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Plein Jour n°9 de Juin 2010


SOMMAIRE

PJ Site Image Bulletin généraleAnna
Un tas de ruines  
Victoire 
Un homme d’église se marie
Heureux… enfin !
Ils ont osé !
Film : les Chats persans

Combat d’Alicja
Surpris par l’amour
Courrier des lecteurs

Théâtre à Avignon : Femmes de prêtres
Piem : Vive les femmes

 “JE ME RÉVOLTE. DONC NOUS SOMMES.”

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“Dans l’expérience absurde,

   la souffrance est individuelle.

A partir du mouvement de révolte,

   elle a conscience d’être collective,

      elle est l’aventure de tous…”
              Albert Camus

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ANNA !  Un témoignage difficile à écrire !

      Dix ans après, il reste une douleur indescriptible….

C’était en 1999. J’avais 23 ans quand j’ai connu C. par l’intermédiaire de ma cousine. Comme moi, Il est Polonais ainsi que la communauté dont il est l’aumônier Je l’avais déjà rencontré un an auparavant à la fête des étrangers. C’est là que je le vis pour la première fois. Notre rencontre fut brève. Je me souviens de son sourire charmeur et de son charisme. Il m’avait même proposé de partir au ski avec les jeunes de la communauté. Je n’y suis pas allée car je ne savais pas skier.  Quelques mois plus tard C proposa de donner des cours de Polonais pour les débutants et les  Moyens. Ma mère décida de me faire donner des cours. C’est là que tout à commencé. Chaque samedi soir à 19 h nous avions notre cours habituel. Nous étions seulement quatre à parler couramment le polonais.

Une bonne entente amicale régnait dans ce groupe de jeunes  Nous faisions quelques sorties  mais entre moi et C naissait plus que de l’amitié… des taquineries, un jeu sans conséquence. Chaque semaine je le ressentais un peu plus. Très vite, je me suis rendu compte qu’une animosité l’envahissait, quand un homme m’approchait. Notre relation était confuse. De plus nous avions formé un groupe de chant et nous passions donc plus de temps ensemble. Les mois ont passé, et j’ai compris que mes sentiments pour lui avaient grandi. Une évidence : je l’aimais ! J’ai essayé de me détacher de lui. Je suis partie pendant quelques mois. A mon retour il m’en voulait. Pourquoi ? Parce que j’étais rentrée ? Avait-il compris que je l’aimais ? S’en doutait-il ?

Puis l’affreuse nouvelle est tombée. C. allait  être muté à Varsovie. Une affectation voulue et qui allait malgré tout lui rendre service. La communauté commençait à jaser sur lui. Certains avaient compris qu’entre nous il y avait plus que de l’amitié…

Je me suis fâchée délibérément  pour pouvoir me détacher de lui. En vain, je n’arrivais pas à l’oublier.

Un jour, après un retour de voyage, il me donna rendez-vous chez lui. Amoureuse aveugle, je m’y suis rendue. Il savait ce qu’il allait faire. Il avait tout manigancé. Après quelques mots échangés, il me dit qu’il savait que je l’aimais. Petit à petit, la discussion a tourné en dispute. Soudain il m’a serrée dans ses bras et m’a embrassée. J’ai perdu toute notion de réalité. Ce fut magique ! Il était le premier homme qui posait ses mains sur moi. J’étais  vierge. Ce fut l’occasion d’une moquerie. « Pas avoir eu d’homme jusqu’à 24 ans ! » Peu importe ! Sur le moment j’étais heureuse ! Après avoir passé ma journée dans son lit et dans ses bras, subitement il a changé, se vantant de m’avoir fait un cadeau ! Le bla bla de la fille plaquée ! Pourtant il me fit plein de promesses, qu’on allait se revoir, qu’il donnerait de ses nouvelles… En vain, il est parti, me laissant seule dans mon chagrin.

Je sais que je suis aussi coupable. Quelque part je l’ai aussi séduit. Je ne lui jette pas la pierre. Nous étions deux ! Mais seulement il a changé. Après sa mutation, j’ai cherché à le contacter, à comprendre pourquoi il m’avait abandonnée dans ma peine. Nous nous sommes disputés, haïs. Il me déteste. Je ne me suis pas comportée comme une adulte. J’étais obsédée par lui. Je le désirais encore et encore. M’a t-il manipulée ? M’a t-il aimée ? Je ne sais plus… Je regrette mon attitude. Il m’a dit que je lui avais  enlevé sa joie de vivre et son sourire dont il rayonnait à l’époque, avant notre rencontre. Je sais que je l’ai détruit, comme il m’a détruite.

Dix années à me demander qui avait raison ? Et surtout, m’a-t-il vraiment aimée… ? Pour moi cela a eu une grave conséquence. J’ai tenté de me suicider.
Pas seulement à cause de lui. Pour diverses raisons. Je suis suivie par un psychiatre.

Puis, j’ai connu un homme qui était amoureux de moi. J’ai vécu avec lui pendant sept ans
Aujourd’hui j’en suis séparée par ma faute. Je n’arrive pas à oublier C. Pourtant j’aime encore l’autre…

Un grand merci a vous tous ! Vous m’avez sauvée par vos témoignages. Je n’ai plus honte d’avoir aimé un Prêtre!!!
Anna

Merci, Anna, de nous dire que nous avons pu t’aider à sortir de la culpabilité. Nous souhaitons que ces témoignages puissent permettre à d’autres personnes de relire leur propre vie et de s’en trouver revigorées. (Ndlr)

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UN TAS DE RUINES !

Cela faisait trois ans que nous nous connaissions. Et nous allions nous retrouver en réunion.
Je savais qu’il m’aimait, même s’il n’en avait pas pleinement conscience. Il s’était donné deux ans pour réfléchir. Savoir s’il allait se faire ordonner, ou s’il renonçait au sacerdoce. Il se débattait dans un trou noir à cause du célibat. Je n’avais aucune inquiétude à propos de notre rencontre. J’étais sûre de moi ! Le soir, je l’ai rencontré dans un couloir alors que nous ne l’avions pas prévu. Je me suis retrouvée dans ses bras. Dans ma mémoire, il y a un trou d’un quart de seconde : le moment entre la surprise de le voir, et l’instant suivant où j’étais dans ses bras.

Pourtant, c’est moi qui ai fait le pas. Lui n’a pas bougé. Il m’a accueillie comme il a accueilli mon amour.

Alors, nous avons essayé de voir ce que nous pouvions faire ensemble. Je savais que je devrais attendre. Peut-être pour rien. Cela m’importait peu. Nous avons toujours recherché la vérité, même lorsqu’elle était dure à dire, qu’elle allait faire mal, blesser l’autre. Ce fut là notre force, cette certitude que notre confiance a toujours grandi entre nous et nous a aidés.

Peu à peu, j’ai senti que son choix, il le faisait dans la paix. Il savait que j’accepterais. Je ne luttais pas, sachant que j’avais « été pour quelque chose dans sa décision ». Mais cela me faisait mal. Combien de fois ai-je pleuré dans ses bras ! Il me disait : « Si tu avais été éblouie trois ans plus tôt, comme tu l’es maintenant, nous serions mariés, mais… je ne serais pas l’homme  que je suis maintenant. » Ou bien, il me proposait qu’on se marie. Ma réponse était toujours la même : « Je le désire de tout mon cœur (il pouvait le lire sur mon visage) mais je ne le veux pas. » Pourquoi ?

J’avais l’impression que si j’acceptais, je lui demandais quelque chose de moins généreux et que, très vite, il aurait regretté. Je n’aurais pas pu alors le rendre heureux et notre mariage aurait été brisé au plus profond de nous-mêmes.

Le plus souvent, devant mes larmes, il se taisait. C’était notre souffrance.

Plus la date de l’ordination approchait, plus cela me faisait mal. Un jour, je me suis donc décidée à lui demander un long temps de silence entre nous. Je n’en pouvais plus. Je savais qu’il était réfractaire à ce genre de solution, mais il a accepté. La suite fut terrible. Je ne sais plus si cela a duré dix jours ou dix ans. Le temps ne s’écoulait plus…une éternité ! Je n’avais plus de raison de vivre. Il m’avait décentrée. Il m’avait fait sortir de moi pour vivre pour un autre. J’avais découvert une foule de choses par le partage de tout ce que nous vivions.
Il avait fait surgir de l’ombre des trésors inexplorés de tendresse, de dévouement, d’amour.

D’un seul coup, tout cela était fini. Choc terrible de vivre seule, après avoir fait un chemin à deux. Vivre seule,

je ne pouvais plus. Quelque chose de vital s’était brisé. Je voulais mourir. Comme tout ce qui mourait au plus profond de moi. Jour après jour, tout s’effondrait. Je doutais de tout. De la vie, de l’amour, de l’Eglise, de Dieu, de ce Dieu d’amour. Pourquoi aimer si c’est pour en arriver là ? Ma vie n’avait plus de sens. Je n’avais plus de raison d’être . Je ne savais plus de quel côté me diriger. J’étais comme une automate. Chaque matin, j’allais à mon travail. Je ne sais quelle force m’animait. Je chantais dans les couloirs, à mon grand étonnement. Je cherchais à rendre service, à être disponible. J’ai appris à faire attention à ce qui ferait plaisir à tel ou telle. J’écoutais ceux qui venaient me confier leurs ennuis, mais j’étais incapable de parler des miens. Peut-on parler lorsqu’on n’est plus qu’un tas de ruines ?Et le soir, dans ma chambre, je m’effondrais, me sentant encore plus seule que la veille. Ma sensibilité était exacerbée. J’étais écorchée vive. Des riens me faisaient mal. Il suffisait d’un film, d’une histoire d’amour,  d’un prêtre qui annonce son mariage…Une seule phrase me soutenait : « Bienheureux ceux qui pleurent, ils seront consolés. »’J’ai cru à cette consolation.

J’avais l’impression d’aller à contre-courant. Renoncer à l’amour d’ un homme  pour qu’il puisse se faire ordonner prêtre. Oui, j’ai renoncé. Mais en plus, je n’ai pas compris pourquoi. Je ne le comprends toujours pas. Alors que le célibat des prêtres est tellement contesté, que l’Eglise renforce sa position, que des prêtres se marient et le proclament bien haut. Et si dans cinq ou dix ans on ordonne des hommes mariés ? Une loi d’Eglise peut changer. Une loi devient caduque à partir du moment où elle n’est plus respectée.

Mais il y a une chose que je n’arrive pas à avaler. C’est cette impression que l’Eglise se ment à elle-même lorsqu’elle affirme que le célibat du prêtre est un acte libre ! Pour moi, c’est une condition « sine qua non »

Et cela me paraît grave.

C’est tellement habituel de dire que le prêtre est plus disponible parce qu’il est célibataire. Allons donc !Combien de prêtres ne sont pas faits pour le célibat et trouvent des dérivatifs à leur solitude : le jardinage, la réunionnite, la télé, le vin… ou tout simplement leur fonction, bureaucratie ou autre…
J’en connais d’autres formidables. Mais seraient-ils moins disponibles s’ils étaient mariés ?
La disponibilité vient du cœur et elle n’est pas le privilège des célibataires.

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VICTOIRE !!!

Il y a plusieurs années, je me rendais souvent à l’église, et je discutais avec les prêtres de la paroisse.

Pendant une période, j’ai suivi la catéchèse pour Adultes, “le chemin néo-catéchuménal”.

Un des prêtres du “chemin” me parlait souvent et nous sommes devenus amis.  Parfois une discussion sympathique avait lieu dans son bureau ou dans l’église.

Alors que nous étions toujours en relation, un jour, cet ami prêtre me téléphona.

Il  désirait me parler, et souhaitait me voir immédiatement, si possible à la sacristie.

C’est ce jour là que tout a commencé, mon ami m’a avoué qu’il m’aimait. Ce n’était plus une simple amitié, mais de l’ amour !! « Pendant ces quelques années », m’a-t-il dit « j’ai  gardé mes sentiments dans mon cœur     , mais je ne peux plus continuer ! II faut que tu saches tout ce que je ressens.  Je suis désolé de te faire porter à ton tour ce fardeau. » Il avait peur de me le dire, peur que je ne lui parle plus jamais, PEUR pour nous !! A cette époque Je n’avais pas de sentiment d’amour. Pour moi c’était une grande amitié. A la réflexion, après quelques jours à discuter entre nous, je me suis rendu compte que mes sentiments existaient bel et bien. Le temps passait, nous nous entendions très bien et j’avais accepté  l’Amour qu’il voulait m’offrir.

Malheureusement, les soucis ont commencé. Psychologiquement le stress d’être vus !! Nous étions très discrets : de nombreux rendez-vous chez moi, quelques sorties le soir. De merveilleux moments pleins de surprises, un voyage de 15 jours  tous les deux, à l’étranger, sans se cacher !! Quel bonheur !!

Le temps passait. Mon ami s’est mis à se tourmenter par rapport à notre relation. Il  avait fait des vœux ! Il pleurait, persuadé qu’ il trahissait  l’église et son Supérieur. Quelle culpabilité ! Ce fut très difficile, pour lui et pour moi !! Mis au courant, son Supérieur l’a incité à aller à Rome pour y  rencontrer son Père Spirituel, réfléchir, et se repentir. Un mercredi, mon ami m’annonce qu’il part et qu’il sera de retour le vendredi.  Déchirement de cette séparation ! Il m’a téléphoné  plusieurs fois en cours de route jusque tard le soir. Pendant son dernier appel, vers 23H00, il me dit qu’il me contactera le lendemain matin.  Le lendemain jusqu’à midi, aucun appel, je trouvais cela étrange, puisqu’il tenait toujours ce qu’il  promettait.

Puis vers 13H00 le téléphone sonna, c’était une personne qui connaissait bien mon ami et qui faisait partie du chemin néo-catéchuménal. Elle m’annonça qu’elle venait me voir accompagnée de son époux, et qu’ils étaient envoyés par Rome. Les minutes qui suivirent n’en finissaient pas. A-t-il eu un accident ? Est-il mort ? L’impression d’un cyclone qui emporte mon bonheur à jamais ! Quand ce couple arriva, j’étais en larmes face à leurs sourires. « Que se passe-t-il ? Il va bien ? »

– « Oui ! Il va bien, mais il ne souhaite plus te voir. Il ne t’a jamais aimée. Il doit rester prêtre. C’est Dieu qui en a décidé ainsi. Il est parti aux États Unis. » Ensuite, elle me posa des questions très indiscrètes sur nos relations intimes.

Quand ils sont partis, je me suis effondrée. J’ai essayé de téléphoner à mon ami. Rien ! Aucune tonalité ! Le chagrin m’envahit. Mon cœur était déchiré ! Et ce fameux couple qui ne cessait de me harceler avec des mensonges plus gros les uns que les autres. Des menaces… J’étais anéantie.

..Ces jours qui passèrent, je téléphonais tout le temps sur le portable de mon ami, mais rien !  Enfin, un jour, je tombais sur la messagerie en Italien !! Serait-il donc encore en Italie !! Oui évidemment !! Mensonge, les Etats-Unis !!

Une seconde surprise ne se fit pas attendre. Consultant ma boîte mail, je me rends compte qu’un message m’est parvenu. Un mail avec un pseudonyme ! Justement avec le prénom de mon chanteur favori !! A cet  instant je compris que c’était lui !! Le message disait : «  Prépare- toi à ce jour de l’Ascension !! » Message surprenant, mais que signifiait-il ? Enfin, une nouvelle ! un peu courte ! Mais il pensait à moi !

Les jours qui suivirent m’apportèrent d’autres messages, de plus en plus longs.  . Puis nous avons réussi à nous parler avec la Webcam. Et là, tout était différent. Il m’expliqua qu’il avait été envoyé pendant dix jours dans un Monastère en Italie, pour être à sa place, avec Dieu.. Puis resté en Italie pour travailler avec d’autres prêtres, bénir des maisons, reprendre sa voie et oublier, m’oublier. Il me parlait de nous, qu’il m’aimait, que je devais l’attendre !! Il se faisait de plus en plus pressant. Quand reviendrait-il ? Il ne le savait pas lui-même, mais je lui dis que je ne pouvais attendre indéfiniment. C’était trop douloureux ! Ce n’était pas ça la vie, l’Amour !!

Et voilà qu’un jour, à la Webcam, il me fait  une demande en mariage. Ma réponse jaillit de mon impatience : « Moi, je ne m’engage pas avec une machine ! Je ne te donne pas de réponse ! Quand tu seras devant moi, en chair et en os, alors je m’engagerai. Parce que je t’aime ! » Il me dit qu’il avait rendez-vous avec le Cardinal, qu’ils devaient se parler.

Après un mois et demi d’échange, de douleur, d’attente, quelqu’un frappa à ma porte ce soir là. Je me mis à la fenêtre et vis un homme, sourire aux lèvres avec de magnifiques fleurs à la main. C’était lui ! Lui que j’attendais en souffrance, en qui je croyais sans croire à son retour !! Ce fut un des plus grands et plus beaux jours de ma vie. Le plus incroyable aussi !! A partir de ce jour, nous ne nous sommes plus quittés !!

Il fallait apprendre à vivre ensemble, sans difficultés avec notre grand Amour, mais j’avais du mal à réaliser qu’il était là.. Par la suite, il a fallu quitter la région, malheureusement. Une région que j’aimais énormément, et qui me manque encore aujourd’hui. Mais nous n’avions pas le choix. Les supérieurs et quelques bonnes personnes avaient fait comprendre à mon ami que nous devions devenir des fantômes pour cette région !! Nous sommes donc partis, nous avons refait notre vie. Nous nous sommes mariés civilement et j’ai donné naissance à un adorable petit ange. Mais toutes les portes ne s’ouvrent pas, surtout celles de l’église. Afin de  nous marier religieusement, selon notre désir, et pour que mon mari soit rendu à l’état laïc, cela fait deux années que nous sommes en demande de « régularisation » et cela traîne !! L’honnêteté n’est pas au goût du jour ! Quelques évêques bien intentionnés vous font un sourire grandiose, un bel accueil en vous disant qu’ils acceptent de vous aider. Puis, plus rien !! Aucune nouvelle !! Notre demande est donc, à ce jour, encore en cours, en attente !!

Mon message s’adresse aux Compagnes de prêtres : «  Aimez-vous sans relâche, soyez unis. Ne vous découragez pas ! L’Amour est plus fort que tout. Si votre Amour est réel, l’aboutissement ne peut être que formidable… »

Angèle

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Un homme d’Eglise se marie

             C’est le 26 octobre 1975 que Marie-Thérèse et moi, avons scellé nos vies « devant Monsieur le Maire ». J’avais quitté la paroisse le 15 septembre et « remis les clés » à l’archevêque qui fut un ami et un confident pendant presque dix ans. Fin juin, j’étais venu le voir pour lui dire mon intention de me marier. Sa réaction spontanée me surprit : « Prends-la avec toi au presbytère et ne vous mariez pas ! » Venant d’un autre, j’aurais peut-être mieux compris… Mais de lui pour qui j’avais tant d’estime !… Homme de grande valeur, de bon sens, et prélat qui semblait enfin trancher avec la caste cléricale au pouvoir… Je n’ai rien répondu. Que peut-on répondre à pareille ineptie ? Ma décision était prise, je dirai plus loin pourquoi et comment.

Je dépendais de deux évêques, celui où j’exerçais mon ministère, et celui de l’institution à laquelle j’appartenais. Je devais donc avertir aussi ce dernier de ma décision. Curieuse coïncidence, je l’entendis me répondre : « Prends-la avec toi au presbytère et ne vous mariez pas ! » Là, ma réponse fut violente. De quel pain voulait-on me faire manger ? Quels signes allions-nous donner ? Inscrire toute une vie dans le mensonge ? Et l’honneur, et le bonheur de la femme…et le respect qui lui est dû ? Non, je ne mangerai pas de ce pain-là.

Une seule phrase conclut notre entretien : « Tu fais une connerie ! », me dit-il. Ce furent ses dernières paroles. Je n’ai pas souvenir que depuis, on se soit jamais reparlé. Il sut pourtant ressortir de « mon dossier » (j’ignorais que même là on était fichés…), et me montrer une lettre manuscrite qu’il avait lui-même écrite, à mon insu bien sûr, dans les années 62-64, dénonçant mon comportement envers la gent féminine.

Mais pourquoi deux évêques, sans s’être concertés, avaient-ils eu la même réaction ? S’ils m’ avaient fait à moi cette réflexion, ils avaient dû la faire à d’autres… et sans  doute, d’autres évêques avec eux ! Etait-ce un mot d’ordre de l’épiscopat en cette période de l’Eglise de France qui vit près d’un quart des  prêtres se marier, après l’échec du synode qui s’était tenu à Rome en 1971 sur la question du célibat des prêtres et qui avait lamentablement échoué, le pape d’alors mettant autoritairement un terme aux travaux qui s’acheminaient vers une ouverture ? J’ai voulu interroger là-dessus un troisième évêque qui sembla surpris de ce que je lui racontai, m’affirmant que non, aucun mot d’ordre, aucune consigne n’avait circulé en ce sens dans l’épiscopat. Il s’agissait donc d’initiative personnelle d’un fort mauvais goût.

Qui donc a écrit : « Celui qui fait la vérité vient à la lumière. » (Évangile de Jean 3/21) ?

Ceci dit, restait pour moi une décision lourde : dans quel statut officiel allais-je me placer vis-à-vis de l’Eglise ? Ayant refusé les amours clandestines, j’avais bien l’intention de vivre ma vie de couple au grand jour. Pour autant, rien au plus profond de moi ne contredisait ni ne trahissait ce premier engagement que j’avais fait en accédant au sacerdoce, et si ce n’était la discipline de l’Eglise, rien ne m’empêchait  de vivre cette double dimension du sacerdoce et du mariage dans une vie évangélique de prêtre ouvrier telle que je l’avais envisagée pendant mes années de séminaire, et qui était le fondement de mon sacerdoce.

Au moment de demander à être ordonné prêtre, cette question de la promesse de célibat m’avait alors fait hésiter. J’en étais sorti en me disant que l’avenir serait ce qu’il serait, et que la condition disciplinaire posée par l’Eglise ne pesait pas à la mesure de la mission à

laquelle je souhaitais donner ma vie, sachant bien que c’était là un objectif collectif, et que ma

petite personne s’inscrivait dans cet immense mouvement missionnaire dont j’avais la conviction qu’il échappait même à l’Eglise institutionnalisée et donc à sa discipline interne. J’avais alors décidé, une fois bien pesé les enjeux, de prendre le risque… le beau « risque de la foi » !

Le risque est devenu réalité… Un amour humain naissant, passé au crible de la séparation par la distance, vécu dans la fidélité à mon devoir d’état et au respect dû à la fonction qui fut la mienne pendant dix ans…, un amour humain qui avait pris forme et demandait à s’épanouir, venant à point nommé dans une période de grande mouvance ecclésiale et sociétale… Un amour humain qui appelait de moi une réponse autant justement pour rester fidèle à cette première démarche que je fis en juin 1956, que par respect de l’autre, trop souvent et trop longtemps sacrifiée, humiliée, rabaissée, condamnée au silence, celle à qui pendant quinze ans on avait répété « Il faut sublimer.. », celle qui jamais n’aurait voulu être un obstacle sur ma route, un écran entre Dieu et les hommes, celle qui vivait dans son cœur un amour exclusif « qu’elle n’avait pas cherché »,et qu’elle portait douloureusement

dans la dignité, la résignation et le silence.

C’est donc d’abord pour elle, par amour mais aussi par respect pour elle, et pour toutes celles qui furent, étaient et sont encore sacrifiées sur l’autel du machisme, de l’égoïsme et de l’hypocrisie cléricale, par respect pour LA femme, que je décidai de demander au pape d’être relevé de ma promesse de célibat. Il s’agissait bien d’une promesse faite le jour de mon ordination au sous-diaconat (disparu depuis), le vœu de célibat étant réservé à la vie monastique.

Une deuxième raison motivait cette démarche. Pendant dix-neuf ans, j’avais marié des couples à qui j’avais affirmé la grandeur et l’efficacité dans la grâce du sacrement de mariage ; combien de fois aussi, en combien d’occasions, que ce soit dans les sermons, des conversations, des révisions de vie, j’avais avec conviction affirmé que l’amour humain vécu dans le coupla était le plus beau reflet et la plus parfaite incarnation de l’amour de Dieu…et voilà que moi, mis en condition, je négligerais ce « don de dieu » ? En logique et honnêteté, mais aussi par conviction profonde et pour celle qui dans l’effacement avait attendu et méritait cette preuve d’amour, je décidai de faire la démarche pour me mettre en règle avec la discipline de l’Eglise, même si je la dénonçais, et de recevoir le sacrement de mariage.

Un vieux copain, futé comme un renard, et avec qui souvent je m’étais entretenu de ces questions, était chargé, pour le diocèse de Bordeaux, de constituer le dossier destiné aux instances romaines. A ma grande surprise, il me fit passer un interrogatoire rigoureux, indiscret, à la limite de l’offense ;;; sans doute pour me faire sentir l’aspect répugnant  et dépassé de ce genre de démarche et peut-être pour m’inciter à y renoncer… Il avait assisté au fameux synode de 1971 et en était revenu profondément écoeuré. Ma décision était prise,

J’irais jusqu’au bout…en soulignant avec insistance, en écrivant, en précisant plusieurs fois que  je demandais la permission de recevoir le sacrement de mariage en étant relevé de ma promesse de célibat, mais que je refusais ce que d’un mot inacceptable et juridiquement faux, on appelait la « réduction à l’état laïc ».

Quelque temps après, je fus convoqué par l’évêque. « J’ai, me dit-il reçu pour toi, un papier de Rome. Le voici, mais je ne peux pas te le donner. Tu es relevé de ta promesse de célibat.  – Comment ! ce papier me concerne et tu ne peux pas me le donner ? » Je le lui arrache des mains pour la forme et la beauté du geste. Il était écrit en latin, illisible. Et pour tout dire, les détails m’importaient peu !

Voilà comment, en mai 1976, Marie-Thérèse et moi, nous nous sommes donnés le sacrement de mariage.

 Jean

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Heureux… enfin !

Porté par mes parents aux fonts baptismaux, et devenu plus tard enfant de chœur, au pied de l’autel, j’ai bu dès le commencement de mon existence, au mystère de la foi.

Mon curé, inquisiteur, en ce temps-là, a demandé un jour, aux enfants de mon âge ( entre

8 et 11 ans) « Qui voulait être prêtre ?»

Spontanément, j’ai levé le doigt, mais je ne savais pas la suite ! A mon insu , il est allé trouver mes parents, sans que je le devine, et il a fait pression auprès d’eux ( malgré leurs réticences à me voir partir si jeune) pour que je quitte la maison et entre à l’école presbytérale, l’antichambre des petits séminaires d’alors ! Partir à 8 ans, loin de chez moi, fut une déchirure que je n’oublierai jamais !

J’étais écartelé entre être prêtre et quitter mes parents, mes frères et sœurs que j’aimais,  et dont j’avais besoin ! Mis en pension, j’ai vécu le crime psychologique parfait. J’ai été auto-suicidé, par le système recruteur de l’Eglise, sur l’autel de la foi, au nom de mon Amour de Dieu…

Pensionnaire, écarté de la vie de ma famille, j’ai été placé par le clergé, dans un type de relations refoulées, aux extrêmes de la Communauté Eglise, sans droit de vie intime.

Le JE qui choisit les relations nécessaires à sa croissance, comme tous les enfants du monde, s’est fondu dans un NOUS encadré, dicté par les prêtres, au nom de l’Absolu de Dieu qui régit tous les élans. Je me suis retrouvé dans un environnement formaté, vidé de ma conscience propre, avec un oedipe refoulé.

Je suis passé à la cure, à la curée de l’âme, de ce qui m’anime, si jeune, sans que je puisse en avoir la moindre conscience. Plus tard, entré au Grand Séminaire, j’avais beau dire que c’était important de parler de la sexualité, tout était ramené à la fin des temps, à l’eschatologie, au temps où nous serons comme des anges sans sexe…

Je suis tombé dans le piège de la vérité idéalisée, décrétée d’En Haut où tu refoules tout ce qui est d’En Bas !  Bien dans ma soif de Dieu, j’ai distillé la pilule du consentement rêvé, inhibé à la grande Cause de Dieu et du Service de son Eglise.

Je suis devenu un homme étrange, où, par sublimation des instincts au nom de Dieu, j’ai attiré les femmes à Moi tout en niant la relation à elles… Sans que je m’en rende compte, la Mère Eglise, la Mère symbolique, au nom de la radicalité pour Dieu, a envahi ma

conscience atterrée, mes comportements, mon environnement relationnel.

Je buvais tout de l’Eglise, comme du petit lait, sans recul, sans esprit critique, sans confrontation à la différence, sans le registre de la relation à la femme.

J’ai été écarté de Moi, au nom du sacerdoce, comme sans conscience de désir et d’attirance par l’autre sexe… J’ai été comme exclus de posséder un sexe d’homme, désirant de vibrer à la femme.

Devenu prêtre, j’avais endossé la peau de l’homme interdit, sans problème de relation, traitant chacun avec une ouverture d’esprit qui lui laissait entendre qu’il était seul au monde pour Moi; c’était vrai avec les hommes comme avec les femmes.

Bien des femmes, pour ne pas dire toutes, étaient amoureuses de moi. Je créais la cour autour de moi, puisque dans ma conscience et mes démarches d’homme et de prêtre, j’étais tout à la relation, vidé de l’homme en relation, vidé de cour… et attaché à toutes les cours…

J’étais universel, catholique, ouvert à tous, sans relation !

Refoulé dans ma sexualité, j’étais à l’exercice du petit masturbateur, inavoué à moi-même dans mes contradictions à pouvoir assumer la solitude réclamée par l’Eglise du célibat.

La vie est tenace et ne nous lâche pas, même dans nos folies aveugles.

J’ai remonté la pente vers la femme. Je la désirais et j’en étais interdit… Ses paroles de feu, ses paroles de Dieu m’attiraient. Je rejoignais peu à peu une source divine  dans une source humaine.

Cela a demandé des années et des années de rencontres, d’interpellations, d’échanges, pour m’apprivoiser à la relation interdite, à l’ordonnancement des affects.

J’ai rencontré  «  l’âme  sœur » , je l’ai reconnue, totalement différente de moi, la seule dont je reçois toutes les interpellations sans me défendre, même s’il faut des années pour les entendre vraiment et les intégrer.

Peu à peu, je me déraidis, je m’assouplis, je reviens vers la réalité :
je fais la différence  entre les relations multiples de l’existence et du ministère.

Je sais que la relation à la femme demande la rencontre, les échanges et les projets.

Peu à peu je passe au temps libre, alors que je n’étais que travail pour la bonne cause de l’Eglise. Je ne partais jamais, j’étais toujours au travail, dans le ministère : tout à tous, sans être à moi-même et à la relation. J’étais l’oublié de moi-même, et de l’autre, la femme.

Insensiblement, je rectifie mes approches; ça ne se fait pas sans altercations et combats intérieurs :
l’accouchement de soi en relation est long pour sortir de mes contradictions inavouées dues à des influences qui m’écartèlent entre Amour de Dieu, Amour de Soi, et Amour de la femme et des autres.

Je comprends que la sexualité est au centre de ma personne en relation et que la spiritualité s’inscrit dans le désir de totalité.

La Spiritualité est l’aspiration à une communion universelle dans le Un, dans le Christ, et la sexualité en est le moteur dans la relation et toutes les relations.

C’est comme homme que j’ai à me montrer, non coiffé d’une teinture d’inhibition où je suis à tous
sans être à moi-même, à l’autre, la femme.

La spiritualité n’est plus un carcan pour rester sage et me tenir tranquille; elle est le cadre d’accomplissement à l’extérieur de ma vie intérieure, nourrie de la relation à la femme qui m’interpelle pour me rejoindre dans mes profondeurs et m’amener à être plus homme en tout domaine, et, par voie de conséquence, dans le ministère.
Car la relation à l’autre, autre que moi, la femme, reconnue comme celle de ma vie, favorise l’établissement dans le bonheur d’aimer. La relation devient porteuse de ressourcement affectif pour aborder les évidences premières de l’existence : m’engager vraiment dans le Présent en tenant compte d’où je viens et vers où je vais.

La relation à la femme ne casse rien, même face à l’Eglise :
il s’agit de vivre à plein en tenant compte des réalités dites ou non dites.

Je ne crains pas de me montrer moi-même devant les autres, de tenir l’équilibre parfait de la relation dans un déséquilibre absolu devant les interdits de l’Eglise sur la femme, le sexe, le célibat, ou les pressions sociales d’où qu’elles viennent

L’obéissance à l’Esprit favorise cette légèreté d’attitude et de comportement qui rend libre.

Choisir son chemin, sa voie, les objectifs imprimés au cœur de sa conscience et des évènements qui surviennent, privilégie le sens des relations éclairées et des liens à établir.

Je me sens heureux d’être prêtre parce que je suis un homme heureux
dans une relation à la femme bien établie sur les bases de l’être, du cœur.

Que peut-il m’arriver de plus ? Si ce n’est d’aimer ! et d’aimer encore plus !

Vincent

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 ILS ONT OSE !….

 Elle avait 18 ans et moi, 30.

C’est à l’occasion de fêtes familiales que nos regards se sont croisés. Ce furent d’abord des sentiments très fraternels, qui devinrent plus profonds.
Une attirance très certaine se précisait. Nous en fûmes conscients…. Séparation oblige et éloignement.

Mais les circonstances voulurent que, lors d’un congé, des évènements familiaux nous réunirent à nouveau. Ce fut le déclic indéfinissable. Nous n’en étions pas les auteurs. Nous commencions à comprendre que nous ne pourrions plus vivre l’un sans l’autre.

La décision fut prise de partager notre vie, sans trahir notre secret, tout en continuant à assumer mon ministère paroissial, malgré les implications prévisibles.

Tu es Moi; je suis Toi. Nos sangs mêlés ont donné la vie. Nous rejoignions à travers l’Amour humain, l’Amour de Dieu, l’Amour en vérité. Ce que les hommes nous refusaient, Dieu nous le donnait : un enfant ! Mais quels problèmes cela soulevait ! Nous habitions ensemble dans un presbytère de
village, défiant tous les interdits.

A 20 ans, il est facile de s’intéresser à une vie paroissiale rurale. C’était l’époque où l’on se réunissait dans les familles pour des occasions très
précises et elles étaient nombreuses. Le prêtre y était invité avec sa famille, et l’instituteur également. Des liens amicaux se nouaient et ils durent encore…

Cependant, la situation ne pouvait s’éterniser. L’enfant grandissait au milieu de nous. Sa mère ne pouvait pas dire
” mon mari “; moi, je ne pouvais pas dire ” ma femme “, ni ouvertement  “mon fils”, pas plus que lui ne m’appelait
” papa”. Frustration humaine intolérable. Nous vivions notre amour au grand jour, tout en le gardant secret !!! Secret de polichinelle accepté silencieusement Les gens nous diront plus tard :  “Même mariés, ça ne changeait rien pour nous”.

Sous couvert d’anonymat, et par une tierce personne, je fis demander à Rome sa position face à notre problème… Il fut répondu officieusement  : “S’ils peuvent attendre, on s’occupe d’un cas semblable. ” Nous attendîmes avec douleur, tout en gardant une lueur d’espoir : être marié, et continuer le ministère… Nos prières ne faisaient que redoubler d’intensité dans l’enracinement de notre amour.

Lors d’une réception, l’évêque me demanda

-” Où en êtes-vous ? ”

J’attendais depuis longtemps ce moment. Ma réponse fut franche et directe

-“Nous désirons régulariser la situation par le mariage, et poursuivre mon ministère. ”

Je connaissais la réponse.

-“A l’heure actuelle, ce n’est pas possible ! ”

“M’autorisez-vous à demander la dispense à Rome ? ”

– Oui !  Il faudra quelques mois avant la réponse. En attendant, vous continuez votre service paroissial.

L’année d’après, réponse positive. Nous décidâmes d’un commun accord de la date où je cesserais mes fonctions.
Le maire de la commune nous maria et un confrère voisin nous bénit.

L’action tutélaire de l’Eglise hiérarchique s’arrêtait là ! Une nouvelle vie professionnelle devait commencer. Combien enrichissante aussi, grâce à mon voisin du presbytère qui m’engagea dans son service à la Faculté. Étonnement de certains ! Envie de quelques uns !

Nous n’étions coupés de personne. Nous partageons encore, trente ans après, certains évènements familiaux, paroissiaux ou communaux.

Voilà cinquante ans que nous marchons tous les deux, main dans la main, envers et contre tout.

René

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Nous avons vu le film : « Les chats persans »

En Iran, évitez de sortir en public avec un chat ou un chien, sous peine de les voir confisqués par la police. D’où le titre de ce film. Dans ce pays, la musique occidentale est interdite par les autorités. D’après l’Islam, la musique est impure puisqu’elle provoque gaieté ou joie. Elle doit donc se cacher dans les sous-sols. C’est là que nous rencontrons Negar et Ashkan, sortis de prison. Lassés de ne pouvoir s’exprimer librement dans leur pays, ils envisagent de rejoindre l’Europe. Pour financer ce projet, ils se proposent de monter un grand concert clandestin. A un rythme endiablé, ils sillonnent les rues de Téhéran sur leur moto, pour rallier les copains à leur idée de fuite.

Traqué par la police, Bahman Ghobadi a réalisé le tournage en dix-sept jours.

Très beau film sur la résistance opiniâtre à la privation de liberté.

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Le combat d’Alicja en Pologne 

Alicja Tysiac, jeune femme issue de la classe ouvrière polonaise a pu, soutenue par les  féministes polonaises, faire condamner en 2007 l’Etat polonais par la Cour Européenne des Droits de l’Homme, pour refus d’IVG légale au terme d’une longue lutte juridique.

Depuis l’interdiction de l’IVG en 1993 en Pologne, la loi ne permet d’avorter qu’en cas de viol, de malformation du fœtus  ou de danger pour la santé de la mère. Lourdement handicapée suite à ses deux premières grossesses, Alicja craignait de perdre définitivement la vue lorsqu’elle s’est retrouvée enceinte pour la troisième fois. Elle demanda l’autorisation d’une IVG légale.
Les médecins la lui refusèrent au terme de procédures humiliantes et dégradantes dans lesquelles son handicap a été nié et moqué. Elle a donc accouché d’une petite fille et elle est devenue quasi aveugle. Elle attaqua alors les institutions polonaises
pour non-respect de la loi, jusqu’à se retrouver devant la plus haute juridiction européenne. La Cour Européenne des Droits de l’homme (dépendant du Conseil de l’Europe) a condamné l’Etat polonais pour non respect du droit.

Depuis, l’ensemble de la classe politique polonaise considère son acte d’assigner son pays devant la justice européenne
comme scandaleux et inconcevable. Alicja est ainsi présentée comme l’ennemie de la nation par l’Eglise polonaise, aussi bien par  l’Episcopat que par les  médias dépendants de l’Eglise. Elle est régulièrement décrite comme une véritable incarnation du mal. Elle est dénigrée et insultée au cours des messes et ce, non seulement par des prêtres fondamentalistes, mais aussi par
des hiérarques de l’Eglise polonaise.

Dans son combat pour préserver son honneur et sa vie, Alicja a décidé de contre-attaquer. Le 30 juin 2008, elle a assigné en justice devant le tribunal local de Katowice le rédacteur en chef du magazine ecclésiastique à grand tirage : ” L’invité du Dimanche” et la société d’édition de ce magazine appartenant à l’Episcopat.

Alicjia s’estime diffamée, calomniée et injuriée par ce magazine qui, de façon répétée l’a présentée comme une meurtrière d’enfants et l’a comparée aux criminels nazis. Elle a demandé des excuses et des dommages et intérêts.

Les laïques et les catholiques européens, et des réseaux féministes envoient des lettres de soutien à Alicja afin de signifier au tribunal polonais que toute l’Europe observe avec attention ce procès dont l’enjeu est la liberté d’expression des citoyennes européennes face à la puissance du Vatican. Le 23 septembre dernier, la juge du tribunal de première instance de Katowice
a condamné le magazine et l’archevêché de Silésie à publier des excuses et à verser 30 000 Zlotys de dommages et intérêts
(10 000 euros) à Alicja Tysiac. Ce jugement constitue une première victoire des partisans de la laïcité sur la volonté d’une hiérarchie religieuse d’imposer ses conceptions à toute la société en Europe de l’Est. Il ouvre une première brèche en condamnant fermement les discours de haine ainsi que l’instrumentalisation de la Shoah à laquelle l’avortement est comparé.

L’Eglise polonaise ne veut pas désavouer tout le discours idéologique dans lequel les femmes « avorteuses » jouent un rôle de bouc émissaire primordial. L’archevêché de Silésie a refusé  de s’excuser auprès d’une femme et a fait appel de la décision
du tribunal. L’épiscopat polonais a surtout cherché  à discréditer la juge du Tribunal de 1ère instance en lui reprochant des
vices de procédures. La juge est une femme. Elle incarne l’autorité de l’Etat polonais, et l’Eglise ne manque jamais une
occasion de montrer son profond mépris pour les femmes et pour l’Etat polonais

Le verdict de la Cour d’Appel de Katowice du 5 mars 2010 vient de confirmer  le jugement de première instance
favorable à Alicja Tysiac.
C’est une victoire de la liberté d’expression pour les femmes, en matière d’avortement et de sexualité. La solidarité internationale a joué à plein et a été payante.

Des associations féministes et autres ont envoyé des dizaines de lettres à la Cour d’Appel, demandant aux juges de ne pas céder aux pressions de l’extrême droite polonaise et de l’épiscopat.

Des ambassades polonaises ont reçu des lettres de soutien à Alicja de la part d’organisations et de particuliers dans plusieurs pays. Ce ne sera qu’en tissant des liens de solidarité internationale que nous réussirons enfin à ce que les droits des femmes deviennent réalité dans les trois pays où ce n’est pas encore le cas en Europe : en Pologne, en Irlande et à Malte.

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Surpris par l’amour

 Les voies de l’amour sont multiples.

Personnellement, c’est au terme d’une responsabilité nationale que l’amour m’est tombé dessus Je ne bénéficiais pas des éléments de confort d’un curé mais quand même, il fallait trouver un travail professionnel et si, dans un premier temps, le domicile de ma future épouse, bien que très étroit, pouvait nous accueillir tous les deux, il restait à prévoir un changement à court terme, donc, un loyer plus élevé.

Je ne pouvais concevoir d’exercer un travail dont je ne ressentirais pas l’utilité pour la société. Et comme je ne me voyais pas le trouver sans m’être attelé à une formation ad hoc, j’ai d’abord choisi de cumuler un travail à temps partiel et une formation en soirée et week-end. Ce fut un peu la galère pendant deux années. Mais le partage à deux des joies et des difficultés ainsi que la satisfaction d’une nouvelle insertion sociale ont fait le reste !

Cependant, la formation reçue au séminaire n’est pas totalement à négliger. Elle peut avoir donné une capacité d’écoute, une volonté de transformer les relations humaines, une certaine promotion du respect dont manque notre société. De telles aptitudes sont appréciées par certains employeurs. J’en ai été moi-même fort étonné. J’ai été embauché comme directeur de plusieurs centres socioculturels, puis comme formateur auprès d’élèves assistantes sociales en université, et enfin, comme conseiller et formateur en relations humaines et en commercialisation ! Il est vrai que, dés le départ, j’avais complété cette sensibilité par trois ans de formation universitaire.

Un de mes amis, professeur de théologie, expulsé de son domicile, a pu trouver une place dans l’enseignement privé. Sans le sou (un professeur de séminaire, ça touchait des clopinettes !), il a été propulsé immédiatement professeur de français et de culture générale. Et à 100 kilomètres de sa compagne (le plus loin possible, lui avait-on dit !).

D’autres opteront pour une formation professionnelle plus ciblée. Un de mes amis est parti à l’époque en centre FPA et, depuis, il a mêlé le maniement de la truelle et la fonction d’enseignant.
L’essentiel n’est-il pas de trouver un emploi, épanouissant si possible, en privilégiant les métiers à forte valeur ajoutée… en relations humaines. Cela ne s’improvise pas et doit faire l’objet d’une recherche personnelle ou, mieux, à deux. Il n’est pas évident à 30, 40 ou 45 ans de se soumettre au jugement d’un DRH en lui présentant un CV souvent un peu alambiqué ! Dure épreuve de se retrouver à 40 ans sur les mêmes bancs que des jeunots de 18 à 19 ans !  Salutaire épreuve, dirais-je, car elle peut alors nous dépouiller de nos certitudes et de nos complexes de supériorité; et surtout nous amener à concevoir la vie d’une tout autre manière. Cette difficulté nous interroge sur notre vie antérieure. Ne sommes-nous pas passés à côté des  raisons de vivre de nos contemporains ? Nous partagions le même air, le même soleil, la même église, et nous étions sur une autre planète ! Quand on passe de l’autre côté de la barrière, on ne peut que partager une autre vision des choses et des gens.

Lorsqu’un prêtre découvre l’amour, un amour fort et partagé, il peut décider de le vivre clandestinement, à condition que cet enfouissement soit partagé; il ne serait pas honnête d’en faire supporter le poids le plus lourd à sa compagne. Ou bien, il va voir son évêque. Mais aller se « dénoncer », c’est courir le risque de se voir privé de sa fonction et de tout ce qui y demeure attaché d’un jour à l’autre, souvent sans ménagement ! Vous étiez un bon prêtre, un bon aumônier de jeunes hier. Aujourd’hui vous devenez un exclu, un indigne ! Combien de prêtres n’ont-ils pas entendu cet ordre donné sans vergogne :”Et vous devez partir le plus loin possible”. quelle authenticité ! quelle continuité ! Pour moi, je préfère analyser les réalités avec d’autres critères, ceux des relations humaines, pas ceux des relations ecclésiastiques trop sélectives, trop factices et superficielles, trop liées à l’usage qu’on va faire de votre vie parce que vous êtes censé en avoir remis les clefs à un supérieur !

Le curé de paroisse rurale, une fois nommé par son évêque, n’a pas besoin de chercher un logement; le presbytère est tout prêt à l’accueillir. S’il y a des travaux à réaliser, pas de problème ! les paroissiens les prendront en charge et dieu sait si certains curés ne se sont pas privés d’alourdir la facture ! Je n’en parle pas au hasard. Quant aux factures d’eau, de gaz, d’électricité, de chauffage ? Une partie est souvent prise en charge par la paroisse, voire par la commune. Pas de taxe foncière; c’est la mairie qui est généralement propriétaire ou la paroisse. Taxe d’habitation ? Oui, en principe puisque c’est personnel, mais il y a des dégrèvements.

Et puis de temps en temps un paroissien sonne à la porte pour offrir le produit de sa chasse du dimanche. Quelques lapins… Quand ce n’est pas une cuisse de sanglier ! Beau sens du partage ! Et puis pour les fêtes, les habituelles gâteries de Noël. Les occasions ne manquent pas et certains curés savent choisir les paroisses les plus “donneuses” ! Certes le salaire reçu de l’évêché n’est pas copieux mais il y a les honoraires de messe (à l’époque on ne les déclarait pas !)  et certains paroissiens sont très soucieux de leurs défunts. (Simonie ?) Moyennant quoi l’impôt sur le revenu n’est pas très lourd sinon inexistant, contrairement au citoyen lambda. Pas de risque d’aller pointer au chômage, surtout aujourd’hui où la fonction se caractérise par un surplus de travail ! mais de quel travail ? La  vie se passe à faire des kilomètres, à distribuer des sacrements, à enterrer les gens, à faire du rite la plupart du temps, au détriment d’un accompagnement personnel dans le cheminement d’une foi partagée.
Bref, il y a malgré tout quelques avantages matériels liés au statut. Ce n’est pas le Pérou ! mais il faut se faire à l’idée qu’ils risquent d’être perdus … si mon “patron” a eu vent de ma relation (une dénonciation “amicale” d’un confrère ou d’un intégriste de service !).
Au cours de mes différentes responsabilités ecclésiales, j’avais personnellement conclu que la manière d’exercer notre ministère, notre statut, n’était pas accordée avec le message que nous voulions annoncer. Un autre style de vie m’apparaissait plus évangélique, qui serait celui d’une vie engagée au milieu des gens et intégrée, non marginale, dans une société dont nous avions la prétention de vouloir l’aider à se transformer. Et nous la connaissions pas ! Pour ma part, ma chance avait été d’accompagner pendant 10 ans des personnes dans le cadre d’un mouvement d’Action catholique; cela m’avait déjà permis un premier pas sur cette voie.

Un conseil : ne pas cumuler les difficultés. Inutile de trop présager de ses forces en cette période de sérieuses interrogations et à la veille, peut-être, de profonds bouleversements.
Pourquoi ne pas solliciter auprès de son évêque ou de son supérieur une année sabbatique ? Inutile d’évoquer la situation de compagnonnage. Soyez même d’une extrême prudence à ce sujet. Une trop grande confiance, y compris auprès d”un confesseur, en a piégé plus d’un, d’autant que la rumeur à pu vous précéder ! Plutôt demander une année sabbatique, tout simplement parce que tous les travailleurs ont droit à des congés formation et qu’un recyclage ne peut être que bénéfique dans toute fonction, surtout lorsqu’il s’agit d’une grave responsabilité comme conduire une paroisse ou accompagner un mouvement.
Ce temps de répit permettra d’abord de réfléchir et d’approfondir, seul et à deux. Il convient même de jouer le jeu. Au terme d’une année de réflexion et d’un commun accord, votre décision pourrait être de conserver une profonde amitié… et d’en rester là. C’est aussi un risque qu’il faut savoir prendre.
Voilà qui change considérablement d’une vie quelquefois toute tracée avec ses obligations programmées.

Il va falloir choisir, décider pour sa propre vie, comme à un croisement de chemin. Et en se  déterminant ensemble, puisqu’un début d’amour réciproque est en jeu. Premier exercice de partage en profondeur.
Ce délai d’un an va permettre aussi, dans le cas d’une décision de partage de vie, de choisir une formation professionnelle. Les études de théologie, même poussées jusqu’à la licence, ne donnent pas particulièrement accès à un emploi ou alors comme pasteur dans l’église réformée; c’est la voie que certains ont choisi, rares cependant !

Cette épreuve demande un certain courage pour aborder une nouvelle vie. Mais l’expérience prouve que bien des “prêtres reconvertis” ont trouvé, à travers un style de vie partagée, une grande paix. A travers des engagements  variés, ils ont retrouvé une continuité avec leurs anciennes responsabilités, ou du moins avec la volonté qui les animait, une vraie fidélité à eux-mêmes. Et assez souvent avec une manière de prolonger le Message par des voies dégagées du religieux. Ils estiment même souvent cette vie plus évangélique.

Suis-je seul dans mon cas ? Non, surtout depuis les années 70 ! beaucoup d’autres ont aussi décroché. 100.000 prêtres à travers le monde, dont 10.000 en France, à commencer par les aumôniers d’Action catholique, ceux qui étaient le plus insérés dans la société. Ils n’en ont pas été moins fidèles à leur engagement profond, mais ils ont su intégrer leur passé et rebondir.[1]
Que de découvertes durant cette année sabbatique, année de répit. A se demander pourquoi une telle rupture ne devrait pas être carrément instituée et obligatoire ! Il est vrai que pour l’Institution, ce serait prendre des risques sérieux. A 35, 40 ou 45 ans, on ne voit pas la vie de la même manière, surtout pour des personnes qui ont suivi la filière depuis le petit séminaire !
Cette règle  d’une fonction exercée “à vie”, et à partir d’un engagement signé à 25 ans, ne devrait-elle pas être repensée en fonction des évolutions de la société et des personnes concernées, infiniment différentes de ce qu’ont connu les prédécesseurs, ce qui n’a rien à voir avec une baisse de générosité ?

Mais là n’est pas notre problème aujourd’hui. Il s’agissait surtout de réfléchir à l’impact sur une vie de cet avènement d’un amour jusqu’alors inconnu. Et d’envisager comment faire face en analysant un simple témoignage.

Amis, Bonne route

Jean

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 Courrier des lecteurs

 Je viens de lire avec beaucoup d’intérêt, votre revue prêtée par une amie….

Mariée pendant 55 ans, j’ai perdu mon mari il y a peu de temps. J’ai pris conscience de l’ineptie de l’obligation de célibat pour les prêtres, il y a fort longtemps. C’était en 1953 !

J’étais toute jeune maman quand j’ai reçu à la maison un ami de la famille de mon mari, prêtre dans le milieu des artistes de la région parisienne. Il m’a demandé de prendre le bébé dans ses bras. Je n’oublierai jamais cet homme souriant installer l’enfant au creux de ses genoux, avec beaucoup de douceur, et le regarder longuement, puis me le redonner avec un soupir, en me disant : « Quel dommage qu’il me soit interdit d’avoir des enfants ! »

Par la suite, en 1970, après l’ordination de mon plus jeune frère, un de mes amis de tradition juive, m’a dit : « Mais ton frère prêtre, c’est une moitié d’homme ! » Vlan !… C’était vrai : mon frère a été «  mutilé ». Il s’est interdit, en obéissance à l’Eglise, de laisser s’épanouir toute une partie de sa personnalité. Il a été, durant toute sa vie de prêtre, un homme malheureux, sans vouloir le montrer.

En 1973, mon mari, deux de nos enfants et moi-même, sommes allés à Cantorbery, avec notre groupe œcuménique. C’est le Docteur Ramsay et son épouse qui nous ont reçus dans leur demeure épiscopale :rafraîchissements et petits gâteaux, puis prière dans leur chapelle privée. Inoubliable ! Quel chaleureux accueil ! Quelle simplicité ! Et ce partage, malgré la barrière de la langue ! En revenant, j’ai dit à mon mari : « Ne crois-tu pas que cet accueil est dû à la présence de son épouse ? Quand on a été reçus chez l’évêque, c’était froid et impersonnel ! »

Depuis 2000 on parle beaucoup plus ouvertement des prêtres mariés, radiés de l’Eglise, «  réduits » à l’état laïc ou pas. Merci pour les laïcs ! sous-entendu, de bas étage ! Quel gâchis !

Toute cette richesse, toute cette générosité dont l’Eglise institution se prive, et nous prive

En 2007, j’ai adhéré à « Nous sommes aussi l’Eglise » A une réunion, nous avons parlé de Léon Laclau et de Marga. Quelqu’un a rapporté les lamentations entendues. «  On se plaint du manque de prêtres, pourquoi ne pas ordonner des prêtres mariés ? » Ce fut comme une gifle. Cela voulait dire que devant la pénurie de prêtres, on pourrait, à la rigueur, admettre des hommes d’un état inférieur, c’est à dire mariés. C’est une injure à la femme, et à la femme que je suis. Comme si la femme était un pis aller. L’Eglise a trop souvent considéré la femme comme celle qui pouvait empêcher le dévouement total à Dieu

En 1974, une de mes amies avait donné un cocktail pour inaugurer sa nouvelle maison. Elle y a invité notre aumônier. C’était pour lui l’occasion de connaître d’autres gens, d’être mêlé à d’autres conversations. D’un commun accord, nous avons convenu que si les prêtres étaient mariés, ils n’auraient pas besoin d’aller à toutes ces réunions d’Action catholique pour connaître la vie de la cité, les groupes de femmes, les bureaux et les usines, les réunions de parents d’élèves… ils y seraient de l’intérieur. Donc, quand on objecte que le prêtre serait happé par sa famille s’il en fondait une, et qu’il ne pourrait à cent pour cent consacrer son temps au Seigneur, c’est vraiment dévaloriser la femme, l’épouse, la vie de famille, la vie professionnelle.

A longueur de siècle, l’Eglise a dénigré la femme tout en faisant de grandes déclarations élogieuses sur la vie de famille. Seule, Marie a échappé à la critique…parce qu’elle a été déclarée vierge. Quant à Mgr Vingt Trois, inutile d’en parler !

Merci pour votre revue. Je souffre avec ceux et celles que l’Eglise intransigeante et castratrice a cassés, elle qui se dit notre mère, experte en humanité.

Catherine

Je viens de recevoir le bulletin N°8 de « Plein Jour » avec un bel éditorial. Vous tenez la route avec courage. C’est vrai, il y a une sève qui circule et qui manifeste un dynamisme de vie et de renouveau. La lettre de Djemila est magnifique de courage et de résistance .Et maintenant c’est l’Italie qui se tourne vers vous…(Jacques Gaillot)

Bravo pour le bulletin de mars. Très riche de beaucoup de vécus. Merci pour mon petit témoignage. Tu t’investis beaucoup et je t’en félicite. Je crois beaucoup à ce travail souterrain d’où sortira une église rajeunie, humaine et vivante.(Louis)

Merci pour le numéro de « Plein Jour » que nous avons reçu hier. Mon épouse et moi l’avons lu avec un vif intérêt. Les témoignages sont forts et  traduisent l’impasse dans laquelle la hiérarchie engage nombre d’hommes et de femmes animés d’une grande générosité. Merci de votre persévérance.
Cyril et M Claude

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Dernière minute ! Théâtre en Avignon : Femmes de prêtres

« Femmes de prêtres ? », une pièce de théâtre d’une Compagnie suisse « Paradoxe » a été  jouée au Festival Off d’Avignon, durant tout le mois de juillet. Elle le sera encore en 2011 après une tournée en Suisse dont sont originaires les auteurs et acteurs, puis en France. A ne pas rater !
Voir la présentation par Dominique : Bulletin N° 10

Deux femmes vivent une relation conjugale avec deux prêtres. Y a-t-il d’un côté la « vérité » absolue qui consiste à tout dire, le plus rapidement possible et  à tout le monde ? Ou bien y a-t-il une forme de respect de l’autre qui passe par un dévoilement progressif, voire d’une forme de vérité cachée ?

En fait, il n’y a pas de réaction idéale, mais seulement des réponses “humaines”.
Voilà une initiative bien en phase avec notre combat. Soyons nombreux à l’encourager.
Dominique

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PIEM : Vive les Femmes

Vive les femmes !

Vive les femmes !

Plein Jour C/o Dominique Venturini, Cigalon, rue du Serpolet, 84160 Lourmarin. 04 90 68 02 30
venturinid@wanadoo.fr
Site : https://plein-jour.eu