,
Je songe, mon père, à ces pays où tous les hommes sont frères  et où l’argent coule à flot, même dans la poche de ceux qui ne font rien.
– Ne crois pas mon fils, à toutes ces histoires. Elles ne sont que des mirages, comme ceux qui troublent l’esprit des voyageurs dans le désert.
– Comment le savoir, je ferai un jour le voyage, à la découverte d’une certitude. Ce jour là, mon père, je vous demanderai votre bénédiction.
– Comme l’oiseau qu’on ne peut tenir captif, je sais que tu partiras, mais je crains que tu ne découvres, ce que tu ne sais pas.
– Qu’est-ce donc ?
– Qu’ici, tu vivais heureux. Je me souviens d’une chanson française que j’ai entendue dans un café d’El Boulaïda. La poésie disait ;
«  Au pied de mon arbre, je vivais heureux,
je n’aurais jamais dû le quitter des yeux »
Souviens-toi de cette chanson quand tu auras perdu tes illusions.
Mon père radote, se dit Brahim, il n’a jamais dépassé El Boulaïda, il n’est même jamais allé jusqu’à Alger. Que sait-il de ces pays enchanteurs, serait-il jaloux de ma jeunesse qui me donne l’audace qu’il a perdue ?
Un matin Brahim est parti dans le camion d’un colporteur. Les pleurs de sa mère ne l’ont pas retenu et son père après lui avoir tendrement mis la main sur l’épaule, lui a simplement dit :
– Va.
Puis il s’est retourné pour ne pas le voir partir et pour cacher ses larmes qu’un homme comme lui ne pouvait montrer.

Assis sur un banc du jardin des Buttes Chaumont, il se souvenait de l’année d’errance qu’il venait de vivre :
-La peur sur le bateau surchargé, la femme morte, immergée en pleine mer, son enfant terrorisé dont personne ne voulait, le débarquement un matin gris sur une plage d’Italie ; la fuite et encore la fuite, et enfin son arrivée dans cette ville si grande qu’il n’en imaginait pas la fin.
Brahim se souvenait de la chanson de son père, mais retourner au pied de son arbre n’était plus possible. A Paris, si la vie était dure et incertaine, c’était une bataille recommencée, chaque jour qui portait en elle l’espoir.
Il regardait, avec étonnement, cette foule agitée qui courait en tous sens vers un but qu’il ne comprenait pas. Des hommes, et même des enfants tenaient près de l’oreille une petite boîte noire qui devait leur raconter des histoires dont ils riaient parfois.
– «Allo t’es où? » répété sans cesse devait servir de mot de passe, pour accéder à cette magie. Certains parlaient tout seul avec force, sans doute pour que tout le monde profite de leur histoire.
Assis, près de lui un africain pianotait sur un clavier portable qui semblait le passionner, étonné, Brahim lui demanda :
– Bonjour, mon frère, je m’appelle Brahim, je viens de Kabylie, et toi ?
– Khalid, j’habitais près d’Arak, dans le sud, aux portes du Hoggar.
– Des caravaniers m’ont parlé de ton pays, ils disent que les montagnes sont hantées et que la nuit on entend la plainte de ceux qui sont morts de soif pour avoir perdu leur route. Ils disent aussi, que la magie de cette montagne rouge attire l’imprudent qui se laisse séduire par la mélodie qu’on entend venir des gorges profondes entre les rochers et qu’on ne les revoit jamais. Est-ce vrai, dis-moi mon frère ?
Khalid regarda son voisin en souriant et lui dit que la mélodie du Hoggar n’était que la chanson du vent dans les ravins.
– Pourtant, un voyageur m’a dit qu’il avait vu, lui même, gravés dans la roche, des dessins de guerriers qui pourchassaient des animaux fabuleux. Ces dessins seraient l’¦uvre des esprits maléfiques de la montagne.
– Mais non Brahim, ce sont seulement les pères de nos pères qui ont tracé leur histoire dans la pierre. Laisse les esprits en paix dans ta Kabylie, comme dans mon Hoggar.
– Ne dit pas cela Khalid, tu sais bien que les esprits sont partout, n’y en a-t-il pas dans cette étrange machine sur laquelle tu joues avec tes doigts ?
– D’où viens-tu donc Brahim, pour ne pas connaître les portables et leurs secrets ? Avec cette boîte, tu peux parler avec des amis qui sont à l’autre bout du monde, leur envoyer des messages écrit, des S.M.S. auxquels ils répondent aussitôt. Tu peux jouer en créant des personnages de légende. Regarde là-bas, cet enfant qui joue à la guerre des étoiles, il est là depuis si longtemps qu’il a perdu la notion du temps.
– Pourquoi veut-il créer un autre monde, celui où il vit est-il si laid ?
– Le monde de cet enfant ne lui convient pas. Pour s’en évader, il s’en crée un autre à lui, il oublie la monotonie de son existence, l’autorité qu’il refuse, sa médiocrité. Les personnages qu’il dirige dans sa boîte comme des marionnettes, sont en son pouvoir. Maître d’un monde dans lequel il choisit la musique, l’amour ou la violence, l’enfant devient un dieu.
– Celui-là, n’est-il pas heureux qu’il ait besoin d’être un dieu ?
– Il l’est sans doute, mais il ne le sait pas. Le bonheur est comme l’argent, on en veut toujours plus. Cette boîte a été inventée pour ceux qui ne savent pas que le bonheur est à leurs pieds.
Si tes amis ou tes parents avaient aussi un portable, tu pourrais leur parler directement.
– Pour leur dire que je dors dans un taudis, que je ne mange pas chaque jour à ma faim, qu’employé clandestin dans le bâtiment, je travaille de l’aube au crépuscule pour quelques pièces ! Pourquoi voudrais-tu que je leur porte ces nouvelles, alors qu’ils croient que je suis heureux ? Les mirages Khalid, sont dans le désert, mais ici, la réalité est à chaque coin de rue, je vois mes coreligionnaires, ils ont perdu leurs illusions en même temps que la faculté de rire.
Je t’ai regardé à la dérobée pendant que tu jouais avec ton appareil, tu paraissais presque heureux. Parfois tu souriais, quelle est la magie de cette boîte ; dis-moi Khalid.
Je pleure mon arbre, mon pays, la richesse et l’amour. Le bonheur est-il dans cette boîte pour moi aussi ?
– Comme le cannabis, le haschisch, le kif, ou le bétel cette boîte est pour ceux qui ayant tout, désirent l’inaccessible. Même si c’est un bonheur trompeur, Brahim, le bonheur est dans cette boîte.
Regarde, je vais t’apprendre.
Khalid fit défiler devant lui des images de toutes les couleurs et des mondes si merveilleux, qu’ils étaient encore plus beaux que ceux qu’il avait imaginés.
– Prends cette boîte, je te la donne, mets ce casque sur tes oreilles, tu entendras de la musique, des contes, des histoires d’amour et des légendes inconnus. Tu conduiras des bolides, des avions et des bateaux, sans risque. Tu seras le maître d’un jeu sans cesse renouvelé. Joue, Brahim, tu as le bonheur au bout des doigts.
Brahim jouait, jouait encore quand la nuit tomba sur le jardin. Son ami avait disparu, autour de lui les bruits s’estompaient avalés par un voile qui dissolvait le paysage, Paris  s’en allait sur un océan de brume. Seul, il était seul voguant vers un infini électronique, vers un bonheur narcotique.

– Le matin, le gardien du square découvrit la boîte posée sur un banc. Sur le rectangle lumineux, il vit Brahim, un tout petit Brahim qui s’en allait, qui s’en allait, qui s’en allait , qui s’en allait, qui s’en allait, qui s’en allait… avalé par la boîte.

Denis BERMOND le 27 Avril 2010

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