« C’est l’amour que je désire » de Isaïe Renoux

Jérôme, jeune prêtre, vit seul dans le presbytère de sa paroisse. Un accident de moto le met en contact quotidien avec Estelle, infirmière. Elle exerce sur lui une séduction diffuse dont il tente de se défendre.

« Me dérober à la vérité eût été pure hypocrisie, honteux mensonge à moi-même. Force était de reconnaître, en bonne conscience, le sentiment qui rapidement infiltrait tout mon être, corps et âme : je veux dire ma chair et tout ce qui, en elle et par elle, s’anime, s’agite, cogite, s’aventure : l’amour ! De se sentir aussi vulnérable et si facilement captivé, capturé par un autre être, incite à l’humilité. Pourquoi s’enorgueillirait-on de simplement vivre sa nature, répondre à son désir ? Certains parleront de tentation. Un amour vrai ne peut que générer le bien ! Pourquoi, dans mon cas, essaierais-je d’aller contre, de déchirer ma chair, de laisser la souffrance, le sacrifice, bousiller mon bonheur. Estelle sait mieux lire en moi que je ne saurais imaginer. Flair féminin. Pourquoi tenter de me défiler ? »