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Plein Jour n°3 de Décembre 2008

SOMMAIRE

PJ Site Image Bulletin généraleEdito

 Voeux 2009

Message de Jacques GAILLOT pour la Rencontre du 18 octobre

Echos Rencontre PJ à Lourmarin

Une amitié… avec un petit plus

J’ai été la maîtresse d’un prêtre…

Un prêtre marié écrit à son archevêque

Enquête :Vos réponses à nos questions

Les Sdoufs au Festival d’Avignon 2008

Myriam Sdf : J’ai appris…

Humour : Aux Archives du Vatican : Chasteté ou Charité ?

  

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PLEIN JOUR Bulletin N° 3 décembre 2008

Personne ne naît avant qu’un autre lui dise : “Je t’aime”.
Nul ne survit au manque d’amour.
Il donne l’existence et sauve. »  ( Michel Serres )

            Dans ces quelques pages, le seul fil conducteur : l’Amour sous toutes ses formes.
D’abord, le double appel de Jacques Gaillot à être solidaire et à devenir pleinement humain. En effet,
on ne peut pas aimer les autres, si on ne s’aime pas soi-même.
Puis, la revendication à la liberté d’aimer une femme, dans la lettre d’un prêtre marié à son évêque.
Nous n’échappons pas aux caricatures de l’amour possessif, dans « Une amitié avec un petit plus » et «  j’ai été la maîtresse de… »
Enfin, c’est un formidable amour de la vie qui propulse Myriam et ses amis du statut de SDF à celui de comédiens. Combien bouleversant le cri de victoire de Myriam : « J’ai appris à oser être ! »

                                   Joyeux Noël à tous !
Un seul vœu qui englobe tous les autres : Priorité à l’Amour au cœur de nos vies !
Dominique

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Meilleurs vœux de bonheur à tous pour 2009 !

 Mais, qu’est-ce que le bonheur ?

Est-ce un paquet cadeau tombé au hasard de la hotte du Père Noël ?

A quel signe reconnaît-on le bonheur ?

« C’est le fait d’avoir un cœur comblé », dit un de mes amis.

« C’est à dire ne pas vivre avec la rancune, la violence, la jalousie, le remords,

Mais avec un cœur qui aime. »

Le bonheur est donc le fruit de l’amour.

Cette petite graine enfouie au cœur de chacun,

qui attend nos soins pour s’épanouir.

L’amour, c’est le désir de rendre l’autre heureux.

C’est d’abord le regard qu’on porte sur lui.

« On ne voit bien qu’avec les yeux du cœur. »

C’est faire l’effort de découvrir tout le positif qu’il porte en lui.

Et l’aider à le réaliser.

En somme, le bonheur est à portée de la main, au quotidien.

Il dépend de nous que nous soyons chacun, chacune,

Des EVEILLEURS de BONHEUR

 

                                  Dominique, Mireille, Gilberte  et Jean
l’équipe de Plein Jour

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Message de Jacques   Gaillot

aux participants à la rencontre du 18 octobre 2008

Bienvenue à vous, mes amis, pour cette première journée de rencontre de « Plein Jour ».

Merci à Dominique d’ouvrir sa maison et d’offrir un espace de liberté à vos échanges.

Merci à mes frères prêtres mariés d’être là.

Merci à vous de partager avec confiance et simplicité, des expériences fortes où l’amour humain, si souvent contrarié, génère tant de souffrances et de blessures !

Je me réjouis que vous puissiez compter les uns sur les autres.

Chacun, chacune n’existe que par les autres.

Vous le savez, quand on porte ensemble des situations difficiles, l’horizon s’éclaire, la route paraît dégagée, et la confiance revient.

On a chacun, chacune, la capacité de se transformer. La capacité de devenir quelqu’un, de faire des projets. C’est prodigieux ! Vous êtes en charge de votre avenir.

Que vos échanges vous fassent grandir en humanité. Je pense à la parole de l’écrivain anglais Georges Orwell : « L’important, ce n’est pas de vivre, moins encore de réussir, c’est de rester humain. »

Belle journée. Bon soleil. Bon chemin. Bonne lutte..

Amicalement »

Jacques Gaillot
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RENCONTRE du 18 octobre 2008 : Echos !


 La journée entière a été animée par un esprit de véritable amitié.
Nous nous sommes retrouvés tous, à 10 heures dans une salle de la bibliothèque municipale e Lourmarin (Vaucluse). Vingt-deux personnes, dont la moitié en prêtres mariés-compagnes, et l’autre en sympathisants.
D’abord, lecture du message de Jacques Gaillot ci-dessus). Nous le  remercions vivement de sa bienveillance.

Ensuite, présentation de chacun par lui-même.  Une compagne en grande difficulté  s’exprime avec vivacité, et monopolise la parole. Impuissante, je reste silencieuse. Peut-on arrêter une vague déferlante ?

Alors, une voix, puis une autre, ensuite une troisième, tentent de lui répondre. Ce qui me frappe, c’est le respect de la souffrance exprimée avec agressivité, et la qualité des échanges. Ces gens qui ne se connaissaient pas au départ, ont été soudés par le désir de lui venir en aide, et le souci du parler vrai. Je redoutais qu’un tel témoignage fasse effet de trouble-fête. Au contraire, il s’est  révélé être l’élément fédérateur du groupe. On ne fait jamais assez confiance à la vie !

A midi et demie, nous avons repris les voitures, pour investir le « Cigalon »

Un apéritif dînatoire nous y attendait, préparé de main de maître par des amis d’un dévouement sans bornes. Un soleil radieux, le charme sauvage de mon jardin, le repas arrosé de bon vin, ont créé un climat de vraie détente.

La présence d’une journaliste du magazine « Femmes » n’a en rien troublé notre réflexion, tant elle s’est fait discrète. Mise en commun des deux carrefours sur : l’accompagnement, et sur la communication. A la question : « Seriez-vous favorables à l’entrée des homos dans Plein Jour ? » l’assemblée a répondu positivement. Notre objectif est  de reconnaître tout être humain dans sa souffrance, sans discrimination sexuelle.             Mon souhait d’une rencontre dans le Nord m’a valu d’être gentiment mise en boîte : « Dominique va prendre son petit avion et semer des rencontres un peu partout. »

En conclusion, cette expérience est une réussite grâce à la participation de tous.                                                                                                                                                   Dominique

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 “UNE AMITIE… AVEC UN TOUT PETIT PLUS !

Dix ans après un divorce très douloureux, j’ai éprouvé le besoin de me confier à un prêtre que j’avais connu autrefois dans mon village et qui m’avait toujours écoutée avec considération et aidée de ses conseils. Lors de cette première rencontre, j’ai été surprise par son attitude, ses questions. J’avais devant moi un homme qui cherchait plus à me séduire qu’un prêtre. Il me tutoyait alors que je le vouvoyais. Pour moi, le prêtre était entouré d’une certaine « aura » et cela me semblait impensable d’avoir avec lui la moindre familiarité.

Très vite, notre relation est devenue une relation amoureuse. Je n’ai pas cherché cet amour, mais je l’ai accueilli de tout mon cœur. Ce prêtre connaissait toute ma souffrance suite à un divorce que je n’avais pas voulu. Il connaissait ma solitude (il m’a fait beaucoup parler lors de notre première rencontre). J’ai naïvement pensé que je pouvais lui faire confiance (il avait 59 ans et moi 47ans), qu’il savait ce qu’il faisait .Et puis, j’avais tellement d’amour à donner… Très vite, je me suis rendu compte que le comportement de mon ami était bizarre. Il me téléphonait peu souvent, prétextait de nombreuses obligations pour ne pas venir (nous habitions à quatre-vingts kilomètres l’un de l’autre), et ne se conduisait pas en homme amoureux. Il ne m’a jamais appelée autrement que par mon prénom. Je lui ai écrit souvent pour essayer de lui faire comprendre ce que je ressentais. Mes lettres sont restées sans réponse. Plusieurs fois, lors de nos rencontres, j’ai essayé d’aborder le sujet, mais il s’arrangeait pour détourner la conversation. Je n’ai jamais su ce qu’il pensait du célibat des prêtres et quelles interrogations il avait par rapport à notre relation.

Trois ans après le début de notre histoire, je lui ai écrit une lettre que je lui ai portée.

Je lui disais qu’il me semblait qu’il n’avait pour moi que de la pitié, que je ne pouvais le forcer à m’aimer et que je lui rendais sa liberté. Il n’a pas accepté cette rupture et m’a dit que cela s’arrangerait.

Cette relation existe depuis dix-huit ans maintenant, elle a toujours été très chaotique. Je passe beaucoup de temps à espérer, désespérer, attendre un coup de fil, une visite, un geste, une attention… Lorsque je fais des reproches, mon ami prétend qu’il n’est pas maître de lui, qu’il se doit à un peuple ou bien qu’il ne veut pas faire souffrir, en étant l’ objet d’un scandale pour l’Eglise, ses amis prêtres, sa famille… !

Depuis plus de trois ans, nous n’avons plus de relations sexuelles, à son initiative. Cette décision m’a été annoncée au téléphone. Tant de désinvolture vis-à-vis de moi,et sa difficulté  à aborder cette histoire autrement que des  dérapages « charnels » comme si tout se passait « au-dessous de la ceinture », me peine profondément. Une rencontre d’amour ne se déprogramme pas, pas plus qu’on ne pouvait la programmer.

Quand je l’invite à me dire clairement ce que représente pour lui notre relation, il répond : « une amitié avec un petit plus » ; ou bien d’autres fois, il me dit avoir de l’amitié pour d’autres personnes mais que c’est pas pour cela qu’il les rencontre souvent.

Il accepte des rendez-vous qu’il annule à la dernière minute ou qu’il reporte plusieurs fois sous  prétexte de réunion ou d’amis à voir. Il me reproche ensuite de ne pas bien l’accueillir et de ne pas me montrer assez tendre. En tant que femme, je me sens niée face à un homme qui peut vivre aux antipodes de ce qu’il prêche. Non seulement il ne m’aime pas mais il me torture.

Quelle éducation absurde a pu l’amener à être ainsi incapable de voir dans la femme autre chose qu’un corps pour jouir ou fantasmer. Maintenant qu’il est vieillissant, il « rentre dans le rang ».

Au cours de toutes ces années, j’ai accumulé beaucoup de souffrance et je suis épuisée moralement et physiquement.

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“J’ai été la maîtresse de…”:  écrire ces mots me fait horreur  !

J’avais 19 ans, j’aimais Dieu profondément et voulais le servir. Ce que je faisais avec conviction à travers mes activités dans l’église (scoutisme, nc, chorale, etc …. ) Je passais effectivement beaucoup de temps avec des personnes très engagées, entre autres, des ecclésiastiques. Une de mes meilleures amies de l’époque était “sœur”. On m’a d’ailleurs souvent suggéré de m’engager dans un ordre religieux .. Mais mon désir de liberté et mes convictions théologiques allaient à l’encontre de ce type d’engagement et, au fond de moi, je savais que je désirais être épouse et mère.

Ma personnalité, les circonstances et mes fréquentations du moment, tout était favorable à la triste histoire qui suit:

Je n’ai pas vu venir ….. je ne sais pas encore aujourd’hui comment et pourquoi je n’ai pas su … je n’ai pas pu …. je n’ai pas osé dire NON à un prêtre de 13 ans mon aîné …. et en peu de temps je me suis retrouvée dans son lit !! l! au presbytère ….

Dans le fond de moi ce n’est pas ce que je voulais, mon rêve était de rester pure jusqu’au mariage. Je me sentais sale, impure, manipulée, je pressentais que j’étais le jouet entre les mains d’un homme vicieux et sans scrupules. Mais une partie de moi espérait l’impossible : et s’il m’aimait réellement…? s’il abandonnait la prêtrise …? s’il m’épousait ?

J’étais prête à le suivre dans ce sens et lui en parlais …. je me sentais liée à lui, “sa femme”. Raisonnement primaire et innocent, vu l’homme qu’il était. Mais ma loyauté et mon caractère entier, honnête, me poussaient dans cette voie. Il restait sourd à mes dires, lointain et distant. La seule chose qui comptait pour lui : nos RDV secrets, du sexe et encore du sexe .et c’est tout ! Pas de tendresse, pas d’amour.

STRESS énorme…mensonges…cachotteries…craintes…culpabilité…souffrance …sentiment de perte des rênes de ma vie …. ce furent des mois de détresse ….. de solitude extrême, de peur de grossesse et de désespoir.

Voyant mon insistance pour que notre liaison prenne un sens, gagne en profondeur, se projette dans l’avenir, il fut soudain agacé de mes propos et me laissa tomber comme un kleenex, sans une demande de pardon, sans un mot d’amour, sans RIEN …. .i1 demanda sa mutation et partit dans une autre paroisse ….

Me voila libérée mais détruite intérieurement, ne pouvant en parler qu’à un cercle très restreint d’amis, lesquels ne savaient pas du tout comment m’aider et n’ont rien pu faire pour moi ….

Il me fallut bien des années pour me remettre émotionnellement de ces moments difficiles.  J’insiste aujourd’hui sur le fait que cette malheureuse aventure a modifié le cours de ma vie et les choix qui ont suivi. Encore aujourd’hui ; j’en subis les conséquences.

Je demande pardon à Dieu pour mon péché; je suis convaincue que les relations sexuelles ne sont bénies et sources de bonheur QUE DANS LE CADRE DU MARIAGE. Je reconnais ma faute et me faiblesse. Néanmoins j’avais 19 ans, j’étais pure, et j’ai été piégée. Je n’ose pas dire violée car je n’ai pas dit NON, mais j’étais manipulée.

– Le prêtre en question me donnait comme argument qu’il avait fait le vœu de célibat mais pas de chasteté! Quelle honte! C’est tout à fait anti-scripturaire !

– Il me disait m’aimer, j’étais assoiffée d’amour, comme toute jeune fille de mon âge. En fait le plus grand signe d’amour aurait été de me respecter ! Je pense qu’il ne m’a pas aimée mais convoitée et désirée sexuellement !

– Il m’a abandonnée sans explication …..

Voila un concentré de cette période de ma vie. Inutile d’aller plus dans les détails.

Plus de 10 ans après, je lui ai écrit pour lui demander pardon d’avoir été une pierre d’achoppement sur son chemin, et pour reconnaître ma part de péché.

Il m’a répondu ….. quelle déception … aucune peine … aucune repentance ….. RIEN …. que du vide dans sa lettre.

Comment un tel homme peut enseigner la parole de Dieu ? Je lui ai pardonné. Je ne suis pas son juge, c’est entre lui et Dieu !

Pour ma part, je déconseille vivement à toute femme aussi amoureuse soit-elle de vivre en concubinage avec un prêtre.

Si l’amour est au rendez vous, ce que je crois possible et même souhaitable, qu’il rompe son engagement et qu’il se marie.

Une relation vécue dans le compromis ne peut être que cause de dépression et destructrice pour l’être intérieur.
Ceci est mon histoire, je ne pense pas qu’il soit bon de la comparer aux autres histoires de femmes ayant aimé ou aimant aujourd’hui un prêtre.

Que chacun, chacune s’examine soi même devant Dieu.

Anonyme

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UN PRÊTRE MARIE ECRIT A SON ÉVÊQUE

 

Monsieur l’archevêque et ses confères de l’épiscopat.

Vous avez certainement vu dans la presse ou à la TV cette triste histoire d’Olivier, fils de prêtre, distribuant son message dans les boîtes aux lettres du village où son père est curé. La lettre d’un homme en colère.

Pendant des années, imaginez tout le poids de souffrance de cet enfant et de ses sœurs, qui avaient un père inconnu, restant dans la clandestinité sous prétexte qu’il ne fallait pas révéler que le père était prêtre. Il était interdit de le rencontrer. Cette situation est loin d’être isolée, vous le savez.

Est-ce que vous réalisez, vous et vos confères dans l’épiscopat, que cette situation que vous avez laissée s’installer est proprement scandaleuse ?

Des évêques se font appeler Père, invoquent le Père éternel et pendant si longtemps ont refusé qu’un prêtre soit vraiment père; il fallait cacher ça. Je trouve cela ignoble, inhumain, à l’opposé des valeurs évangéliques.

Des hommes comme moi et d’autres attachés aux valeurs évangéliques, sachant ce qu’est la paternité, viennent vous dire aujourd’hui – à vous et à tous vos confères – (ce que j’ai déjà dit, il y a près de 30 ans) que vos lois sur le célibat des prêtres ne tiennent pas la route et finissent par devenir insupportables, inefficaces et bien souvent néfastes. Elles entraînent depuis longtemps trop de culpabilité et finissent par engendrer l’hypocrisie.

Le Nazaréen avait un autre langage. Il n’avait pas peur de risquer sa parole.

J’ai quitté le ministère voici près de 30 ans. J’ai réalisé au bout de 20 ans de prêtrise que tout ce que soutenait l’Eglise sur la sexualité ne tenait pas la route et faisait trop de dégâts chez beaucoup de prêtres. J’ai été objecteur de conscience. J’ai demandé à être ramené à l’était laïc, non pas « réduit ».

Je vous écris pour vous inviter, vous et vos collègues, à plus de courage. Vous savez que cette loi sur le célibat fait trop de dégâts. Que Messieurs les évêques ne puissent dire, à plusieurs, en se mouillant bien sûr, en sortant de leur trouille face à Rome bloqué dans ses retranchements : « maintenant, ça suffit ».

Il ne serait quand même pas très difficile de laisser parler la voix de la sagesse : que ceux qui veulent garder le célibat le gardent, que ceux qui ne le veulent pas ou ne le peuvent pas vivent en couple.

Je suis resté très attaché à cette parole de l’Évangile : « Celui qui fait la vérité vient à la lumière ». Les évènements de la vie m’ont appris qu’il fallait souvent du courage pour faire la vérité et dépasser bien des atermoiements.

Je vous écris à vous, archevêque d’un diocèse où j’ai servi plutôt joyeusement pendant 20 ans et où j’ai gardé des liens souvent amicaux avec des prêtres assez nombreux.

Veuillez croire, Monsieur, à mon humble souci de clairvoyance et à ma solidarité avec tout ce qui respire l’humanité chez tous les prêtres et évêques que je connais. La dernière fois que je suis venue dans votre bureau, j’ai eu avec l’évêque d’alors un dialogue d’homme à homme que je ne suis pas prêt d’oublier.

Cordialement, malgré mon ton de révolte, légitime sans doute, une révolte qui ne peut cacher la tristesse.

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VOS RÉPONSES A NOS QUESTIONS  

1)  Ce que je suis venue chercher à Plein Jour 

  • Une solidarité, un soutien, une amitié
  • Le plaisir du contact humain avec des personnes ayant un parcours identique au mien
  • Un élargissement affectif, intellectuel, humain de ce que je vis pour voir toujours au-delà.
  • Faire membre, en vue de plus d’efficacité, pour que la législation ecclésiastique évolue positivement, en fonction du message évangélique, pour tout ce qui concerne la femme, le respect des personnes et des relations humaines.

2)  Ce que j’y ai trouvé :

  • Une écoute sincère et amicale, un partage, le sentiment de ne pas être anormale
  • Un réconfort, des échanges d’expériences
  • Une grande souffrance, des problèmes sans solutions, des « séquelles vivantes », des personnes abîmées.

3) – Dans quelle mesure puis-je apporter ma pierre à l’édifice ?

  • Adhérer, donner mon avis, répondre aux questions.
  • Signaler lectures ou parutions intéressantes à ce sujet
  • Témoigner que l’Amour est plus important que les structures, qu’une femme laïque, croyante, peut s’épanouir en dehors du mariage, de la maternité et des structures religieuses.
  • Dans l’évangile, Jésus s’adresse à des personnes seules, à qui il fait confiance, pas à des groupes en tant que tels. Dieu lui-même respecte la liberté et la responsabilité de chaque être humain. Comment se fait-il qu’au nom de ce même Dieu, des chefs religieux, censés transmettre son message, imposent leur pouvoir ?
  • Pratiquement, je peux participer à faire circuler les infos à travers les différents réseaux dans lesquels je suis engagée. Ecrivez-nous pour recevoir des tracts dépliants. Vous rendrez service à beaucoup d’hommes et de femmes !
  • Créer une antenne dans ma région

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Au Festival d’Avignon, Nous avons aimé…les “SDOUFS” 

Nous les avons rencontrés à ce festival en juillet dernier 2008.

Elle, Myriam, paraît immense dans son pull sombre et son jean serré qui accentue sa maigreur. Un petit visage triangulaire envahi par une brousse de cheveux bruns. Et surtout, des yeux noirs qui brûlent, tragiques. Lui, Marc, silencieux, solide, déterminé. Ce sont des S D F  qui ont campé au bord du Canal Saint-Martin sous des tentes rouges, l’hiver dernier.

Ces deux jeunes vont-ils se résigner à la vie larvaire qu’on leur impose ?

Certainement pas ! Pour s’extraire de l’oisiveté et de l’ennui, l’idée du théâtre surgit. D’autres « campeurs » les rejoignent, et une petite troupe se constitue…. Puis, peu à peu, se disloque. Il en faut davantage pour décourager l’opiniâtre Myriam.. Elle veut s’en sortir ! Alors, elle écrit des scénarios qu’elle met en scène et joue avec Marc et Kamel.

Quelle est la trame de ce spectacle : « Resist-Tente » ? – Leur vie sur le Canal, tout simplement. Et ça fonctionne ! ça vous prend aux tripes !

Comment supporter de voir des êtres humains, nos frères, nos sœurs, ramper sous l’abri illusoire d’un bout d’étoffe ou de carton ?

Voir cette jeune femme harcelée par les pulsions sexuelles de ces hommes aussi désespérés qu’elle !

Voir des médias en mal de scoop, s’emparer sans vergogne, de cette misère !

Voir un des interviewés répondre inlassablement, d’une voix monocorde : « ça va… ça va… on nous donne à manger…sur place… » Il a tellement l’évidence qu’on l’utilise et que le dialogue est impossible.

Voir les gens du quartier les menacer d’appeler la police pour les faire déguerpir.

Chaque scène est un coup de poing dans l’estomac. Les acteurs ne jouent pas un rôle ! Ils se contentent de revivre leur galère et c’est tellement vrai !

Quelle honte  pour nous les nantis qui les regardons ! Nous nous sentons responsables de laisser perdurer une telle injustice. Et pourtant ! Combien de nos frères vont encore mourir de froid cet hiver ?
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                         Témoignage de MYRIAM :  “J’ai appris… ”                  

             Cette période de dénuement, de solitude m’a appris à ne plus voir le monde de la même façon : quand la rue, c’est chez toi, l’issue est de se créer une carapace. Désormais, il lui faudra des années pour disparaître…
Par moments, j’aurais aimé que l’on vienne vers moi. Parfois, je voulais rester seule.
Mais, quand on n’a plus de refuge pour pouvoir vivre des moments de solitude choisie, il arrive qu’on ne supporte pas la présence de l’autre.
On lui dit de partir de manière plus ou moins polie, parce que tout simplement, ce n’était pas le moment,
parce que la souffrance est telle qu’elle ne peut être mise en mots,
parce que ce n’est pas la personne elle-même qui est visée, mais la haine de ma situation.

J’ai alors appris à ne pas en vouloir à celui qui m’insulte dans la rue.

Jamais je n’aurais imaginé me retrouver sans logement.

J’ai appris à ne plus juger.

Quand je sortais, j’avais toujours un but précis.

J’ai appris à sortir sans but, à simplement être en chemin, disponible pour une éventuelle rencontre, pour ne plus faire que passer, mais m’arrêter.

Quand quelqu’un me demande une pièce, je lui réponds.

J’ai appris que l’indifférence tue.

Quand je vois quelqu’un assis dans la rue, même s’il est sale, même s’il a bu et que nos regards se croisent, je ne fuis plus.

J’ai appris à maîtriser ma peur.

Gandhi a écrit : « Vivre simplement pour que simplement d’autres puissent vivre.

J’ai appris à ne plus être matérialiste

Dans le dénuement, on est désolidarisé de toute propriété qui aide à être.

J’ai appris à ne plus paraître.

Beaucoup de personnes me disaient qu’elles reviendraient me voir : elles disparaissaient à tout jamais.

J’ai appris à ne pas abandonner l’autre.

Aucune parole ne peut égaler l’acte.

J’ai appris que ce sont les actes qui font la personne.

Chaque petit moment de bien-être est si précieux qu’il doit être pleinement vécu.

J’ai appris à me dire : “Mon avenir, c’est le présent.”

Il n’y a pas le “eux” et le “nous”. Il n’y a pas “moi” et “les autres”. Il n’y a en fait pas de clivage : nous sommes liés, nous nous influençons mutuellement. J’ai appris à quitter cette vision d’opposition.

J’ai rencontré beaucoup de gens qui vivent à la rue : ils m’ont appris à relativiser, à être spontanée, à faire le clown, à rire comme des enfants, à fumer la même cigarette, à dépasser les regards humiliants.

J’ai appris à oser Etre.

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Un peu d’Humour : AUX ARCHIVES DU VATICAN !

Se non e vero ! ?

Un jeune prêtre, frais émoulu du séminaire d’Aix en Provence, est nommé au Vatican.

Comme il est sorti major de sa promotion, on lui a laissé le choix du service.
Étonnant mais il choisit le service des archives secrètes.
La tâche qui lui est assignée est d’aider les autres prêtres à recopier les anciens canons et règles de l’église.

Or il remarque que ces prêtres effectuent leur travail à partir de copies et non des manuscrits originaux.
Il va voir le père supérieur et lui fait remarquer que si quelqu’un a fait une petite erreur
dans la première copie, elle va se propager dans toutes les copies ultérieures.

Le père supérieur lui répond :
– “Cela fait des siècles que nous procédons ainsi, que nous copions toujours à partir de la copie précédente,
mais ta remarque est judicieuse, mon fils.”

Le lendemain matin, le père supérieur descend dans les profondeurs du sous-sol du Vatican, dans une cave voûtée où sont précieusement conservés non les copies, mais les manuscrits et parchemins originaux.
Cela fait des siècles que personne n’y a mis les pieds et que les scellés des coffres sont intacts.

Il y passe la journée toute entière, puis la soirée, puis la nuit, sans donner signe de vie.
Les heures passent et l’inquiétude grandit en haut.
A tel point que le jeune prêtre se décide à aller voir ce qui se passe.

Il descend et trouve le père supérieur complètement hagard, les vêtements déchirés,
le front ensanglanté, se cognant sans relâche la tête contre le mur de pierres vénérables.
Le jeune prêtre se précipite et demande :

” Père supérieur, que se passe-t-il donc ? ”

-“AAAAAHHHHHH ! Quels cons ! MAIS QUELS CONS  ! ! ! !
C’était vœu de “charité” qu’il fallait écrire… mais pas vœu de chasteté ! ! ! »

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Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir

Et l’envie furieuse d’en réaliser quelques-uns.

Je vous souhaite d’aimer ce qu’il faut aimer

et d’oublier ce qu’il faut oublier.

Je vous souhaite des passions

Je vous souhaite des silences.

Je vous souhaite des chants d’oiseau au réveil

et des rires d’enfants.

Je vous souhaite de résister à l’enlisement et à l’indifférence

Aux vertus négatives de notre époque

Jacques Brel