{"id":712,"date":"2017-02-28T17:22:17","date_gmt":"2017-02-28T16:22:17","guid":{"rendered":"https:\/\/plein-jour.eu\/wordpress\/?p=712"},"modified":"2017-02-28T17:22:17","modified_gmt":"2017-02-28T16:22:17","slug":"nous-les-enfants-de-pretres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/plein-jour.eu\/wordpress\/nous-les-enfants-de-pretres\/","title":{"rendered":"Nous les enfants de pr\u00eatres&nbsp;!"},"content":{"rendered":"<p>Alors que l&rsquo;institution catholique pr\u00e9f\u00e8re ne pas savoir, ils sont nombreux \u00e0 se plier \u00e0 la loi du silence. Pour L&rsquo;Express, pourtant, quelques-uns ont accept\u00e9 de t\u00e9moigner.<\/p>\n<p>L&rsquo;air appliqu\u00e9, un petit gar\u00e7on m\u00e9tis fait ses devoirs sur la table de la salle \u00e0 manger. De l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 du couloir, Sophie, la m\u00e8re, est l\u00e0, dans la cuisine qu&rsquo;elle a repeinte en jaune canari, comme un d\u00e9fi \u00e0 la grisaille des Vosges. Elle raconte les premiers rendez-vous dans un caf\u00e9, les escapades en amoureux. \u00ab&nbsp;Tr\u00e8s vite, il m&rsquo;a demand\u00e9: Qu&rsquo;est-ce qui te ferait plaisir? Je lui ai r\u00e9pondu: un b\u00e9b\u00e9. Il a dit: d&rsquo;accord!&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Un fr\u00f4lement derri\u00e8re la porte. C&rsquo;est lui, Matthieu, son fils de 10 ans. Il file comme un artiste en coulisses qui n&rsquo;oserait pas entrer sur sc\u00e8ne. Pas besoin de lui dire ce que sa m\u00e8re raconte. Il conna\u00eet l&rsquo;histoire depuis toujours. Son papa est un pr\u00eatre. Un homme de Dieu, qui a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 ses paroissiens \u00e0 ce gosse \u00e0 fossettes et \u00e0 sa m\u00e8re antillaise qui rit fort. \u00ab&nbsp;Pendant la grossesse et l&rsquo;accouchement, il \u00e9tait toujours l\u00e0 pr\u00e8s de moi, raconte-t-elle. J&rsquo;\u00e9tais combl\u00e9e. Mais apr\u00e8s la naissance, il a disparu plusieurs jours. Et, depuis, il n&rsquo;est jamais revenu vivre avec nous. Il dit qu&rsquo;il a des engagements \u00e0 tenir. Et son fils, alors? Moi, je fais tout toute seule, j&rsquo;en ai marre.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p><em>Les tourments de l&rsquo;Irlande<\/em><\/p>\n<p>L&rsquo;Eglise irlandaise n&rsquo;en finit plus de payer ses lourds secrets. Depuis une quinzaine d&rsquo;ann\u00e9es, des r\u00e9v\u00e9lations fracassantes \u00e9branlent la confiance de la population (3,8 millions d&rsquo;habitants) envers l&rsquo;institution religieuse: dignitaires du clerg\u00e9 vivant maritalement, scandales sexuels et, surtout, multiples affaires de p\u00e9dophilie impliquant des pr\u00eatres et des moines. En 1992, la presse r\u00e9v\u00e8le qu&rsquo;<strong>Eamonn Casey, le tr\u00e8s populaire \u00e9v\u00eaque de Galway<\/strong>, a un fils de 17 ans, n\u00e9 d&rsquo;une liaison avec une Am\u00e9ricaine. Pour entretenir sa prog\u00e9niture, le pr\u00e9lat a m\u00eame pioch\u00e9 dans le denier du culte.<br \/>\nL&rsquo;\u00e9moi est consid\u00e9rable, Casey d\u00e9missionne et quitte le pays, ses paroissiens refusent de lui jeter la pierre. L&rsquo;opinion sera moins compr\u00e9hensive, l&rsquo;ann\u00e9e suivante, en apprenant que le p\u00e8re Michael Cleary, porte-parole tr\u00e8s rigoriste de l&rsquo;Eglise, avait, lui, &#8230; deux fils cach\u00e9s. \u00abDans les ann\u00e9es 1990, le foss\u00e9 s&rsquo;est creus\u00e9 entre une Eglise aux positions tr\u00e8s conservatrices et une soci\u00e9t\u00e9 plus urbaine, en plein boom \u00e9conomique et en qu\u00eate d&rsquo;\u00e9mancipation, explique Jean Guiffan, historien sp\u00e9cialiste de l&rsquo;Irlande. La r\u00e9v\u00e9lation de toutes ces affaires a acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 le processus de d\u00e9fiance.\u00bb<br \/>\nDans un pays catholique \u00e0 90%, o\u00f9 l&rsquo;avortement est toujours interdit, o\u00f9 le divorce et le libre recours \u00e0 la contraception ne datent que de 1995, la succession de cas d&rsquo;abus sexuels sur des enfants commis par des religieux va tourner \u00e0 l&rsquo;affaire d&rsquo;Etat. Le gouvernement Reynolds sera contraint \u00e0 la d\u00e9mission en 1994, pour avoir volontairement retard\u00e9 l&rsquo;extradition de Brendan Smyth, un pr\u00eatre p\u00e9dophile, vers l&rsquo;Irlande du Nord, sous domination britannique. Depuis, des milliers d&rsquo;Irlandais ont port\u00e9 plainte, affirmant avoir subi dans leur jeunesse des mauvais traitements et des violences sexuelles dans les orphelinats, pensionnats et \u00e9coles tenus par les congr\u00e9gations religieuses. Une commission d&rsquo;enqu\u00eate sur le sujet, cr\u00e9\u00e9e en 2001, est en train d&rsquo;exhumer des affaires remontant jusqu&rsquo;aux ann\u00e9es 1940. Plus d&rsquo;une <strong>centaine de membres du clerg\u00e9 ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9s pour abus sexuels sur des mineurs<\/strong>.<br \/>\nUn fonds d&rsquo;indemnisation de pr\u00e8s de 500 millions d&rsquo;euros, abond\u00e9 par l&rsquo;Etat et les ordres religieux, a \u00e9t\u00e9 d\u00e9bloqu\u00e9 pour les victimes. Malgr\u00e9 un Mea culpa officiel en 2003, l&rsquo;Eglise catholique d&rsquo;Irlande, toujours omnipr\u00e9sente dans le syst\u00e8me \u00e9ducatif et les h\u00f4pitaux, voit ses fid\u00e8les se tourner vers d&rsquo;autres chapelles. Parmi leurs priorit\u00e9s dans la vie, les Irlandais classent d\u00e9sormais les soir\u00e9es t\u00e9l\u00e9 et les sorties au pub avant la fr\u00e9quentation de la messe dominicale.<br \/>\npar Boris Thiolay\u00a0\u00a0<em>Auteur<\/em><\/p>\n<p>Quand Matthieu avait 1 an, l&rsquo;\u00e9v\u00eaque a convoqu\u00e9 le pr\u00eatre, Sophie et leur b\u00e9b\u00e9. \u00abEs-tu le p\u00e8re de cet enfant?&nbsp;\u00bb a demand\u00e9 le pr\u00e9lat au cur\u00e9. \u00ab&nbsp;Non, a-t-il r\u00e9pondu&nbsp;!\u00bb Il aura fallu que la m\u00e8re c\u00e9libataire porte l&rsquo;affaire devant le tribunal des affaires familiales pour que le p\u00e8re reconnaisse l&rsquo;enfant, en 2002. Depuis, le dioc\u00e8se a envoy\u00e9 ce pr\u00eatre quadrag\u00e9naire officier \u00e0 100 kilom\u00e8tres de chez eux. Mais sans lui demander de remettre sa charge. La porte s&rsquo;ouvre. Matthieu tourne et retourne autour de la table de la cuisine en tapant dans un ballon. \u00ab&nbsp;Mon p\u00e8re ne tient jamais ses promesses, il n&rsquo;est jamais l\u00e0 quand on a besoin de lui, l\u00e2che le gar\u00e7on dans un souffle. Moi, ce que j&rsquo;attends, c&rsquo;est pas des cadeaux, c&rsquo;est son amour, \u00e7a vaut de l&rsquo;or, son amour.&nbsp;\u00bb Regard muet de la m\u00e8re. \u00ab&nbsp;Et je voudrais dire autre chose, reprend le petit: il a g\u00e2ch\u00e9 mon enfance, mais il ne g\u00e2chera pas ma vie.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Matthieu et sa m\u00e8re vivent \u00e0 deux pas de l&rsquo;\u00e9glise de leur village. Sophie, peintre amateur, se charge des factures et du loyer. Dans un coin de la pi\u00e8ce, l&rsquo;ordinateur attend que le p\u00e8re l&#8217;emporte chez le r\u00e9parateur. Quand le pr\u00eatre passe, c&rsquo;est toujours en coup de vent, les bras charg\u00e9s de victuailles et de v\u00eatements pour son fils. De temps en temps, il va le chercher \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole. Ensemble, ils parlent de foot ou de son carnet de notes. \u00c7a tombe bien: Matthieu est un crack. \u00ab&nbsp;Mon p\u00e8re, il vient toujours apr\u00e8s la bataille, s&rsquo;\u00e9nerve le gosse en montrant fi\u00e8rement son cahier sans ratures. Je travaille comme un fou pour devenir ing\u00e9nieur plus tard; parfois je me couche \u00e0 22 heures \u00e0 cause de \u00e7a, et lui, il vient juste pour signer le bulletin&nbsp;! Ce p\u00e8re-l\u00e0, c&rsquo;est comme un m\u00e9dicament contre le rhume: \u00e7a soigne un peu, mais avec des effets secondaires.&nbsp;\u00bb A force d&rsquo;entendre sa m\u00e8re temp\u00eater contre ce paternel toujours absent, Matthieu s&rsquo;est fabriqu\u00e9 un langage d&rsquo;amour, o\u00f9 les mots de sa m\u00e8re se m\u00ealent \u00e0 ses expressions d&rsquo;enfant. \u00ab&nbsp;Pour moi, dit-il, ce qu&rsquo;a fait mon p\u00e8re, c&rsquo;est comme une chose de la vie qu&rsquo;il faut assumer.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Combien sont-ils, ces fruits de la \u00abchaire\u00bb qui ont grandi dans le silence, le mensonge ou la honte? Impossible \u00e0 dire. L&rsquo;association <strong>Plein Jou<\/strong>r, cr\u00e9\u00e9e en 1996 par des \u00abamies\u00bb de pr\u00eatres, a \u00e9t\u00e9 contact\u00e9e par plus de 300 femmes. Beaucoup sont tomb\u00e9es amoureuses tr\u00e8s jeunes. Les plus \u00e2g\u00e9es ont nou\u00e9 leur destin chez leurs parents, ou \u00e0 la messe. Les autres, aux Journ\u00e9es mondiales de la jeunesse, parfois sur Minitel. Un rendez-vous par-ci par-l\u00e0, quelques week-ends, des vacances pour les plus vernies. Bien peu d&rsquo;enfants n\u00e9s de ces amours clandestines acceptent de t\u00e9moigner. M\u00eame pour d\u00e9noncer l&rsquo;hypocrisie d&rsquo;une Eglise catholique qui pratique le double langage, interdisant tout en fermant les yeux sur ses cur\u00e9s \u00ab&nbsp;volages&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>Pour Marc Bradfer, c&rsquo;\u00e9tait parler ou sombrer. A 15 ans, ce fils d&rsquo;une famille de huit enfants apprend que son p\u00e8re, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 quelques ann\u00e9es plus t\u00f4t, appartient \u00e0 la caste ignominieuse des pr\u00eatres d\u00e9froqu\u00e9s. Vingt ans plus tard, cet homme, qui ne se sent pas la force de fonder un foyer, livre son secret dans un r\u00e9cit autobiographique, \u00ab\u00a0Fils de pr\u00eatre\u00a0\u00bb (Editions Elytis). Il s&rsquo;attarde sur la culpabilit\u00e9 br\u00fblante qui a broy\u00e9 sa famille d&rsquo;une g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 l&rsquo;autre, comme une mal\u00e9diction. \u00ab&nbsp;Notre m\u00e8re r\u00e9p\u00e9tait souvent: Ma faute, ma tr\u00e8s grande faute.? Au cours d&rsquo;une dispute, elle a balanc\u00e9 la v\u00e9rit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;une de mes soeurs, qui avait 14 ans, pour atteindre mon p\u00e8re. Ma soeur lui a r\u00e9pondu: T&rsquo;en as bien voulu, du cur\u00e9.\u00a0\u00bb\u00bb<\/p>\n<p>C&rsquo;est vrai qu&rsquo;elle en a bien voulu, Jacqueline, de ce cur\u00e9 du Nord qui lui avait propos\u00e9 de s&rsquo;enfuir avec lui \u00e0 Toulouse. La jeune chanteuse de la chorale de l&rsquo;\u00e9glise de Fourmies avait suivi son amant. Le couple s&rsquo;est mari\u00e9 en 1944. Mais la belle histoire a tourn\u00e9 au duel \u00e0 la Bernanos, tous deux se reprochant mutuellement d&rsquo;avoir s\u00e9duit l&rsquo;autre. Dans la maison, l&rsquo;atmosph\u00e8re est devenue insoutenable. Marc, le septi\u00e8me enfant, a fait des \u00ab&nbsp;petites&nbsp;\u00bb tentatives de suicide. L&rsquo;un de ses fr\u00e8res est all\u00e9 jusqu&rsquo;au bout. Il s&rsquo;est tu\u00e9 \u00e0 20 ans.<\/p>\n<p>Chez Luc, c&rsquo;est d&rsquo;abord le regard, noir comme la r\u00e9glisse, qui accroche. Puis le visage taill\u00e9 \u00e0 la serpe, dont les lignes se brouillent quand il \u00e9voque un \u00e9pisode du pass\u00e9 qui fait mal. Il a 5 ans lorsque sa m\u00e8re lui r\u00e9v\u00e8le que son p\u00e8re porte l&rsquo;habit. Elle lui parle de cet amour fou qui l&rsquo;a li\u00e9e \u00e0 ce brillant intellectuel dominicain, de vingt ans son a\u00een\u00e9. Les mensonges, les hypocrisies de l&rsquo;institution, Catherine les garde pour elle. Elle n&rsquo;\u00e9voque pas non plus les trois fr\u00e8res de la congr\u00e9gation venus rendre visite \u00e0 ses parents peu apr\u00e8s son accouchement pour leur demander de garder le silence, \u00ab&nbsp;en bons chr\u00e9tiens\u00bb. Elle \u00ab&nbsp;l\u00e8gue&nbsp;\u00bb le secret familial \u00e0 son fils, avec le mode d&#8217;emploi: \u00ab&nbsp;Pour les catholiques, un pr\u00eatre ne peut pas avoir d&rsquo;enfants, alors \u00e0 eux, il ne faut pas le dire, tu sais. Les autres peuvent savoir.&nbsp;\u00bb Pas la peine d&rsquo;en rajouter: Luc a tout compris. Lorsqu&rsquo;une t\u00eate inconnue se pr\u00e9sente \u00e0 la maison, il se tourne vers sa m\u00e8re en chuchotant: \u00ab&nbsp;Et \u00e0 celui-l\u00e0, on peut le dire?&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>L&rsquo;enfant a si bien compris qu&rsquo;il grandit sans poser de questions. Quand \u00e0 l&rsquo;enterrement de sa grand-m\u00e8re paternelle &#8211; qu&rsquo;il a vue de temps en temps &#8211; la famille le pr\u00e9sente aux amis \u00e9loign\u00e9s comme \u00abun neveu\u00bb, il encaisse. Il encaisse encore lorsqu&rsquo;un jour, au cours d&rsquo;une randonn\u00e9e en groupe, son p\u00e8re fait mine de ne pas entendre lorsqu&rsquo;il lui lance: \u00ab&nbsp;Papa, attends-moi!&nbsp;\u00bb Chaque fois qu&rsquo;un p\u00e9pin lui tombe dessus, le gamin ne peut s&#8217;emp\u00eacher de se dire qu&rsquo;il \u00ab&nbsp;paie&nbsp;\u00bb pour le p\u00e9ch\u00e9 dont il est l&rsquo;incarnation. Mais il se tait. Il aime son p\u00e8re.<br \/>\nA l&rsquo;\u00e9cole, en revanche, il l\u00e2che tout. Le pr\u00eatre l&rsquo;interpr\u00e8te comme un appel au secours et le fait venir pr\u00e8s de lui. Luc reste un an dans la communaut\u00e9 qu&rsquo;il a fond\u00e9e dans un quartier d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9 du nord de la France. Il d\u00eene en compagnie des fr\u00e8res et s&rsquo;endort sur l&rsquo;Evangile de Matthieu, que son p\u00e8re lui lit tous les soirs. Dehors, l&rsquo;enfant croise des clochards, des femmes battues, des alcooliques. Une vraie cour des malheurs dans laquelle son p\u00e8re, fils de la haute bourgeoisie, se d\u00e9m\u00e8ne corps et \u00e2me. \u00ab&nbsp;Je me suis dit que mes soucis ne devaient pas peser beaucoup \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de tout \u00e7a&nbsp;\u00bb, soupire Luc. Pourtant, entre ce p\u00e8re isol\u00e9 dans son monde et ce fils en mal d&rsquo;autorit\u00e9, quelque chose s&rsquo;\u00e9change. Une ferveur, qui permettra \u00e0 Luc de pardonner. Beaucoup plus tard. \u00ab&nbsp;Je ne lui en ai jamais voulu d&rsquo;\u00eatre un homme de conviction, dit-il aujourd&rsquo;hui. Il y a toujours eu beaucoup d&rsquo;amour entre nous. Mais nous sommes comme deux \u00e9trangers.&nbsp;\u00bb \u00a0A 38 ans, divorc\u00e9, endett\u00e9, Luc se reproche d&rsquo;avoir manqu\u00e9 de \u00ab&nbsp;rigueur&nbsp;\u00bb dans sa vie. Croit-il toujours en Dieu? \u00ab&nbsp;Je suis agnostique. Adorer quelqu&rsquo;un qu&rsquo;on n&rsquo;a jamais vu, moi, ce n&rsquo;est pas mon truc.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Il fait beau sur Caen. La table est dress\u00e9e dans le restaurant pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 d&rsquo;Olivier, au pied du ch\u00e2teau de Guillaume le Conqu\u00e9rant. \u00ab&nbsp;Olive&nbsp;\u00bb, la trentaine, une d\u00e9gaine un peu baba cool, n&rsquo;aime pas parler de lui. Longtemps, cet animateur dans des centres de jeunesse a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 mettre son chagrin dans les mots des autres. Ceux de Patrick Bruel ou de Jean-Jacques Goldman, ses idoles.<br \/>\nUn jour d&rsquo;hiver 2003, pourtant, \u00ab&nbsp;Olive&nbsp;\u00bb a \u00abtout fait p\u00e9ter&nbsp;\u00bb. Trop de questions. Trop de silences qui p\u00e8sent sur l&rsquo;estomac. Il s&rsquo;est rendu dans le village de Sarceaux. Il a sonn\u00e9 au presbyt\u00e8re, mais personne n&rsquo;a ouvert. De sa besace, il a sorti une liasse de feuilles dactylographi\u00e9es, qu&rsquo;il a gliss\u00e9es dans les bo\u00eetes aux lettres des habitants. Il a aussi placard\u00e9 la missive sur l&rsquo;Abribus et la vitrine du coiffeur, en ramassant un peu de neige sur le trottoir pour coller le tout. \u00ab&nbsp;Ceci n&rsquo;est pas une publicit\u00e9, juste un message d&rsquo;un homme en col\u00e8re&nbsp;\u00bb, disait la curieuse \u00e9p\u00eetre aux paroissiens. Le message&nbsp;? Olivier r\u00e9v\u00e9lait que le cur\u00e9 du lieu \u00e9tait son p\u00e8re ainsi que celui de ses deux soeurs. En post-scriptum, il avait ins\u00e9r\u00e9 la photo de trois charmants bambins se tenant par la main. Trois orphelins. \u00ab&nbsp;Je n&rsquo;ai pas agi par vengeance, je voulais juste que \u00e7a se sache avant que mon p\u00e8re ne meure.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Il a r\u00e9ussi son coup. Ardisson, Delarue, toutes les stars de la t\u00e9l\u00e9 ont r\u00e9clam\u00e9 sur leur plateau ce fils de cureton aux mani\u00e8res de corbeau. Mais \u00ab&nbsp;Olive&nbsp;\u00bb a d\u00e9clin\u00e9 les invitations. Aujourd&rsquo;hui, il veut bien se confier. \u00ab&nbsp;Ma m\u00e8re me r\u00e9p\u00e9tait: Je ne peux pas te parler de ton p\u00e8re. Elle m&rsquo;avait juste l\u00e2ch\u00e9 son pr\u00e9nom, une fois, en voiture, se souvient-il. Mais moi, je me demandais sans cesse qui \u00e9tait cet homme. Il ne pouvait pas \u00eatre mort, puisqu&rsquo;on n&rsquo;allait jamais \u00e0 la Toussaint sur sa tombe. Il \u00e9tait peut-\u00eatre en prison, mais on n&rsquo;allait jamais le voir.&nbsp;\u00bb A l&rsquo;\u00e9cole, le gar\u00e7on trace un trait sous la rubrique \u00ab&nbsp;profession du p\u00e8re&nbsp;\u00bb. \u00abIl y avait toujours un prof pour me demander pourquoi je n&rsquo;avais rien mis.&nbsp;\u00bb Le lundi, ses copains racontent les parties de foot avec papa. Lui n&rsquo;a rien \u00e0 dire.<\/p>\n<p>Un jour, Olivier fouille dans les papiers de son grand-oncle, un pr\u00eatre d\u00e9c\u00e9d\u00e9, \u00e0 la recherche de documents sur la Seconde Guerre mondiale. Soudain, il tombe sur une lettre. L&rsquo;homme d&rsquo;Eglise savait, depuis la naissance de la soeur d&rsquo;Olivier, qui \u00e9tait leur p\u00e8re \u00e0 tous les deux. Dans sa lettre, l&rsquo;a\u00efeul r\u00e9v\u00e8le \u00e0 l&rsquo;\u00e9v\u00eaque de l&rsquo;\u00e9poque que son petit-neveu et sa petite-ni\u00e8ce sont les enfants de l&rsquo;un des cur\u00e9s du dioc\u00e8se. \u00ab&nbsp;Je suis rest\u00e9 \u00e0 genoux dans la cave de ma grand-m\u00e8re&nbsp;\u00bb, raconte Olivier. Il a alors 20 ans. \u00ab&nbsp;Je sais qui vous \u00eates&nbsp;\u00bb, \u00e9crit-il \u00e0 son g\u00e9niteur. Celui-ci lui donne rendez-vous par lettre dactylographi\u00e9e, non sign\u00e9e, pr\u00e8s de l&rsquo;\u00e9glise de Caen. Les retrouvailles tournent court. \u00ab&nbsp;Il m&rsquo;a affirm\u00e9 que personne ne savait, alors que j&rsquo;avais la preuve que l&rsquo;\u00e9v\u00each\u00e9 \u00e9tait au courant.&nbsp;\u00bb Va-t-on encore lui mentir longtemps? Olivier se cabre. Les ann\u00e9es filent. \u00ab&nbsp;Je n&rsquo;arrivais pas \u00e0 comprendre comment mon p\u00e8re pouvait supporter cette double vie. Pour moi, un pr\u00eatre, c&rsquo;est quelqu&rsquo;un qui est cens\u00e9 dire aux gens ce qui est bien ou mal.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9pisode des bo\u00eetes aux lettres de Sarceaux, le religieux octog\u00e9naire a pris sa retraite et reconnu sa prog\u00e9niture. En \u00ab&nbsp;papy&nbsp;\u00bb tomb\u00e9 du ciel, il assiste aux r\u00e9unions de famille et offre des cadeaux \u00e0 ses petits-enfants. \u00ab&nbsp;Je ne lui en veux pas, j&rsquo;ai gagn\u00e9 un p\u00e8re, dit Olivier, mais pour moi, il aura toujours fait le mauvais choix en nous pr\u00e9f\u00e9rant ses fid\u00e8les.&nbsp;\u00bb Le choix d&rsquo;une vie en clair-obscur, o\u00f9 la fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 une institution qui pr\u00e9f\u00e8re le silence au scandale fabrique aussi beaucoup de malheur.<\/p>\n<p>L&rsquo;Express 2005<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alors que l&rsquo;institution catholique pr\u00e9f\u00e8re ne pas savoir, ils sont &hellip; <\/p>","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[],"class_list":["post-712","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-temoignages"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.4 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Nous les enfants de pr\u00eatres ! 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