“Les folles de la place Saint-Pierre” de Odette Desfonds

“Comme vous, j’aime un prêtre mais cela fait vingt ans que nous nous voyons en secret ; l’évêque conseille une absolue discrétion…”

“Comme vous, j’ai mis au monde l’enfant d’un prêtre, après trois ans de relation clandestine, mais mon ami a cessé de me voir, prétextant la règle du célibat…”

“Le papa de ma fille est un religieux érudit. Il ne veut plus entendre parler de nous. Il s’en est ouvert à sa hiérarchie qui lui a reconnu le droit à l’erreur et l’a encouragé, à me verser une pen­sion alimentaire…”

Malgré la multiplicité des situations, c’est toujours le même récit, avec toujours les mêmes implications l’asservissement d’une femme au discours clérical et frileux de son compagnon ; la docilité infantile d’un prêtre à une institution qui se prétend d’inspiration divine ; l’hypocrisie omniprésente de la hiérarchie, bien obligée de tolérer en pratique une relation amoureuse qu’elle ne peut empêcher.

Elles sont épouses, compagnes, mères, grands-mères. Elles ont entre 24 et 75 ans. Elles sont surtout les premières femmes dans l’histoire à être allées au Vatican faire savoir à un pape que » la règle du célibat nous concerne aussi ».

Odette Desfonds, auteur du livre « Rivales de Dieu », raconte ici ses trois déplacements au Vatican avec des « femmes de prêtres » et ses entrevues avec les responsables de l’appareil de l’Eglise.

« Les Folles » de la place de Mai ont fait des émules… sur une autre place célèbre. Pour un combat de longue haleine.

Les Folles de la place Saint-Pierre est un récit émouvant et tragique — drôle aussi — qui met en lumière l’injustice la plus scan­daleuse existant dans l’Eglise catholique : les amours clandestines liées à l’obligation du célibat pour les prêtres.

Odette Desfonds – “Les folles de la place Saint-Pierre” – 1996