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Plein Jour n°7 de Décembre 2009


SOMMAIRE

PJ Site Image Bulletin générale1) Vigneronne
2) Simone et Bertrand

3) Rencontre du 3 octobre 2009 à Lourmarin
4) Le Site de Plein Jour vous appartient
5) Lettre aux évêques
6) Biblio : “Jésus  sans mythe sans miracle, l’évangile des  zélotes” de jacques Meurice
7) Courrier des lecteurs
8) Le Dessin de Piem : Reconnaissance des enfants de prêtres

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“Personne ne naît avant qu’un autre lui dise : “Je t’aime”.
Nul ne survit au manque d’amour. Il donne l’existence et sauve.”
Michel Serres
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Simone et Bertrand…Témoignage

Bertrand était curé de paroisse. Des liens d’amitié s’étaient créés avec ma famille depuis le décès de mon père en 1967 dont il avait célébré l’inhumation. Depuis cet événement, nous voyions Bertrand une fois par an à l’occasion de la nouvelle année. En septembre 1987 mon plus jeune frère se maria et c’est Bertrand qui a béni cette union. C’est à partir de ce moment qu’une amitié débuta entre nous.

Dès son plus jeune âge, il se plaisait à l’église. Il s’intéressait à tout ce qui touche à la foi chrétienne. Sa joie d’être enfant de chœur. Le travail manuel ne le passionnait pas autant que le travail intellectuel, mais il y prit goût en s’occupant avec son père, de la ferme familiale. En 1947, son premier pèlerinage à Lourdes avec la Jeunesse Agricole Chrétienne l’influença beaucoup dans le choix de sa vocation. Puis ce fut le service militaire, et la découverte d’un autre monde.

« C’est parce que j’ai pensé que Dieu m’appelait à être prêtre que j’ai répondu à cette vocation. Après bien des hésitations – à cause de ma situation familiale – ma décision était prise. A cette époque mes parents comptaient sur moi pour reprendre la ferme, étant le seul garçon avec trois sœurs. »

La réaction de son père fut vive et les jours qui suivirent, mouvementés. Dans le village, l’étonnement fut général. On essaya de le décourager, mais rien n’y fit. Il demeura inébranlable.

« A 25 ans je me suis décidé à reprendre mes études au séminaire de Saint Jean-Changis pendant neuf ans. »

En 1962, il fut ordonné à la cathédrale d’Evreux. Son premier ministère se déroula à Bernay, où je vivais avec ma famille. Bertrand s’occupait de la JOC ; il organisait des voyages avec les jeunes qui en faisait partie. Il était très proche d’eux.

« Le plus important c’est que les jeunes aient un lieu pour s’exprimer, s’affirmer, se structurer dans un mouvement. L’avenir est dans les mains de ces chrétiens qui sont capables de donner un visage d’église dynamique et attrayant pour que les jeunes générations aient envie de vivre l’Evangile ensemble. »

Par la suite, il fut nommé à Gravigny, en 1969, avec un autre prêtre. C’est là qu’il il fut prêtre ouvrier pendant trois ans, aux cars Suzanne, à Evreux. Déchargé de plusieurs tâches paroissiales, il était en contact  avec le monde ouvrier. C’est une période de sa vie que Bertrand apprécia beaucoup. Il pouvait échanger directement avec les personnes qu’il rencontrait sur des choses concrètes de la vie quotidienne Il parlait leur langage. Il n’y avait aucune barrière, pas de tenue vestimentaire différente. Ses collègues n’hésitaient pas à lui demander conseil dans tous les domaines : condition de travail, sacrement, fidélité…  Faisant partie intégrante de l’entreprise, Bertrand était convié à chaque événement (repas, réunions…).Aucune différence par rapport à sa situation de prêtre.

En 1974, il fut changé de paroisse une nouvelle fois. Au sein de cette communauté, Bertrand s’investit beaucoup dans l’Action Catholique Ouvrière comme aumônier diocésain. Ces rencontres avec les équipes composées de personnes comme vous et moi, en couple ou seules,  travaillant ou pas, permettaient d’échanger sans être jugés sur toutes les questions de la vie.

Au bout de neuf ans, Bertrand souhaita changer de paroisse. Jacques Gaillot le nomma alors à  Serquigny, communauté regroupant plusieurs villages. Bertrand se retrouva seul dans un

grand presbytère. Malgré les journées bien remplies par les tâches paroissiales, Bertrand supportait mal le rôle du prêtre cantonné aux actes du culte.

« Que reste-t-il aux prêtres prisonniers des structures paroissiales ? Faire des enterrements, des  mariages, des baptêmes, des communions solennelles qui reposent sur des traditions. Des coutumes ancrées dans les mentalités mais qui correspondent rarement à des démarches de Foi. Beaucoup de gens me font jouer un rôle que je n’aime pas, une espèce de fonctionnaire du culte ! Si je n’étais pas là, ils seraient un peu déroutés, mais finalement cela ne changerait pas grand-chose en profondeur dans leur vie. »

Lucide, il critiquait une institution qui refuse d’évoluer avec son époque.

« Comme toujours dans l’Eglise, on ne sait pas prendre de décisions. Plus exactement, on les prend lorsqu’on est acculé devant une situation de fait à ne plus pouvoir continuer. Lorsque le nombre de prêtres aura diminué considérablement, il faudra bien faire autrement. En attendant, il y a ceux qui veulent poursuivre comme avant en se bouchant les yeux devant les nouvelles situations, en se réfugiant dans une prière pour les vocations. Moralement, c’est épuisant et démobilisant. »

Bertrand s’investit énormément dans ses missions. Cependant il déplorait l’individualisme clérical, et se sentait souvent isolé.

« Au niveau du secteur, il n’y a pas d’échanges, ni de partages entre les prêtres. Alors que reste-t-il pour briser une solitude morale, une non-reconnaissance de ce que l’on est, de la raison de notre présence ? C’est dans ce contexte qu’une amitié avec Simone a pris corps. Jusqu’alors aucune femme ne s’était installée dans ma vie. »

Lors du mariage de mon frère, j’étais à côté de Bertrand à table. Je venais d’avoir 20 ans, j’avais mon permis et je travaillais à Paris. Lui avait 59 ans. Il aimait rire et avait beaucoup d’humour. C’est ce qui m’attira en premier chez lui. De plus son physique me plaisait, surtout son regard et ses yeux bleus. D’emblée, je me suis sentie en confiance avec lui. Moi qui étais plutôt réservée d’habitude. Je ne vis pas la soirée passer, rythmée par les jeux, la musique et les danses, que Bertrand aimait aussi. L’occasion s’offrit de danser ensemble, en tout bien tout honneur. Nous avions prévu une ballade dans les jours qui suivirent le mariage. Malgré nos emplois du temps différents, nous arrivions à nous voir régulièrement pour des sorties à pied, en vélos, au cinéma ou à des repas.

J’appréciais beaucoup ces rencontres, et entre chaque rendez-vous le temps me paraissait long. Un mois environ après le mariage de mon frère, nous échangions notre premier baiser. C’est avec sobriété que Bertrand évoqua le problème affectif.

« J’ai bien eu le soutien de sympathies partagées à travers les multiples tâches, je me suis même laissé influencer par certaines. Mais j’en ai écarté aussi qui m’apparaissaient trop accaparantes. Par contre entre nous, cette amitié a évolué vers un sentiment plus fort. »

Avec Simone, j’ai accueilli ces échanges, ces partages avec beaucoup d’enthousiasme mais sans qu’il y ait jamais d’agression de part et d’autre. Toujours dans le respect des personnes.

Cette amitié a grandi, elle a pris une place de plus en plus importante dans nos deux vies. Elle est devenue de l’amour. »

Après notre baiser, Bertrand me précisa immédiatement qu’il ne voulait pas m’obliger à quoi ce soit ; que j’étais libre de continuer ou pas notre relation. Si je décidais d’arrêter, il ne m’en voudrait pas. Je lui proposai qu’on se laisse du temps. Mais j’avais très envie d’aller plus loin. Dès que j’étais avec Bertrand, je me sentais en harmonie avec lui. Néanmoins, je savais que notre relation n’allait pas être facile à vivre tous les jours. Bertrand était lui aussi très réaliste. Il savait que les ennuis ne feraient que commencer.

« Je sais que cela peut paraître ridicule, déplacé à cause de la différence d’âge. D’autre part, je ne me suis pas senti la conscience tranquille à cause de ma formation, de ma situation. La peur de mal faire ! Pourquoi l’église refuse- t-elle cet amour humain à ceux qui doivent en rappeler la nécessité à tous au nom de l’Evangile ? »

Parce que cette envie d’aimer était de plus en plus forte, le temps n’existait plus. Mais rapidement, notre entourage se douta de quelque chose. Bertrand venait beaucoup plus souvent à la maison, pour des prétextes de moins en moins crédibles. Et à ce moment là, il y a eu beaucoup de souffrance devant l’incompréhension, le refus de certains proches. Bertrand n’était plus le bienvenu à la maison. Accablé, du jour au lendemain, de tous les défauts, on  noircissait le tableau. Des phrases sont encore gravées dans mon esprit, après toutes ces années. « Tu n’es pas la première, et tu ne seras pas la dernière ! ». La différence d’âge elle-aussi, revenait régulièrement sur le tapis. Seul mon frère, qui venait de se marier, nous soutenait. Pourquoi tant d’acharnement à vouloir me faire changer d’avis ? Fallait-il repousser cet amour ou bien le laisser grandir ?

Avec le recul, je remercie ma famille de son attitude. Cela n’a fait que renforcer mon amour.

En juillet 1988, nous partîmes une semaine en vacance à Carnac, rien que tous les deux. C’était le paradis, nous étions sur un nuage. Au retour, chacun reprit ses activités. Bertrand se donna encore une année de ministère. Il entama des recherches pour l’achat d’une maison.

Pour lui, c’était loin d’être gai. Il devait affronter le regard des autres prêtres. Certains auxquels il se confiait souvent, le décevaient Un d’entre eux lui conseilla même de s’éloigner de moi, en demandant à partir en Afrique. Un autre me prédit un avenir sombre avec Bertrand, à cause de notre différence d’âge. Nos enfants seraient mal à l’aise quand leur père irait les chercher à l’école. Par contre, s’il tombait malade, je saurais m’en occuper. J’étais  aide soignante en maison de retraite!

Ainsi, lorsque Bertrand me proposa de rencontrer Jacques Gaillot, que je ne connaissais pas, je fus plutôt réticente. Je savais d’avance ce qu’il allait me dire, à quelques mots près. Mais Bertrand me rassura : « ’Il est différent ! » Cependant, avec tous les appels anonymes qu’il avait reçus à notre sujet, je pouvais émettre quelques doutes ! Nous nous rendîmes à l’évêché pour prendre le petit déjeuner avec Jacques. Son accueil me surprit. Il était souriant, m’appelait par mon prénom. Il nous convia à nous installer autour de la table. Son regard si clair, tellement chaleureux, sa spontanéité et son sourire me mirent en confiance. Néanmoins, je restais un peu sur la défensive. Au début, nous avons échangé des banalités, puis je me présentai. Je situai mon travail et il s’y intéressa ! Bertrand lui annonça qu’il souhaitait quitter son ministère en juillet 1989 pour vivre cet amour au grand jour. Il se soucia du travail que Bertrand devrait trouver. Cependant, il se réjouit de notre amour dont la force ferait taire tous ceux qui avaient pronostiqué l’échec de notre relation. Avant de le quitter, il nous fit ce cadeau : « Aimez-vous et soyez heureux ! » Je sortis soulagée de l’évêché. Il ne nous avait ni jugés, ni condamnés. L’apaisement nous gagna.

«  Finalement, plus le temps passe, plus nous sommes attachés l’un à l’autre malgré les difficultés rencontrées. Je suis toujours prêt à servir l’Eglise mais en vivant cet amour avec Simone. »

Bertrand me présenta ses amis, nombreux et fidèles. Je fus accueillie les bras ouverts par sa famille. Mais je restais méfiante. Peu à peu, je me rendis compte que c’était une erreur. Bertrand m’encouragea à ne pas couper les ponts avec ma famille. Mes autres frères et ma sœur finirent par accepter ma nouvelle situation, tandis que ma mère continuait de la refuser catégoriquement.

Bertrand annonça à ses paroissiens qu’il quittait son ministère, sans donner de détails. Il avait tellement été échaudé qu’il se méfiait des retombées. Il fut embauché dans l’entreprise où il avait travaillé comme prêtre ouvrier. Puis, en décembre 1989, nous avons décidé de nous marier. A la cérémonie de la mairie, peu de gens nous entouraient. Seulement nos deux témoins, et un ami prêtre. Bertrand avait refusé de demander sa réduction à l’état laïc en vue d’un mariage religieux, pour ne pas abonder dans le sens de l’Eglise.

La naissance de Nadège et Benoit concrétisa notre amour. Nous étions comblés. C’est à cette période que ma mère accepta de revoir Bertrand.

Dès leur plus jeune âge, nos enfants ont su que leur père avait été prêtre. Cela n’a pas posé de problème pour notre vie de famille. Bertrand a toujours eu cette capacité de s’ouvrir aux autres, de pardonner et d’aller de l’avant. C’est pourquoi il a réellement souffert de la rigidité de cette Eglise qui exclut et fait le vide autour d’elle.

« L’image du prêtre telle qu’on la veut maintenir n’est plus reconnue aujourd’hui. Alors pourquoi s’acharner à faire perdurer des structures qui bloquent une perception différente de la Bonne Nouvelle ? Il faut parfois que le curé s’en aille pour que les chrétiens prennent toute leur place dans une paroisse ! »

Bertrand n’hésita pas à critiquer une hiérarchie qui décide d’autorité ce qui est bon pour les uns et pour les autres, quitte à créer des injustices permanentes.

« Pourquoi deux poids et deux mesures dans l’Eglise universelle ? Le mariage autorisé en Orient, interdit en Occident. Et si encore, au nom du respect des coutumes locales, cela correspondait à une nécessité ? Est-ce que le prêtre n’a pas le droit à une retraite décente, lui aussi ? L’église serait-elle inhumaine au point de vouloir faire travailler ses prêtres jusqu’à l’extrême limite ? Pourquoi n’accepterait-elle pas des situations nouvelles pour ceux qui l’ont servie un temps dans l’élan de leur générosité ? »

L’éducation de nos enfants s’est faite dans la Foi chrétienne. Nous avons continué à être pratiquants dans notre paroisse. Nous avons trouvé notre place au sein de la communauté. Bertrand a pris en charge une année de catéchisme à la demande du prêtre de la paroisse. Nous sommes entourés de beaucoup d’amis, de prêtres et de la famille. C’est important de ne pas être isolé, de pouvoir partager les soucis de la vie quotidienne.

En juin 2004,on diagnostique une leucémie chez Bertrand. Nous continuons de profiter de la vie en famille, de partir en vacance, d’organiser des repas entre amis.

Le 13 août 2007, Bertrand décède. Beaucoup de prêtres étaient présents à son enterrement où sa vie a été retracée intégralement. Bertrand nous manque énormément, et son absence est dure à supporter. La Foi, la prière et mon entourage m’aident à tenir. Notre fille, Nadège, est aide-soignante dans un hôpital et notre fils est en terminale littéraire. La vie ne s’arrête pas. Il y a des hauts et des bas comme pour tout le monde. On a toujours eu confiance dans l’avenir. Notre bonheur, nous l’avons bâti ensemble en choisissant ce qui nous semblait le meilleur Nous avons résisté à toutes les épreuves, nous avons accueilli la vie et tout ce qu’elle donne. Nous avons été heureux et je ne regrette rien.

 Je connais Plein Jour depuis un an. Cela me rend consciente de la chance que j’ai eue de vivre cet amour avec Bertrand. Par rapport à d’autres qui sont dans la détresse.

Simone

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 Compte rendu de la Journée du 3 octobre 2009 à Lourmarin (84)

C’est la troisième rencontre de Plein Jour, après celles d’ Octobre 2008 à Lourmarin et Mai 2009 à Paris.

La journée s’ouvre sur le message de Jacques Gaillot, notre président d’honneur :

« Chers amis,
Vous avez la chance de vous réunir à Lourmarin en ce début d’automne. Vous serez vite pris par le charme de cette région. Je n’oublie pas pour autant que c’est « vous » qui êtes importants. Vous valez plus que tous les oliviers de Provence !
Vos vies sont chargées d’expérience humaine, de rencontres et de choix décisifs. Heureux êtes-vous de vous retrouver quelques heures et de pouvoir échanger en liberté !
En prenant connaissance des témoignages de vie parus dans « Plein Jour », je me suis dit : « Voilà des personnes qui grandissent en humanité, qui deviennent plus humaines. » La dignité d’un être humain n’est-elle pas de prendre en main son devenir ?
Cet été, de passage dans un pays de montagne, j’entendais avec plaisir le bruit de l’eau d’un torrent. Les pierres faisaient obstacle à l’eau. Mais ce sont précisément ces obstacles qui font chanter l’eau du torrent. Ainsi en est-il de nos épreuves et de nos souffrances. Quand elles sont surmontées, dépassées, notre cœur s’élargit. L’amour en nous est victorieux. Les obstacles font chanter la vie.
Je suis trop loin de vous pour entendre chanter vos vies. Mais l’important est que vous entendiez ce chant qui donnera joie et force à votre marche.
Avec mon affection.
Jacques Gaillot, Évêque de Partenia

Puis la parole fut donnée au groupe. Chacun put se présenter dans les termes qui lui convenaient et le  respect des silences volontaires. Nous étions :28  Un large éventail de départements était représenté : depuis Marseille jusqu’en Poitou-Charentes, et de Castelnaudary au Pas de Calais.
Des compagnes, un compagnon, et des sympathisants parmi lesquels des couples de prêtres mariés, mais aussi un prêtre marié gallican avec son épouse. Il faut se rappeler en effet que Plein Jour s’est ouvert à des sympathisants qui soutiennent notre action et nous apportent leur aide. L’an dernier, nous étions 88. Aujourd’hui : 121.

Bernard, le nouveau trésorier, nous indique des comptes en bonne situation. Les frais les plus importants sont ceux du Bulletin trimestriel.
Dominique engage un débat précisément sur notre Bulletin. Chaque fois sont insérés des témoignages. Ils disent ce que vivent des hommes et des femmes, Nous. Là est la vie réelle, même si en haut lieu on ne veut pas la voir. Il nous faut alimenter cette rubrique. La signature peut rester anonyme. L’essentiel c’est que Dominique soit garante de l’authenticité du témoignage.

Jean nous parle du Site de Plein Jour. Suite à l’annonce d’une possible “reconnaissance par le Vatican des enfants de prêtres” et à nos passages dans différentes émissions, la mobilisation des Média a favorisé les consultations du Site. Jusqu’à 3.500 pages lues dans la semaine du 24 août ! On souhaite que chacun fasse connaître le Site aux amis et relations et aussi que chacun pense à l’alimenter en nouvelles. Les six numéros de la revue déjà parus y figurent entièrement. C’est notre vitrine sur le monde. Il n’est pas rare qu’une personne prenne contact après être allée sur le Site. Plusieurs journalistes nous ont sollicités. Nous avons été appelés à témoigner sur France Inter, le 17 août, au « Téléphone sonne » et le 25 août sur la 5 à « C’ dans l’air ». Et à nouveau sur France Inter ;le 15 novembre dans « Interception ».

Nous sommes en relation avec d’autres organismes en Italie et en Suisse notamment, mais aussi avec les associations de prêtres mariés qui sont présents dans les différents pays d’Europe et qui mettent sur leur site un lien vers le nôtre
Le repas de midi se passe dans le jardin de Dominique au Cigalon, par petites tables, pour mieux se connaître et se parler en confiance. Excellent ! L’équipe a bien fait les choses à tous points de vue et le soleil est de la partie. Merci à chacun.

Jean Combe nous brosse un tableau de la période où est née cette règle du célibat obligatoire : 1139 au 2ème Concile de Latran. Règle qui ne concerne que l’église catholique de rite latin, pas les orientaux catholiques ou orthodoxes (que la majorité des chrétiens connaissent très mal d’ailleurs).
1) Fruit de la pression des moines dés les premiers siècles (et de leur influence déterminante au 12ème siècle où les monastères se créent et se remplissent : Cluny, Cîteaux, les franciscains, les Dominicains…). Fruit aussi de cette méfiance vis à vis des femmes dont quelques extraits des écrits de St Thomas lui-même vers 1270 nous donnent le frisson ! Fruit encore des changements des lois de succession et d’héritage du droit féodal dans la société civile (celle des Seigneurs de l’époque, pas du peuple !) et aussi, de ce fait, dans l’église qui ne voulait surtout pas que ses biens partent en héritage aux enfants de prêtres. On a donc en quelque sorte “stérilisé” ceux-ci !! fruit enfin de la Réforme dite grégorienne, en se rappelant que Grégoire VII – qui fut pendant 25 ans conseiller des papes et pendant 12 ans pape – était lui-même un moine !

2) Mais il y a loin de la règle à la pratique. Le Site de Plein Jour en donne une illustration dans ses pages.  A vous d’aller les consulter : “Le célibat ecclésiastique dans l’histoire de l’Eglise catholique romaine” ou encore “Célibat, vision intégriste de la Tradition” par l’historien Pierre Pierrard.

3) Quelle est aujourd’hui la situation dans l’Eglise catholique romaine ? Une situation de crise qui se traduit par une diminution extrêmement importante et préoccupante de prêtres en fonction, des ordinations, des pratiquants, des religieuses et religieux.  Sans parler de sa perte d’influence et de prestige, notamment suite aux scandales de prêtres pédophiles ou encore des bévues de Benoît XVI aussi bien par rapport aux intégristes qu’au préservatif.

Et une grande déception de la non-application de Vatican II qui avait soulevé dans les années 60 – 70 un immense espoir.

4) Comment peut-on entrevoir l’avenir ? et peut-on espérer des changements ?
Bien malin qui s’aventurerait à le prévoir ! D’autant plus que l’église catholique est entrée dans une période de régression, de mise au pas des chercheurs-théologiens et autres, de centralisme accéléré, de soumission sous prétexte de communion …
Nous, il nous reste à faire bouger l’opinion, à l’informer.

Un sondage a été réalisé par TNS-Sofres pour le journal “La Croix” et publié le 18 juin 2009. Il fait apparaître qu’une large majorité de catholiques pratiquants (les ¾) se dit favorable à l’ordination d’hommes mariés et 2/3 à l’accès des femmes au sacerdoce.
Mais, dans cette institution de type plutôt théocratique, quel est le poids de l’opinion publique ?

Gardons notre jugement propre. Ne mettons jamais entre parenthèse et dans aucun lieu l’affirmation des droits de l’homme.
N’est-ce pas les faits, les situations concrètes qui obligeront les responsables à bouger.
A nous de mettre en lumière ces réalités, en somme de les porter au Plein jour !

Jean, le webmestre

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Plein Jour a son Site sur Internet. Pour quoi faire ? 

Le Site de Plein Jour, c’est d’abord une vitrine sur le monde.

Toute personne peut y accéder, pas seulement les membres de notre Association ou les gens d’une église ou même les citoyens d’un pays. Non, il peut être consulté par des gens aux quatre coins de la planète.

Illusion diriez-vous ?
   Dans la seule semaine du 17 aout 2009, 3494 pages du Site ont été lues.
Nos pages sont lues par des internautes de France, de Belgique, d’Allemagne, de Suisse, d’Italie, d’Espagne, du Canada, du Liban, de Guadeloupe, du Cameroun, du Royaume Uni, de Martinique, de la Réunion, des Etats Unis, d’Autriche, de Suède, de Côte d’Ivoire, de Centrafrique, du Maroc et de Roumanie.

Comment le savons-nous ?

Grâce à un lien avec un site de statistiques auquel nous sommes abonnés. Ainsi, chaque fois qu’un internaute se branche, ce site enregistre le pays, l’heure de branchement et le nombre de pages lues et il nous en communique les résultats chaque semaine.

Comment a-t-il été possible d’atteindre ce résultat ?

D’abord grâce à de nombreux amis qui ont mis sur leur propre Site un lien vers le nôtre. Nous leur rendons le même service en réciprocité. Pour n’en citer que quelques-uns uns : “Donne cosi” et “Zoefra”, un site italien et un site suisse d’associations semblables à Plein Jour. Ou encore “Les réseaux des Parvis” et “Pavés”, deux regroupements d’associations de chrétiens critiques ou réformateurs. Mais encore “Partenia”, le site du Pére Gaillot, les Associations “DLE-Droits et Libertés dans les églises”, “FHE-Femmes et Hommes en église”; “HLM-Hors les murs” en Belgique, “Vocatio” en Italie, ou encore la “Fédération européenne des prêtres mariés”.
Cela est possible aussi grâce à tous ceux et celles  qui, lorsqu’ils témoignent par oral dans une rencontre, ou par écrit dans une revue, ou encore à la radio ou à la Télé, pensent à indiquer l’adresse du Site : https://plein-jour.eu

Ainsi par exemple pour l’émission de Nathalie Bourrus diffusée sur FR3 le soir même de Noël 2008. La semaine du  17 aout a été exceptionnelle, précisément parce qu’elle a été précédée de  plusieurs interventions de Dominique ou de moi-même à la radio ou à la télé suite à l’annonce d’une “possible reconnaissance des enfants de prêtres par le Vatican” !

Le résultat de cette audience ?

Il n’est pas rare que Dominique reçoive un coup de téléphone d’une personne qui lui dise : “J’ai trouvé vos coordonnées sur le Site de Plein Jour…” Voilà le cordon ombilical qui nous rattache à ceux qui cherchent un contact.
Car notre problème à PJ est évident : comment avoir contact avec des personnes qui se veulent par principe “clandestines” ? Ce ne sont pas les responsables actuels de l’église qui risqueraient de nous transmettre ces contacts puisque, pour eux, l’essentiel est de ne pas faire apparaître le problème afin de préserver son honorabilité. Objectif : ne pas faire de vagues ! L’avenir de celle-ci passe bien souvent avant les droits des personnes.

Personnellement j’accepte difficilement de voir une institution qui prétend se réclamer de Jésus préférer défendre sa survie plutôt que de risquer la vérité. Cela me semble tout à fait à contre sens de ce que Jésus a fait, devant le sanhédrin en particulier.

Donc la question est de trouver des relais d’information et de contact.
Nous savons qu’il y a nombre de femmes (laïques ou religieuses) et d’hommes (laïcs, prêtres ou religieux) qui sont concernés et chaque semaine qui passe nous en révèle d’autres. Mais combien n’osent pas se faire connaître, souvent parce les femmes notamment craignent que soit dévoilée leur liaison avec un prêtre ou un religieux et que cela lui nuise, à lui, donc pour le protéger;  et elles acceptent ainsi de vivre une vie en miettes, brisée, ce qui peut durer des années !

Alors, bien souvent, c’est par l’intermédiaire d’une association laïque, de chrétiens critiques ou même de paroisses que grâce à notre information le relais peut passer. Certes, si vous abordez un jour la question dans un groupe,  il y aura des personnes qui seront surprises, voire choquées d’apprendre par exemple que des prêtres ont une compagne. De moins en moins choquées, il faut le reconnaître !

Mais n’est-ce pas un service à rendre à la vérité que de montrer des situations existantes, sans porter atteinte à la nécessaire discrétion sur les personnes ? Une discussion peut alors conduire à provoquer un débat sur cette règle inadaptée et dangereuse du célibat imposé. Certains articles du Site peuvent ainsi aider à cette réflexion. Et ils peuvent être diffusés. Il suffit de les imprimer. Il n’y a pas de droits d’auteur !

Il m’arrive, pour ma part, d’envoyer à des amis, des relations, des responsables d’organismes très divers un bref communiqué signalant l’existence de PJ. Je vous le livre ici :

Plein Jour est une Association qui aide des femmes compagnes de prêtres ou de religieux et qui lutte contre cette règle inadaptée et dangereuse du célibat imposé. Peut-être la connaissez-vous ?
Vous pouvez la découvrir en allant sur son Site https://plein-jour.eu

Vous y trouverez les coordonnées de l’Association et de sa présidente Dominique Venturini.

Merci de votre attention.”

Je sème, à tous vents… , et la balle nous revient quelques fois, avec plein de surprises, trop  heureux que des personnes puissent ainsi trouver le chemin d’une oreille attentive, la possibilité de parler, de dialoguer et d’être entendu, de découvrir qu’elles ne sont pas les seules dans cette situation.
Aussi puis-je vous inviter à communiquer sur votre Association, sans crainte,

–              par l’envoi par mail à 36 amis et relations du petit message ci-desus. Merci Internet !

–              par l’introduction de discussions et de débats sur ce problème du célibat imposé.

Par l’habitude prise de signaler la référence (ci-dessus) au Site  partout où cela sera possible.
De plus si, après avoir lu les témoignages quelquefois dramatiques parus sur la revue ou sur le Site,  vous pouvez faire circuler la revue à des amis et les intéresser amis à l’action de Plein Jour, nous serons heureux d’enregistrer leur adhésion et leur soutien. Voilà quelques gestes militants que nous vous proposons.

Bonne route
Jean, chargé de gérer le Site PJ.

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LETTRE aux évêques

 A la mi-août, il m’est venu l’idée de faire connaître Plein Jour à une poignée d’évêques, choisis dans le trombinoscope.

Père,

Si je me permets de vous envoyer notre dernier bulletin trimestriel, ne voyez là aucune provocation de ma part. Bien au contraire ! 

Plusieurs raisons m’ont poussée à tenter ce geste auprès d’une trentaine d’évêques.

D’abord vous informer, par des témoignages concrets, de la très vive souffrance infligée à ces femmes et à ces hommes, à qui on interdit de s’aimer.

Tous les jours, je reçois les confidences de ces vies déchirées.

Des femmes surtout, condamnées à la clandestinité. Des hommes aussi.

Tout récemment, un prêtre marié depuis peu, m’avouait : « Je suis encore traumatisé par la violence avec laquelle mon évêque et mon supérieur m’ont arraché à un travail que j’aimais, pour me jeter dehors comme un malpropre. » Inhumain ! Cette vindicte n’est pas évangélique !

 Ensuite, vous appeler à l’aide.

Avec vos frères évêques du monde entier, vous avez la possibilité d’obtenir du Vatican la révision du statut actuel du prêtre.

«  Le célibat ecclésiastique n’est pas exigé par la nature du sacerdoce. » (Vatican II Presbyterorum ordinis ) Il n’était d’ailleurs pas imposé dans les premières communautés chrétiennes. Pas plus qu’il ne l’est actuellement dans les Eglises de rite oriental. Cette discrimination est incohérente.

Enfin, je compte sur vous pour signaler l’existence de Plein Jour aux prêtres qui vivent des situations douloureuses. Nous essaierons de les aider s’ils prennent contact avec nous.

 Je souhaite que la complémentarité de nos points de vue aboutisse à ce que l’Eglise ne se prive plus, à l’avenir, de tous ces éléments de valeur, dont nous avons le plus grand besoin.

Dans cet état d’esprit, je me tiens à votre disposition pour tout échange.

                                                 Respectueusement                                                                      

                                                                       Dominique Venturini, Présidente de Plein Jour

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PS. Sur 33 évêques, 5 ont répondu seulement ! L’un d’eux s’est montré compatissant.

« Le témoignage de la souffrance d’hommes et de femmes contraints de vivre un déchirement et une exclusion ne peut pas laisser insensible.
Il est bon de connaître un lieu où ceux qui vivent des situations douloureuses du fait des règles de l’Eglise, peuvent rencontrer des frères et des soeurs. Merci de m’en avoir informé. »

Sans état d’âme, les quatre autres évêques ont justifié le maintien de la discipline du célibat ecclésiastique. Décevant, cet immobilisme de nos hiérarques ! Loin de nous décourager, cela doit nous stimuler pour nous faire entendre encore et toujours.

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BIBLIOGRAPHIE

Vous recommander ce livre n’est pas trahir notre esprit laïc. Jésus est un personnage historique.

Il nous a paru intéressant de le voir situé dans le contexte précis de son époque. Dépouillé d’un certain merveilleux, il surgit dans toute sa dimension d’homme authentique, brûlé d’un feu intérieur.

« Jésus sans mythe et sans miracle. L’évangile des zélotes » Par Jacques Meurice

Habituellement on ignore complètement les trente premières années de la vie de Jésus. C’est beaucoup pour un homme qui n’aurait vécu que 32 ou 33 ans !
Jacques Meurice réinvente ces années. Il nous fait raconter la vie de Jésus par Simon, un cananéen soucieux de la libération de son pays de l’occupant romain. Ce qui déjà situe le contexte du récit, mais surtout un homme qui l’a accompagné.
Et au lieu de nous raconter un Jésus apprenti menuisier accompagnant son père (adoptif) Joseph dans la construction et la réparation de maisons, il nous montre un père très préoccupé de donner à son fils une formation très ouverte sur les cultures qui traversaient alors le grand bassin méditerranéen, notamment la culture grecque. Jésus part donc en grand voyage pour étudier : Alexandrie, Éphèse cité grecque rivale d’Athènes, Antioche, la Mésopotamie pays des ancêtres… On imagine mal en effet que les paroles de Jésus ne soient pas reliées aux grands courants de pensée de l’époque.
Ce Jésus est singulier dans la mesure où il n’accomplit pas de miracles. Ce sont les gens qui l’entourent qui montent en épingle ses actions et la rumeur aidant… Le “miracle” est dans la volonté et le coeur des gens, pas sur les choses.
L’auteur replace tout le parcours de Jésus dans le contexte de la lutte de partisans, les Zélotes, pour la libération du joug de l’occupant romain. Ce contexte réel apparaît relativement peu dans les évangiles. Il est  vrai que leur écriture date de la fin du premier siècle (Ne faut-il pas sans cesse rechercher le contexte d’une écriture pour en comprendre le sens ?) Elle reflète donc les oppositions avec les instances du judaïsme, notamment les pharisiens. Celles-ci se reconstituaient après le pillage et  la destruction calamiteuse du Temple en 70 par les légions romaines. Mais en même temps elles repoussaient en dehors des  synagogues cette secte nouvelle qui se propageait en se réclamant de Jésus. D’où le sous-titre “L’évangile des Zélotes”…

On retrouve avec une certaine fraîcheur des paroles et des gestes que l’on connaît de longue date mais qui reprennent de la couleur et de la densité.
Par contre il  est des moments où notre auteur se lâche; par exemple au sujet de Marie, vierge consacrée au service du temple, dont il attribue la grossesse à un jeune prêtre du Temple de Jérusalem ! Ou encore à propos de la “mort” de Jésus sur la croix !
Cela paraît-il plus extravagant et invraisemblable que de croire à une conception de Jésus par le fait d’un saint esprit dont personne n’avait idée à l’époque, à la résurrection d’un homme mort sur une croix ou à l’envol d’un homme puis d’une femme (ou inversement, on ne sait pas !) vers les hauteurs de la stratosphère ?
Voici donc un essai qui prend la forme d’un roman et cherche à mettre un lien entre des événements que les évangiles nous racontent. Il cherche aussi à combler les trous. Naturellement l’auteur, prêtre belge, un temps prêtre-ouvrier, transparaît dans certaines paroles qu’il prête à Jésus: “Tu vois Simon, il ne suffit pas d’avoir des lois et des commandements. Ce qui compte, c’est que la vie des hommes ait un sens ! … ”
“Le sens, n’est-ce pas d’aller vers les autres, les rencontrer, échanger, partager, communier ?”

Comme l’écrivait un ami belge qui le connaît bien :« : Ce livre est une invitation à penser le christianisme comme autre chose qu’une religion, le Christ comme autre chose qu’un dieu parmi d’autres, l’Évangile comme un message qui donne un sens à la vie plutôt qu’un amas de liturgies, de rites et de sacrements, dont l’homme d’aujourd’hui n’a que faire. » (Pierre Collet).
Mais n’en disons pas davantage pour ne pas gâcher votre propre découverte.
A vous de lire et de nous dire vos réactions.

Paul

“Jésus sans mythe et sans miracle. L’évangile des zélotes”  de Jacques Meurice,
a été édité en juin 2009 par les Éditions Golias
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Courrier des lecteurs

 J’ai bien pris connaissance avec l’attention que vous pouvez imaginer, des témoignages de vie qui s’ajoutent à de nombreux autres !

Je suis convaincu qu’ils finiront bien un jour par venir à bout de la citadelle machiste de la curie romaine, hélas bien solide encore ! Je crois cependant beaucoup à la force de ces témoignages !

Vous avez donné une définition du mot « transgression » que je partage. Il en est une autre que je tire tout simplement du dictionnaire « :…avancée lente de la mer, due à une remontée du niveau marin, à l’érosion rapide du rivage ou à un affaissement tectonique..  »

La mer ? Ce sont ces témoignages. Le niveau marin, c’est la vérité historique concernant la loi obligatoire du célibat clérical qui n’a rien à voir avec les évangiles, et encore moins avec une quelconque origine divine. Cette vérité fait son œuvre dans les esprits. Elle fait remonter le niveau de la mer !
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L’érosion, malgré les efforts actuels de restauration, c’est l’église au rivage des certitudes effritées par la poussée de l’évangile libérateur. L’affaissement tectonique, c’est la déformation du terrain qu’est le magistère romain, sous la poussée de la désunion de ses propres forces internes institutionnelles ! Le navire prend l’eau. Il y a des fuites de partout !
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Il faudra encore du temps sans doute pour un nouvel « aggiornamento » quoiqu’on ne sait jamais ! Un nouveau Jean XXIII peut arriver soudainement, pour un nouveau concile.

Tous les indicateurs sociologiques sont significatifs de cette avancée de la mer ! Cette avancée, c’est comme une sorte de tsunami non violent, calme, puissant !

L’année sacerdotale sous les auspices du « saint curé d’Ars », certes sympathique, ne pourra pas faire avancer grand chose. C’est comme vouloir éteindre un incendie avec un dé à coudre ! Cette année sacerdotale ressemble à un leurre, un appât, un artifice, un moyen d’attirer !C’est une louable stratégie, et ça marche toujours, ce genre de choses !

Il faut avoir le courage de dénoncer et débattre du sacerdoce de déjouer le piège, sans peur des représailles du pouvoir clérical, sans culpabilité et li-bé-rés !

Le chemin proposé par l’Évangile du Christ est autrement exigeant et vitalisant ! Il est difficile de voir le Christ aujourd’hui, « flanqué » dans un confessionnal pardonner les péchés des éternels pêcheurs que nous sommes, pour avoir fait de la peine au Bon Dieu !

Quel infantilisme délirant ! La gouvernance de l’Eglise actuelle se trompe d’époque comme d’habitude bien souvent, et quand elle arrive, c’est trop tard !

Le refus de l’Eglise des droits universels de l’homme est exemplaire, malgré le « rattrapage » ! L’Eglise a un besoin urgent d’un reformatage salutaire !

 Paul

Extrait de lettre d’un ami.

« Tu m’as dans un précédent message, déjà informé de l’existence de Plein Jour.

Par ces témoignages, on mesure l’incapacité de l’Eglise catholique à parler intelligemment de la vie. Depuis des siècles, elle navigue en dérive sectaire. L’impossibilité pour des prêtres de se marier met en évidence :

– la carence de la conception catholique du mariage, faisant de la procréation sa finalité. L’amour ne vient que comme une roue de secours.

– l’aliénation dans laquelle le statut des prêtres et leur formation plongent les hommes qui ont choisi cet état.

Au lieu de se battre pour l’ordination des femmes, il aurait été préférable et plus urgent de débattre du sacerdoce et du rôle du prêtre, de cette catégorie d’hommes prétendus hors du commun. Ils sont à part parce qu’ils permettent l’accès au sacré, à Dieu. Des hommes avec lesquels on ne peut pas avoir des relations normales… »

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PIEM  : Reconnaissance des enfants de prêtres

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