{"id":266,"date":"2013-01-18T06:44:06","date_gmt":"2013-01-18T05:44:06","guid":{"rendered":"https:\/\/plein-jour.eu\/wordpress\/?p=266"},"modified":"2022-02-24T16:56:19","modified_gmt":"2022-02-24T15:56:19","slug":"saga-6-histoire-du-celibat-dans-lecr-par-pierre-pierrard-historien","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/plein-jour.eu\/wordpress\/saga-6-histoire-du-celibat-dans-lecr-par-pierre-pierrard-historien\/","title":{"rendered":"SAGA 6 Histoire du c\u00e9libat dans l&rsquo;Eglise Catholique Romaine\/  par Pierre Pierrard, historien"},"content":{"rendered":"<p>R\u00e9flexion de Pierre Pierrard, historien chr\u00e9tien, sur le c\u00e9libat des pr\u00eatres, en suivant le cours de l\u2019histoire.<\/p>\n<p><strong>Des origines au concile de Trente (XVI\u00e8me si\u00e8cle)<\/strong><\/p>\n<p>Il semble que, d\u00e8s le 5\u00e8me si\u00e8cle, l\u2019Eglise romaine ait pris l\u2019habitude de refuser l\u2019ordination aux hommes qui\u00a0 s\u2019\u00e9taient remari\u00e9s apr\u00e8s la mort de leur premi\u00e8re femme&nbsp;; si, au moment de leur \u00e9lection aux ordres, ils n\u2019\u00e9taient pas mari\u00e9s, ils ne pouvaient pas le faire ensuite&nbsp;; quant aux clercs mari\u00e9s, ils \u00e9taient fortement invit\u00e9s \u00e0 vivre dans la continence avec leur \u00e9pouse.<\/p>\n<p>Le lien \u00e9tabli \u2013 d\u2019une mani\u00e8re qui est loin d\u2019\u00eatre universelle entre le sacerdoce et le non-usage de la sexualit\u00e9, notamment dans le mariage, tient \u00e0 plusieurs raisons, qui s\u2019entrem\u00ealent&nbsp;: l\u2019assimilation du pr\u00eatre au religieux, lequel est tenu \u00e0 la continence dans le c\u00e9libat, une assimilation qui fera probl\u00e8me durant des si\u00e8cles, rejet\u00e9e qu\u2019elle sera par les clercs s\u00e9culiers; la vieille opposition, reprise de saint Paul, mais aussi du sto\u00efcisme et du\u00a0 n\u00e9oplatonisme (qui soulignait le dualisme entre le corps et l\u2019\u00e2me), entre la chair et l\u2019esprit, tout acte sexuel \u00e9tant assimil\u00e9 aux \u00ab\u00a0\u0153uvres de chair\u00a0\u00bb, mauvaises en soi. Toute une th\u00e9ologie se d\u00e9veloppera autour de ce th\u00e8me:\u00a0Orig\u00e8ne, par exemple, consid\u00e9rait que, la chair \u00e9tant impure, la sexualit\u00e9 l\u2019est aussi et que le p\u00e9ch\u00e9 se transmet, tel un poison, par l\u2019acte sexuel.<\/p>\n<p>On pourrait croire que, durant les si\u00e8cles qui vont suivre, cette th\u00e9ologie va entrer dans les m\u0153urs chr\u00e9tiennes, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment dans les m\u0153urs eccl\u00e9siastiques. Il s\u2019en faut de beaucoup, et cela pour plusieurs raisons. D\u2019abord, parce que la notion de mariage consacr\u00e9 met des si\u00e8cles \u00e0 se d\u00e9finir, si bien que le \u00ab\u00a0concubinage\u00a0\u00bb, qui sera le fait d\u2019innombrables clercs, sera consid\u00e9r\u00e9 par les populations comme un mariage de fait, qui n\u2019a rien en soi de scandaleux. Ensuite, parce qu\u2019il fut longtemps difficile de distinguer les \u00ab\u00a0clercs majeurs\u00a0\u00bb des \u00ab\u00a0clercs mineurs\u00a0\u00bb, ceux-ci pouvant \u00eatre des la\u00efcs mari\u00e9s. Enfin, et surtout, parce que, jusqu\u2019au concile de Trente, existe un large foss\u00e9 entre ce qu\u2019on pourrait appeler \u00a0\u00bb la haute Eglise\u00a0\u00bb \u2013 \u00e9v\u00eaques et moines -, qui monopolise le pouvoir et la culture, et le \u00ab\u00a0bas clerg\u00e9\u00a0\u00bb, dit s\u00e9culier (du si\u00e8cle), sans formation, sans orientation, et assimil\u00e9 au petit peuple dont il partage la vie. Dans de telles conditions, parler de \u00ab\u00a0la d\u00e9cadence de la cl\u00e9ricature\u00a0\u00bb \u00e0 travers le long Moyen-\u00e2ge rel\u00e8ve de l\u2019anachronisme.<\/p>\n<p>Il est certain qu\u2019au XI\u00e8me si\u00e8cle, quand la soci\u00e9t\u00e9 occidentale commence \u00e0 \u00e9merger de la f\u00e9odalit\u00e9, la plupart des pr\u00eatres vivent en \u00ab\u00a0concubinage\u00a0\u00bb ; leur compagne est parfois appel\u00e9e pr\u00eatresse, ce qui suscite l\u2019ironie des fabliaux mais non le scandale des fid\u00e8les (1). C\u2019est l\u2019\u00e9poque de la R\u00e9forme gr\u00e9gorienne \u2013 de Gr\u00e9goire VII et de ses successeurs -, au cours de laquelle les conciles locaux et les conciles romains (les 1er et 2\u00e8me conciles de Latran, 1123, 1139) multiplient les condamnations du \u00ab\u00a0concubinage\u00a0\u00bb eccl\u00e9siastique et plus encore du sacerdoce h\u00e9r\u00e9ditaire&nbsp;; les fils de pr\u00eatres ne pourront d\u00e9sormais \u00eatre ordonn\u00e9s sans une dispense de Rome&nbsp;: en aucun cas. ils ne pourront\u00a0 recevoir de b\u00e9n\u00e9fice eccl\u00e9siastique ni succ\u00e9der \u00e0 leur p\u00e8re.<\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 du clerg\u00e9, les r\u00e9ticences se manifestent. En 1080, est r\u00e9dig\u00e9 en Normandie un trait\u00e9 intitul\u00e9\u00a0\u00ab\u00a0S\u2019il est permis au pr\u00eatre de contracter mariage\u00a0\u00bb\u00a0: son auteur reproche \u00e0 Rome d\u2019imposer abusivement aux clercs s\u00e9culiers des obligations qui n\u2019incombent qu\u2019aux moines. Dans l\u2019Alsace du XII\u00e8me si\u00e8cle, s\u2019il faut en croire un chroniqueur contemporain, bon nombre de cur\u00e9s vivaient maritalement sans que cela choqu\u00e2t leurs paroissiens, qui s\u2019en f\u00e9licitaient plut\u00f4t, n\u2019h\u00e9sitant pas \u00e0 dire qu\u2019ainsi leurs femmes et leurs filles risquaient moins d\u2019\u00eatre importun\u00e9es par le pr\u00eatre.<\/p>\n<p>Aux XIV\u00e8me et XV\u00e8me si\u00e8cles, au d\u00e9but de la Renaissance, la mise en cause du c\u00e9libat des clercs prend une allure intellectuelle, au nom de l\u2019humanisme, un humanisme qui, dans le temps, s\u2019insurge contre la corruption des m\u0153urs au niveau de la Haute Eglise, \u00e0 commencer par les palais romains.<\/p>\n<p>Ce que l\u2019Humanisme reproche aussi \u00e0 l\u2019Eglise, c\u2019est son discours sur la femme, un \u00eatre m\u00e9pris\u00e9, voire ha\u00ef parce que trompeur irr\u00e9cup\u00e9rable, mal\u00e9fique. Dans l\u2019acharnement que l\u2019Eglise mettra \u00e0 exiger de ses clercs le c\u00e9libat entre un tr\u00e8s fort sentiment \u2013 ancestral \u2013 d\u2019antif\u00e9minisme dont Jean Delumeau, dans La peur en Occident, XIV\u00e8me- XVIII\u00e8me si\u00e8cles (Fayard, 1978), a brillamment rendu compte, mille exemples \u00e0 l\u2019appui.<\/p>\n<p>Du concile de Trente au XX\u00e8me si\u00e8cle<\/p>\n<p>En ce qui concerne le c\u00e9libat eccl\u00e9siastique, la R\u00e9forme protestante et la R\u00e9forme catholique prennent des orientations diam\u00e9tralement oppos\u00e9es. Tandis que pour Luther, qui consid\u00e8re que le \u00ab\u00a0sacrement de l\u2019ordre a \u00e9t\u00e9 invent\u00e9 par l\u2019Eglise du pape\u00a0\u00bb, le c\u00e9libat est une offense \u00e0 la fois au Dieu biblique et \u00e0 la nature humaine, le concile de Trente (1545-1563) renforce les privil\u00e8ges spirituels de la cl\u00e9ricature, la transformant en une caste sup\u00e9rieure, proche de Dieu et de sa perfection, et, par cons\u00e9quent, pure de c\u0153ur et de corps.<\/p>\n<p>En France notamment, il faudra un si\u00e8cle pour que cette r\u00e9forme du minist\u00e8re sacerdotal entre dans la r\u00e9alit\u00e9 quotidienne. Durant toute la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XVII\u00e8me si\u00e8cle, tenue, m\u0153urs, comportement, instruction, capacit\u00e9, souci pastoral\u2026, les visites des \u00e9v\u00eaques et des pr\u00e9dicateurs r\u00e9v\u00e8lent sur tous ces points de graves d\u00e9ficiences chez de nombreux pr\u00eatres. Qu\u2019on se souvienne des impressions de Vincent de Paul, missionnaire dans le Beauvaisis vers 1620 et d\u00e9couvrant la foule des \u00ab\u00a0mauvais pr\u00eatres\u00a0\u00bb. En 1638, visitant son dioc\u00e8se, Alain de Solminihac, \u00e9v\u00eaque de Cahors, constate que, dans maintes paroisses, \u00ab\u00a0on ne fait nulle difficult\u00e9 de mettre dans les livres des baptis\u00e9s apr\u00e8s le nom des enfants ill\u00e9gitimes, celui de leur p\u00e8re avec expression de sa qualit\u00e9 de pr\u00eatre comme s\u2019il e\u00fbt fallu laisser \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9 des marques de leur incontinence \u00ab\u00a0. Quarante ans plus tard, \u00c9tienne Le Camus, \u00e9v\u00eaque de Grenoble, re\u00e7oit la d\u00e9mission de nombreux cur\u00e9s \u00ab\u00a0vieux concubinaires\u00a0\u00bb qui craignent son courroux.<\/p>\n<p>Car, avec la fondation et la multiplication \u2013 \u00e0 partir de 1660 \u2013 des s\u00e9minaires, qui sont pris en charge, notamment, par les Sulpiciens, les Lazaristes et les Eudistes, la r\u00e9forme eccl\u00e9siastique entre vraiment dans les faits et dans les m\u0153urs. Ceci gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019action et au rayonnement des grands mystiques appartenant \u00e0 ce que qu\u2019on a appel\u00e9 \u00ab\u00a0l\u2019\u00c9cole fran\u00e7aise de spiritualit\u00e9\u00a0\u00bb : Bourdoise, B\u00e9rulle, Olier, Vincent de Paul, Jean Eudes\u2026 Eux font du pr\u00eatre s\u00e9culier non seulement le \u00ab\u00a0religieux de Dieu\u00a0\u00bb mais l\u2019homme qui, dans sa vie, doit rassembler toutes les vertus du religieux, et d\u2019abord une chastet\u00e9 absolue \u2013 devenue la \u00ab\u00a0sainte Vertu\u00a0\u00bb \u2013 dont le c\u00e9libat est le signe intangible.<\/p>\n<p>D\u00e9sormais, alors que les cardinaux et les \u00e9v\u00eaques exposent au grand jour des m\u0153urs aristocratiques tout naturellement l\u00e9g\u00e8res, la vie priv\u00e9e du pr\u00eatre s\u00e9culier, essentiellement du pr\u00eatre de paroisse, entre dans une zone secr\u00e8te, dont il ne sortira pas de sit\u00f4t.<\/p>\n<p>Quand Alexis de Tocqueville, dans L\u2019Ancien R\u00e9gime et la R\u00e9volution (1856), note \u00e0 propos du clerg\u00e9 fran\u00e7ais du XVIII\u00e8me si\u00e8cle, qu\u2019il y a eu rarement dans l\u2019histoire un clerg\u00e9 \u00ab\u00a0plus \u00e9clair\u00e9, plus national, mieux pourvu de vertus publiques et en m\u00eame temps de plus de foi\u2026\u00a0\u00bb, il a raison en gros, ou en surface. Car, si d\u00e9sormais la question du c\u00e9libat eccl\u00e9siastique est consid\u00e9r\u00e9e comme d\u00e9finitivement r\u00e9gl\u00e9e par l\u2019Eglise romaine, tout ce qui touche \u00e0 la vie sexuelle et affective du pr\u00eatre est soigneusement tu.<\/p>\n<p>Ce qui a pour effet de d\u00e9cha\u00eener l\u2019anticl\u00e9ricalisme des tenants des Lumi\u00e8res, aux yeux de qui le c\u00e9libat religieux obligatoire, impos\u00e9, est \u00e0 la fois une hypocrisie, une forme de despotisme, une atteinte \u00e0 l\u2019autonomie de l\u2019homme, un acte contre nature, une menace pour l\u2019\u00e9quilibre d\u00e9mographique de la Nation. En 1789, on \u00e9value \u00e0 122&nbsp;000 les hommes qui sont r\u00e9put\u00e9s eccl\u00e9siastiques. A l\u2019article \u00ab\u00a0clerc\u00a0\u00bb du Dictionnaire philosophique de Voltaire, on trouve cette notation typique, qui r\u00e9sume tout&nbsp;: \u00ab\u00a0Depuis le concile de Trente, il n\u2019y a plus de dispute sur le c\u00e9libat des clercs, il n\u2019y a plus que des d\u00e9sirs\u00a0\u00bb. Il est vrai que, dans sa pr\u00e9dication, l\u2019Eglise du XVIII\u00e8me si\u00e8cle ne cesse de condamner ces d\u00e9sirs, pensant ainsi les \u00e9touffer. Dans un cantique du plus c\u00e9l\u00e8bre missionnaire d\u2019alors, Grignion de Montfort (1673-1716), les Vierges sages se gaussent en ces termes des Vierges folles, qui veulent se marier&nbsp;: \u00ab\u00a0Que perd-on au mariage&nbsp;? \/ Dirai-je la v\u00e9rit\u00e9&nbsp;? \/ On se met en esclavage \/. On perd en tranquillit\u00e9. \/ On se souille, on s\u2019embrasse \/. Souvent on y perd la gr\u00e2ce.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Tout naturellement, la R\u00e9volution jacobine (1792-1795) pr\u00e9conise et favorise le mariage des pr\u00eatres. Pour des motifs tr\u00e8s divers, un nombre important de pr\u00eatres se marient alors&nbsp;: apr\u00e8s le Concordat, leur situation canonique sera apur\u00e9e par le cardinal Caprara. Par d\u00e9cret de 1806, Napol\u00e9on 1er \u00ab\u00a0abandonne \u00e0 leur conscience\u00a0\u00bb \u2013 en fait autorise \u00e0 se marier \u2013 les pr\u00eatres qui n\u2019ont pas repris leur fonction depuis le Concordat de 1801.<\/p>\n<p>Puis, la porte se referme&nbsp;: apr\u00e8s 1806, le mariage, m\u00eame civil, sera interdit aux pr\u00eatres, mesure qui, tout au long du XIX\u00e8me si\u00e8cle, va jeter \u00e0 la rue, et parfois dans la mis\u00e8re noire, ceux qui voudront quitter leur \u00e9tat. Car\u00a0\u00a0 Napol\u00e9on est un farouche partisan (pour les autres) du c\u00e9libat qui, selon lui, cr\u00e9e une asc\u00e8se utile \u00e0 l\u2019\u00c9tat et \u00e0 la<br \/>\nNation. C\u2019est pourquoi, il songe un moment \u00e0 obliger au c\u00e9libat les membres de l\u2019Universit\u00e9 imp\u00e9riale&nbsp;; les congr\u00e9ganistes, fr\u00e8res ou s\u0153urs, seront toujours pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s par lui aux instituteurs mari\u00e9s&nbsp;: la Restauration, la Monarchie de juillet, la seconde R\u00e9publique, le second Empire pratiqueront la m\u00eame politique.<\/p>\n<p>Au lendemain du Concordat de 1801, l\u2019Eglise de France se reconstitue telle qu\u2019elle \u00e9tait avant la Tourmente.\u00a0 Ernest Renan, parlant du s\u00e9minaire de Saint-Sulpice, o\u00f9 il fut de 1842 \u00e0 1845, \u00e9crit&nbsp;: \u00ab\u00a0Tout fut r\u00e9tabli comme avant la R\u00e9volution&nbsp;; chaque porte tourna dans ses anciens gonds, et comme d\u2019Olier \u00e0 la R\u00e9volution rien n\u2019avait subi de changement, le XVII\u00e8me si\u00e8cle eut un point de Paris o\u00f9 il continua sans la moindre modification.\u00a0\u00bb Ceci \u00e9tait encore vrai en 1930.<\/p>\n<p>Dans ces conditions, le pr\u00eatre, devenu fonctionnaire du culte, est, plus que jamais, astreint non seulement au c\u00e9libat (il ne peut le rompre sans provoquer scandale et trouble), mais \u00e0 la continence la plus parfaite. Qu\u2019on ne vienne pas dire que cela r\u00e9clame un h\u00e9ro\u00efsme surhumain&nbsp;: \u00ab\u00a0Une goutte d\u2019huile sainte fait un pr\u00eatre chaste\u00a0\u00bb, r\u00e9plique Lacordaire, qui sera cependant un familier des flagellations destin\u00e9es \u00e0 faire taire \u00ab\u00a0le vieil homme\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Et tandis que les innombrables auteurs de livres pieux \u2013 tel Henri Dubois, auteur de Le saint pr\u00eatre (1856) \u2013 multiplient les conseils de prudence aux cur\u00e9s et aux vicaires, qui sont n\u00e9cessairement amen\u00e9s \u00e0 fr\u00e9quenter femmes et jeunes filles, se d\u00e9ploie une formidable litt\u00e9rature anticl\u00e9ricale, ax\u00e9e principalement sur les d\u00e9bauches secr\u00e8tes des pr\u00eatres&nbsp;: Le confesseur de ma femme d\u2019Edgar Richer (1874) conna\u00eet, par exemple, un succ\u00e8s \u00e9norme. Tandis que, dans les s\u00e9minaires, les Diaconales, \u00e9crites en un latin \u00e0 la fois pr\u00e9cis et prudent, initient les futurs confesseurs \u00e0 une casuistique qui ne laisse dans l\u2019ombre aucune des particularit\u00e9s des relations sexuelles humaines.<\/p>\n<p>Or, le XIX\u00e8me si\u00e8cle, et encore le XX\u00e8me si\u00e8cle dans sa premi\u00e8re moiti\u00e9, rench\u00e9rissent sur les si\u00e8cles \u00e9tudi\u00e9s par Jean Delumeau dans la condamnation du sexe, et particuli\u00e8rement du sexe de la femme&nbsp;: \u00e0 tel point que, dans le langage eccl\u00e9siastique, la femme est d\u00e9sign\u00e9e du nom de \u00ab\u00a0personne du sexe\u2026\u00a0\u00bb. Ce qui n\u2019emp\u00eache pas l\u2019homme vou\u00e9 au c\u00e9libat, ou tout simplement \u00e0 une vie vertueuse, de se m\u00e9fier de son propre sexe&nbsp;: tous ceux qui, dans leur enfance et leur adolescence, ont \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9s sur les bancs des petits s\u00e9minaires, de juv\u00e9nats ou de coll\u00e8ges religieux, ont souvenance de la place \u00e9norme, disproportionn\u00e9e, envahissante qu\u2019occupaient la sexualit\u00e9 et par opposition \u00ab\u00a0la sainte vertu\u00a0\u00bb, dans leur existence et leurs fantasmes. Notre directeur r\u00e9p\u00e9tait&nbsp;: \u00a0\u00bb On parle quelquefois de la puret\u00e9, toujours des moyens de la conserver, jamais de l\u2019impuret\u00e9\u00a0\u00bb. Bref&nbsp;: le grand \u00e9cart \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9.<\/p>\n<p>Pour revenir au pr\u00eatre, et particuli\u00e8rement au pr\u00eatre concordataire, si on ne sait rien ou presque, de sa vie priv\u00e9e \u2013 \u00e0 moins que celle-ci ne soit d\u00e9nonc\u00e9e par la voix ou la m\u00e9chancet\u00e9 publiques -, on peut deviner, \u00e0 travers des papiers oubli\u00e9s dans les presbyt\u00e8res ou en lisant des ouvrages comme Les confessions d\u2019un cur\u00e9 de campagne, d\u2019Emmanuel Domenech ( 1883), ou Les m\u00e9moires d\u2019un vicaire de campagne, d\u2019Antoine Aum\u00e9tayer ( 1843), ce que dut \u00eatre la solitude de corps, d\u2019esprit et de c\u0153ur de beaucoup de pr\u00eatres \u2013 les jeunes surtout \u2013 \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9, \u00e0 peu de choses pr\u00e8s, les 36&nbsp;000 clochers de France \u00e9taient pourvus en cur\u00e9s (en 1869, on comptait, dans une France de 35 millions d\u2019habitants, 56&nbsp;295 pr\u00eatres). A la t\u00eate de paroisses de 200 \u00e2mes ou moins, certains (beaucoup&nbsp;?)\u00a0 perdaient pied&nbsp;: ils recouraient \u00e0 des occupations, \u00e0 des compensations \u00ab\u00a0convenables\u00a0\u00bb \u2013 travail manuel, recherches historiques\u2026 \u2013 ou moins bien re\u00e7ues, notamment la boisson. Sans oublier la femme, la servante ou autre&nbsp;: la compensation physique, ou tout simplement la recherche d\u2019une affection, d\u2019un \u00eatre capable de partager, de dialoguer.<\/p>\n<p>Cela peut conduire au crime, comme celui de l\u2019abb\u00e9 Mingrat, cur\u00e9 pr\u00e8s de Grenoble, sous la Restauration, qui tua et d\u00e9pe\u00e7a la jeune femme qui attendait un enfant de lui (comme le fera, en 1956, le cur\u00e9 d\u2019Uruffe, en Lorraine). Plus g\u00e9n\u00e9ralement, cela aboutit au d\u00e9placement, \u00e0 l\u2019exil dans quelque \u00ab\u00a0Sib\u00e9rie\u00a0\u00bb du dioc\u00e8se, sur ordre de Monseigneur. Mais cela peut aussi conduire au suicide&nbsp;: quand le p\u00e8re Blot, en 1891, fonde \u00e0 Paris (15\u00e8me), une chapelle o\u00f9 l\u2019on priera \u00e0 l\u2019intention des personnes pouss\u00e9es au d\u00e9sespoir et au suicide, il r\u00e9serve une place dans ses pri\u00e8res aux pr\u00eatres suicid\u00e9s. En 1968 encore, Jacques Duquesne ouvrira son livre Demain, une Eglise sans pr\u00eatres&nbsp;? par un chapitre intitul\u00e9&nbsp;: \u00a0\u00bb Monsieur le cur\u00e9 s\u2019est suicid\u00e9 \u00a0\u00bb .<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9poque contemporaine<\/p>\n<p>La S\u00e9paration des Eglises et de l\u2019Etat (1905), si elle appauvrit mat\u00e9riellement l\u2019Eglise de France, la lib\u00e8re spirituellement. Ce qui ne change rien \u00e0 la discipline eccl\u00e9siastique, au contraire, l\u2019autorit\u00e9 de Rome, de Pie X, se faisant plus pesante. La Grande Guerre, en mobilisant des milliers de s\u00e9minaristes, de pr\u00eatres et de religieux, qui sont m\u00eal\u00e9s \u00e0 la grande souffrance commune, provoque un rapprochement \u00e9vident entre la masse indiff\u00e9rente ou ignorante et le clerg\u00e9&nbsp;; elle provoque aussi quelques \u00ab\u00a0d\u00e9parts\u00a0\u00bb. Mais, des \u00ab\u00a0ex\u00a0\u00bb, des \u00ab\u00a0d\u00e9froqu\u00e9s\u00a0\u00bb, on ne parle pas&nbsp;: on les pousse vers la porte de service, qui donne sur le d\u00e9sert. Dans le monde eccl\u00e9siastique, et dans le monde tout court, on \u00ab\u00a0ferme les yeux\u00a0\u00bb sur les petites \u00ab\u00a0fredaines\u00a0\u00bb de certains, \u00e0 partir du moment o\u00f9 elles sont cach\u00e9es. J\u2019ai re\u00e7u autrefois les confidences de l\u2019ancien secr\u00e9taire d\u2019un dominicain c\u00e9l\u00e8bre vers 1920, lequel lui avait avou\u00e9&nbsp;: \u00ab\u00a0Je ne puis me passer de femme\u00a0\u00bb ; en effet, ce religieux avait deux enfants, parfaitement clandestins&nbsp;; il devait mourir entour\u00e9 d\u2019honneurs, ayant v\u00e9cu jusqu\u2019au bout le modus vivendi que l\u2019Eglise avait am\u00e9nag\u00e9 pour lui.<\/p>\n<p>Dans l\u2019histoire du pr\u00eatre fran\u00e7ais, l\u2019entre-deux-guerres constitue une p\u00e9riode d\u2019euphorie. D\u2019une part, on voit appara\u00eetre un nouveau type de pr\u00eatre&nbsp;: le pr\u00eatre ouvrier, l\u2019aum\u00f4nier de scouts, de la Croisade eucharistique, surtout l\u2019aum\u00f4nier de l\u2019Action catholique sp\u00e9cialis\u00e9e \u2013 la JOC notamment \u2013 qui est comme transfigur\u00e9 par un apostolat in\u00e9dit, \u00e0 base de confiance et d\u2019enthousiasme (\u00ab\u00a0Nous referons chr\u00e9tiens nos fr\u00e8res\u00a0\u00bb). Un aum\u00f4nier jociste \u00e9crit&nbsp;: \u00ab\u00a0Il me semble que le c\u00e9libat du pr\u00eatre, en JOC, est comme un lieu d\u2019accueil, de rencontre de toute l\u2019\u0153uvre de l\u2019Esprit Saint. \u00c7a vaut le coup d\u2019\u00eatre tout entier donn\u00e9, ordonn\u00e9, pour vivre, accueillir les richesses des gars\u00a0\u00bb. D\u2019autre part, en vue de gonfler le recrutement sacerdotal, l\u2019accent est mis, comme au XVII\u00e8me si\u00e8cle, sur la pr\u00e9\u00e9minence absolue du pr\u00eatre&nbsp;: \u00a0\u00bb II est au-dessus, bien au-dessus des simples fid\u00e8les\u00a0\u00bb , \u00e9crit en I936, le R.P. P\u00e9rinelle, OP, et aussi sur la place \u00e9minente de la m\u00e8re de pr\u00eatre, comme en t\u00e9moignent des ouvrages tels que mon petit pr\u00eatre ( 1917) du p\u00e8re Lhande ou R\u00eave de maman du chanoine Chauvin&nbsp;: il y a l\u00e0 un v\u00e9ritable \u00ab\u00a0d\u00e9placement\u00a0\u00bb d\u2019ordre affectif.<\/p>\n<p>Vient la Seconde Guerre mondiale, qui ouvre \u00e0 tant de pr\u00eatres des horizons inconnus et les oriente vers la \u00ab\u00a0Mission\u00a0\u00bb, elle aussi grosse de tous les espoirs et de tous les enthousiasmes. Vient ensuite le concile Vatican II (1962-1965), dont certains se demandent s\u2019il n\u2019a pas renvers\u00e9 le courant dans la direction de Luther et de Calvin, ces tenants du sacerdoce universel des baptis\u00e9s&nbsp;; dont d\u2019autres pensent que, malgr\u00e9 le d\u00e9cret De Presbyterorum ministerio et vita, il a laiss\u00e9 le pr\u00eatre sur l\u2019impression de n\u2019avoir pas \u00e9t\u00e9 pleinement compris, \u00ab\u00a0d\u2019\u00eatre dans une position assez inconfortable entre l\u2019\u00e9v\u00eaque, dont on a soulign\u00e9 toute l\u2019importance, et le la\u00efc, r\u00e9tabli dans la pl\u00e9nitude de sa vocation chr\u00e9tienne\u00a0\u00bb (Paul Guilmot).<\/p>\n<p>Surtout&nbsp;: le pr\u00eatre se rend compte que le Concile n\u2019a pas abord\u00e9, et a encore moins r\u00e9solu, les probl\u00e8mes vitaux de son existence \u2013 le c\u00e9libat, notamment, que Paul VI s\u2019est r\u00e9serv\u00e9 -, et \u00e9vit\u00e9 le fameux \u00ab\u00a0malaise\u00a0\u00bb du clerg\u00e9, particuli\u00e8rement sensible en France. Au d\u00e9but, on parle assez volontiers de \u00ab\u00a0l\u2019heure du pr\u00eatre\u00a0\u00bb, avec la mise en place des conseils presbyt\u00e9raux, de la formation permanente\u2026 Mais on devine que la temp\u00eate menace&nbsp;: le pr\u00eatre, dans une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9, paradoxalement, les hommes sont \u00e0 la fois de plus en plus solidaires et de plus en plus solitaires, se r\u00e9v\u00e8le \u00e9cartel\u00e9. Comment \u00eatre \u00e0 la fois pr\u00e9sent au monde et s\u00e9par\u00e9&nbsp;? Pasteur mais missionnaire&nbsp;? Interm\u00e9diaire mais semblable&nbsp;?\u2026 On le consid\u00e8re comme un \u00eatre hybride dont on reste \u00e9loign\u00e9 mais dont on ne tol\u00e8re aucune faiblesse, un homme du pass\u00e9, incapable de se d\u00e9p\u00eatrer de liens archa\u00efques, ou, au contraire, comme un explorateur aveugle et sans boussole. Et comment concilier le c\u00e9libat obligatoire avec la mystique du mariage qui se d\u00e9veloppe alors, en m\u00eame temps que la r\u00e9habilitation de tout \u00ab\u00a0le peuple de Dieu\u00a0\u00bb ?<\/p>\n<p>Et c\u2019est la grande bourrasque des ann\u00e9es 1965-1975, marqu\u00e9e par la chute, de plus en plus forte, des ordinations et des entr\u00e9es dans les s\u00e9minaires&nbsp;; marqu\u00e9e, surtout, par le d\u00e9part massif \u2013 plusieurs milliers \u2013 de pr\u00eatres d\u00e9sar\u00e7onn\u00e9s, d\u00e9sempar\u00e9s, ou scandalis\u00e9s par l\u2019inad\u00e9quation entre les promesses du printemps conciliaire et l\u2019inertie institutionnelle.<br \/>\n\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2013<br \/>\n(1) \u00ab\u00a0Malgr\u00e9 la duret\u00e9 de l\u2019\u00e9glise, il semble que la plupart des clercs aient \u00e9t\u00e9 encore mari\u00e9s autour de l\u2019an 1000. Cf. \u00ab\u00a0Des eunuques pour le royaume des cieux, l\u2019\u00e9glise catholique et la sexualit\u00e9. Uta Ranke-Heinemann. Ed. Robert laffont. p. 124<\/p>\n<p>Quelques notations personnelles<\/p>\n<p>Ces \u00ab\u00a0d\u00e9parts\u00a0\u00bb, comme ceux qui ont suivi, et qui ont toujours lieu, sont \u00e9minemment r\u00e9v\u00e9lateurs&nbsp;; ils devraient provoquer l\u2019Eglise \u00e0 recourir \u00e0 la vertu majeure qu\u2019est la vertu de discernement. Or, depuis que Paul VI s\u2019est \u00ab\u00a0r\u00e9serv\u00e9\u00a0\u00bb la question du c\u00e9libat eccl\u00e9siastique, celle-ci n\u2019a cess\u00e9 d\u2019\u00eatre reprise par des groupes de chr\u00e9tiens nombreux et lucides, avec ses deux aspects principaux&nbsp;: la non-obligation du c\u00e9libat pour acc\u00e9der aux minist\u00e8res consacr\u00e9s&nbsp;; la prise en compte, par l\u2019Eglise, de l\u2019existence de milliers de pr\u00eatres mari\u00e9s et du capital spirituel et pastoral volontairement non employ\u00e9 qu\u2019ils repr\u00e9sentent, en compagnie de leurs \u00e9pouses et de leurs enfants.<\/p>\n<p>II ne suffit plus, comme on Ie faisait dans les presbyt\u00e8res et les sacristies d\u2019autrefois, de d\u00e9clarer, avec un clin d\u2019\u0153il, \u00e0 l\u2019annonce du \u00a0\u00bb d\u00e9part \u00a0\u00bb d\u2019un pr\u00eatre&nbsp;: \u00ab\u00a0Cherchez la femme\u00a0\u00bb. C\u2019\u00e9tait une facilit\u00e9, qui occultait les multiples probl\u00e8mes n\u00e9s du c\u00e9libat obligatoire dans la cl\u00e9ricature&nbsp;; c\u2019\u00e9tait les r\u00e9duire au seul domaine affectif, sexuel, un domaine o\u00f9 les gens d\u2019Eglise ont toujours \u00e9t\u00e9 d\u2019une grande maladresse&nbsp;: comme si le d\u00e9tachement d\u2019avec l\u2019Institution ne pouvait pas ne pas \u00eatre provoqu\u00e9 par des d\u00e9sillusions ou des souffrances existentielles.<\/p>\n<p>Il est \u00e9vident que beaucoup de pr\u00eatres ont trouv\u00e9 ou trouvent dans la disponibilit\u00e9 offerte par le c\u00e9libat un espace lib\u00e9rateur, propice \u00e0 la f\u00e9condit\u00e9 et au bonheur. Il est non moins \u00e9vident que, pour d\u2019autres, que nous aimons, le c\u00e9libat est un fardeau insupportable, qu\u2019ils essaient d\u2019all\u00e9ger ou dont ils s\u2019efforcent de se d\u00e9barrasser en se tournant vers cet \u00eatre de douceur et d\u2019attention qu\u2019est la femme, compagne naturelle de l\u2019homme.<\/p>\n<p>Alors on dit&nbsp;: le pr\u00eatre est incapable de fonder un foyer, un m\u00e9nage solide. Voil\u00e0 encore une de ces p\u00e9titions de principe par lesquelles on s\u2019\u00e9vade du monde r\u00e9el&nbsp;! Les richesses intellectuelles et spirituelles apport\u00e9es par un pr\u00eatre sont immenses&nbsp;: alli\u00e9es \u00e0 celles d\u2019une \u00e9pouse, elles peuvent composer un type humain, un couple d\u2019une teneur exceptionnelle.<\/p>\n<p>Bien s\u00fbr, le pr\u00eatre, en se mariant, n\u2019est pas d\u00e9charg\u00e9 de ses habitudes, de ses sch\u00e9mas de pens\u00e9e, de ses r\u00e9actions de c\u00e9libataire, ou plut\u00f4t de vieux gar\u00e7on. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment sur le plan du \u00ab\u00a0vieux-gar\u00e7onnisme\u00a0\u00bb que porte ma r\u00e9flexion personnelle sur le c\u00e9libat des pr\u00eatres. Je l\u2019\u00e9cris comme je le pense&nbsp;: ce qui me frappe chez beaucoup de pr\u00eatres, ce qui, souvent, me fait les distinguer parmi les hommes, c\u2019est une certaine mani\u00e8re de se replier rapidement dans leur domaine personnel, de ne pas \u00e9couter vraiment ou de s\u2019\u00e9couter parler, de laisser la m\u00e9fiance ou l\u2019ennui \u00e9tablir des distances, \u00e0 la fois invisibles et palpables entre eux et leurs interlocuteurs. Bref, ce qui, \u00e0 mes yeux, condamne le c\u00e9libat obligatoire, c\u2019est qu\u2019il tend \u00e0 fabriquer des introvertis.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas que le mariage constitue le moule de la perfection dans les rapports humains, surtout en ces temps o\u00f9 lui-m\u00eame se d\u00e9lite. Mais il me semble que, pour un certain nombre de pr\u00eatres, peut-\u00eatre pour un grand nombre, la pr\u00e9sence constante d\u2019une femme, \u00eatre essentiellement accueillant et donnant, les aiderait \u00e0 sortir d\u2019eux-m\u00eames et \u00e0 d\u00e9couvrir vraiment leur prochain.<\/p>\n<p>Pierre Pierrard<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9flexion de Pierre Pierrard, historien chr\u00e9tien, sur le c\u00e9libat des &hellip; <\/p>","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-266","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-documents"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.5 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>SAGA 6 Histoire du c\u00e9libat dans l&#039;Eglise Catholique Romaine\/ par Pierre Pierrard, historien - 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